En 50 ans de Blonay-Chamby, «notre salaire, c’est la passion et l’amitié»

Chemin de ferLe musée ferroviaire vivant le plus complet d’Europe a pris forme grâce à la sueur de passionnés. Une belle aventure humaine.

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«Si nous étions salariés, nous aurions depuis longtemps dit à notre patron que cela ne peut plus durer ainsi», sourit Alain Candellero, porte-parole. Alors qu’il fête son demi-siècle, le Blonay-Chamby ne peut qu’être fier du chemin parcouru. Le musée, qui abrite les ateliers, compte désormais une collection de 76 véhicules ferroviaires, sans doute la plus complète d’Europe, dont les trois quarts fonctionnent.

Le Montreusien Simon Favez, musicien de profession, y travaille depuis 1972, accumulant 2000 heures de labeur bénévole par an. Tout près, Thibaud Pinna de Tolochenaz, étudiant en mécanique à l’EPFL, s’active sur la locomotive 105, une Mallet de 1918, dont il est le responsable. Une tâche qui lui vaut d’aller au charbon, gracieusement et avec plaisir, 800 heures par an. D’autres bénévoles, cadres d’entreprise, n’osent pas dire le temps qu’ils passent à bosser à Chamby. «Car ici, en hiver, c’est plein, relève Jérôme Constantin, président. Nos véhicules sont en quelque sorte en pension chez nous.»

Des ressources humaines

Sans aucun salarié, le chemin de fer-musée compte au total 120 bénévoles, du menuisier au banquier, en provenance de toute la Suisse et même de France. Ils mettent en service les trains chaque samedi et dimanche de mai à octobre, et même en semaine ou hors saison, lors de convois spéciaux. «Ici, il est convenu que chacun donne tout ce qu’il peut en fonction de son âge et de sa situation familiale, confie Jérôme Constantin. Mais notre tâche consiste aussi à convaincre nos membres et à les accompagner dans leur mission. Cette année, quinze nouvelles recrues nous ont rejoints.»

C’est pour cela que le Blonay-Chamby s’est doté d’un… département des Ressources humaines de trois personnes. Anecdote piquante: le chemin de fer-musée est assujetti quasi aux mêmes règles de l’Office fédéral des transports (OFT) que les autres compagnies ferroviaires. Pour des questions de sécurité, l’OFT impose, entre autres, au chemin de fer-musée un nombre minimum d’heures de travail, s’il entend préserver sa licence. «Un boulot phénoménal, résume Jérôme Constantin. Nos membres sont, par exemple, aussi astreints à une visite médicale. Nos onze séances annuelles du comité de direction suffisent à peine pour régler toutes ces questions. Heureusement que nous avons une bonne pyramide des âges chez nos bénévoles qui nous permet de disposer de toutes sortes de compétences. Et puis, notre salaire, c’est la passion et l’amitié qui règnent entre nous.»

Le Blonay-Chamby fonctionne grâce à un budget de 400 000 francs alimenté par les 70 francs de cotisation annuelle des membres bénévoles, par les revenus liés au trafic, les dons privés et les soutiens des communes du district. Car il s’agit d’entretenir et de restaurer les véhicules tout en assurant les frais d’exploitation émanant surtout des contraintes imposées par l’OFT.

Vrai voyage dans le temps

Le résultat est là: les bénévoles parviennent à offrir aux visiteurs un véritable voyage dans le temps. «Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, commente Jérôme Constantin. Ici, un coup de sifflet lance le départ des trains. Ça sent bien le charbon et la vapeur, les bancs sont en bois. Et le contrôleur poinçonne un vrai ticket d’époque créé en imprimerie.»

Par ailleurs, le tronçon de 3 km de voies ferrées que le Blonay-Chamby loue au MOB/MVR comporte toutes les caractéristiques d’une vraie ligne de montagne, avec ses passages en corniche et ses tunnels. Le chemin de fer-musée lui a redonné ses airs d’antan en restaurant d’anciens bâtiments. Ce qui en fait le leader national dans l’organisation de manifestations liées à l’histoire ferroviaire. (24 heures)

Créé: 23.07.2017, 18h09

Un demi-siècle

1967 Dépôt de la demande de concession fédérale pour un chemin de fer entre Blonay et Chamby, après la suppression du Vevey-Chamby.

1968 Le Conseil fédéral accorde la concession. Première mise en circulation de trains historiques à vapeur.

1973 Inauguration de la première halle comprenant ateliers et voies de garage. Elle permet de mettre à l'abri une partie de la collection.

1993 La deuxième halle d’exposition est construite en respect de l’architecture des dépôts de locomotives d’antan. 1998 Le bâtiment d’accueil, abritant restaurant et boutique est inauguré.

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