Des trésors de la Fête des Vignerons à portée de tous

Vevey-LausanneUne somme de 1100 documents sera numérisée pour donner à voir un patrimoine trop cantonné aux salles d’archives.

Jeannette Frey (à g.) et Sophie Donche Gay se réjouissent de voir quelque 1100 archives de la Fête des Vignerons numérisées et mises à disposition du public. Images: FLORIAN CELLA

Jeannette Frey (à g.) et Sophie Donche Gay se réjouissent de voir quelque 1100 archives de la Fête des Vignerons numérisées et mises à disposition du public. Images: FLORIAN CELLA

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Il suffit de dérouler du bout des doigts le magnifique rouleau en papier marouflé «Panorama, Fête des Vignerons», de Théophile Alexandre Steinlen (1779-1847), pour se persuader que le numérique ne remplacera jamais le plaisir des yeux et du toucher pour apprécier une pièce unique de notre patrimoine.

Cette aquarelle et encre de Chine qui donne à découvrir les 33 sections du cortège de la Fête de 1833 appartient toutefois à tous les Vaudois. Sa numérisation prochaine par la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne lui permettra de quitter sa salle d’archives de l’Unithèque – la bien nommée Banane – pour devenir accessible au plus grand nombre sur la plateforme www.patrinum.ch, «et ce à partir de fin juin ou début juillet», selon Jeannette Frey, directrice de la BCU Lausanne. Soit à quelques jours de l’ouverture de la Fête des Vignerons (du 18 juillet au 11 août), à l’heure où le rendez-vous bachique, qui n’a lieu que quatre fois par siècle à Vevey, s’apprête à vivre sa première édition de l’ère numérique.

«Panorama, Fête des Vignerons» de Théophile Steinlen (aquarelle et encre de Chine sur papier marouflé sur toile, 1833).

Comme l’œuvre de Steinlen, quelque 1100 autres pièces en lien avec la Fête des Vignerons constitueront un bel assortiment numérique des trésors cachés entre Lausanne et le siège de la Confrérie des Vigneron, à Vevey. Sur l’ensemble du corpus final, 700 proviennent des locaux de la Riviera, 400 de la BCU. Photos, cartes postales, articles de presse, dessins, caricatures permettent de décliner la richesse de la manifestation. «C’est une magnifique occasion pour nous de rendre ces archives visibles et accessibles, se réjouit Sabine Carruzzo, archiviste de la Confrérie des Vignerons, partenaire du projet. Nous imaginions le faire nous-même, mais nous ne disposons pas du matériel adéquat. C’est une opération gagnant-gagnant.»

«Armaillis», positif stéréoscopique de C. Renaud, 1905.

Le choix thématique de la Fête des Vignerons remonte à plusieurs années. «La réflexion est partie d’un travail sur les archives musicales, notamment les partitions de la Fête écrites par Gustave Doret (ndlr: pour les éditions de 1905 et 1927)», explique Jeannette Frey. Certaines pièces sont du reste à découvrir jusqu’au 29 septembre dans l’exposition «Grapillons de la Fête – la Fête des Vignerons dans les collections», actuellement à la Riponne. «L’inscription de la manifestation au patrimoine immatériel de l’Unesco, le 1er décembre 2016, a joué les détonateurs», ajoute Sophie Donche Gay, conservatrice de l’Iconopôle, le nouveau service des images de la BCU, sis sur le site de l’Unithèque.

Un premier pas

Le corpus final du projet Fête des Vignerons ne constitue qu’une goutte d’eau dans l’océan d’images amassées depuis plus d’un siècle et sur tous les thèmes dans différents fonds d’archives vaudois, dont, justement, ceux gérés par l’Iconopôle BCU. Pour Sophie Donche Gay, «la numérisation à venir est la partie la plus facile, tandis que l’identification des pièces les plus pertinentes et la rédaction des notices ont nécessité beaucoup plus de temps».

L’exercice aura permis d’essuyer les plâtres. Car ce premier volet en appellera assurément beaucoup d’autres pour mettre en lumière sur internet le patrimoine quasi infini d’Iconopôle. Des collections qui, pour Sophie Donche Gay, sont le fruit du travail de quelques précurseurs. «Je pense notamment à Paul Vionnet (1830-1914), pasteur qui s’intéressa très tôt au phénomène naissant de la photo et qui comprit très vite l’importance de collectionner les clichés dans l’esprit de les mettre à disposition, de les démocratiser. Le Canton hérita de sa collection en 1896».

Jeannette Frey ajoute: «C’est tout l’intérêt de numériser ces archives, notamment pour les projets menés par des chercheurs de l’UNIL et impliquant des citoyens (citizen science). Une politique d’acquisition de nouvelles pièces sera formulée cette année.»

Créé: 03.06.2019, 08h14

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