Des irréductibles jouent l’ultime chance de la Braye

Château-d'OexCertains veulent encore croire à la réhabilitation du domaine skiable et quêtent 100% de fonds privés.

Entre 5 et 11 millions seraient nécessaires pour sauver l'installation et améliorer l'attractivité du site. Image: Chantal Dervey/A

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Convaincus que tout n’a pas été tenté pour repêcher le domaine skiable de la Braye, plusieurs responsables de Télé Château-d’Œx SA sont déterminés à tenter le tout pour le tout. Ils fondent une association, Edelweiss Paradise, du nom du projet élaboré pour tenter de viabiliser les remontées mécaniques par une offre quatre saisons. Un plan enterré le 12 avril dernier, avec la décision des autorités de tirer définitivement la prise en renonçant à soutenir financièrement la société.

S’il a choisi de boucler les installations immédiatement afin de ne pas se mettre en danger financièrement, le conseil d’administration de Télé Château-d’Œx n’entend pas en rester là. «Je suis convaincu que le projet Edelweiss Paradise a été sciemment torpillé par les autorités, tempête le président ad interim, Serge Gétaz. Nous avions passé des mois à élaborer le concept Edelweiss Paradise, une véritable offre quatre saisons, avec une mobilité intelligente connectée à la gare du MOB. Nous avions un business plan réaliste qui montrait qu’en seulement trois ans on pouvait tourner sans l’aide de la Commune. Les autorités n’ont même pas pris la peine d’essayer.»

Edelweiss Paradise proposait une multitude d’aménagements de tourisme doux au sommet de la Braye, mettant en valeur le patrimoine alpestre en complément à de la glisse et à un parc d’apprentissage du ski pour l’hiver.

Pour réactiver ce projet, ses concepteurs doivent s’adjuger un large soutien, car ils devront se passer de fonds publics et rassembler… 11,3 millions de francs. Presque trois fois la somme difficilement réunie pour Isenau, à quelques kilomètres de là.

Sursis de deux ans à obtenir

Acte I. Sur le plan politique, une motion a été déposée au Conseil communal de Château-d’Œx. Elle demande aux élus de surseoir au démantèlement des installations conduisant au sommet de la Braye. Si elle est soutenue à la fin de juin, cette demande laisserait deux ans aux défenseurs du domaine skiable pour draguer des sponsors.

Acte II. Une plaquette de présentation d’Edelweiss Paradise est prête, son contenu a déjà été publié dans le Journal du Pays-d’Enhaut «pour sonder l’intérêt de la population», précise Charles-Abram Favrod-Coune, qui a pris en main la communication de l’opération. L’association envisage ensuite de solliciter largement le public afin de lever des fonds.

Nul n’est dupe de l’immensité de l’effort. «Il nous faudrait au moins un ou deux donateurs très importants, des personnes prêtes à faire du mécénat, sans attendre de gros rendements», espère Serge Gétaz. Il estime, avec plusieurs de ses collègues, que la totalité de la somme n’est d’ailleurs pas indispensable: «Il faudrait de quoi faire tourner les installations principales et un investissement de base pour rendre le site attractif. Avec 5 millions de francs de départ, on pourrait déjà aller de l’avant.»

Propriétaire de l’installation, la Commune accueille tièdement la tentative. «S’ils veulent trouver de l’argent, je dis tant mieux, mais je me demande pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt, soupire le syndic, Charles-André Ramseier. Même si on investit ces 11,3 millions maintenant, il faudrait réaliser des profits importants sur l’installation pour rentabiliser et on est assez loin du compte.»

L’exemple d’Isenau

Dans ce climat de résignation, les irréductibles de la Braye se raccrochent à la certitude qu’une remontée mécanique reste la «colonne vertébrale d’une station de montagne». «Nous avons un projet quatre saisons susceptible de redresser la situation des remontées mécaniques, conclut Charles-Abram Favrod-Coune. Il vaut la peine de voir si la population est prête à nous suivre. L’exemple d’Isenau fait école, pour arriver à leurs fins, les gens des Diablerets ont repris leurs crayons et repensé le dossier, nous pouvons en faire autant .» (24 heures)

Créé: 05.06.2017, 22h08

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