Famille afghane renvoyée en Norvège sans la maman

LeysinLe collectif R et le pédiatre Bernard Borel dénoncent un cas de renvoi «musclé» par vol spécial. La famille n’était pas au complet au moment du départ.

Les renvois par vol spécial sont régulièrement dénoncés par les mouvements de défense des migrants. Ici, en 2004 déjà, lors de la crise des 523.

Les renvois par vol spécial sont régulièrement dénoncés par les mouvements de défense des migrants. Ici, en 2004 déjà, lors de la crise des 523. Image: CHRIS BLASER/A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La famille afghane Hassani n’est plus au complet. Mardi matin, vers 7 h, la police est venue la chercher au centre EVAM de Leysin pour la renvoyer en Norvège, d’où elle venait. Ce matin-là, la maman et le fils aîné n’étaient pas présents, de sorte que les agents ont embarqué le père et les trois autres enfants, trois filles dont la plus petite a 3 ans.

Pour le Collectif R de défense des migrants, cet événement illustre une politique migratoire «inhumaine» du Canton, appliquée de manière «routinière». Valentina Matasci est scandalisée: «Ils sont fragiles psychologiquement, comme le prouvent deux certificats médicaux. Ils ont subi de mauvais traitements par les talibans et la police expose de nouveau ces enfants à la violence d’un renvoi par vol spécial.» Le Collectif R juge en outre que la Norvège, qui a un taux de reconnaissance particulièrement bas pour les demandeurs d’asile afghans, ne fera pas de quartier et renverra la famille en Afghanistan.

Parmi les soutiens des Hassani, le pédiatre et ancien député popiste Bernard Borel, d’Aigle, s’étrangle devant «l’extrême manque d’humanité» des autorités vaudoises. Il s’indigne des responsabilités en cascade avec un Canton qui s’en remet à Berne et une Suisse qui se repose sur les accords de Dublin. Les enfants sont, dit-il, très exposés dans ce genre de situation et d’autant plus lorsqu’on les sépare de leur mère. Il s’en prend au gouvernement: «J’en veux beaucoup à ce Conseil d’Etat qui se prétend de gauche.»

Au Service de la population, le porte-parole Frédéric Rouyard répond de manière générale, le service ne donnant pas d’informations sur les cas particuliers. Il rappelle que les décisions émanent de Berne. Elles peuvent faire l’objet de mesures de contrainte par l’autorité chargée d’exécuter le renvoi, le Canton en l’espèce. Vaud renvoie en priorité les personnes qui ont un casier et privilégie par ailleurs les départs consentis, ce qui ne se fait pas dans tous les cantons. Enfin, des «départs échelonnés» peuvent être organisés de manière légale lorsque la famille n’est pas au complet.

Créé: 07.06.2017, 19h49

Articles en relation

Les élus sauvent une partie de «l’exception vaudoise»

Grand Conseil Les conditions sont durcies dans la nouvelle loi sur les étrangers. Mais les cas Dublin ne respectant pas une décision de renvoi ne seront pas arrêtés dans les locaux du Service de la population. Plus...

Le collectif R s'insurge contre le renvoi de femmes enceintes

Asile Plusieurs dizaines de personnes ont protesté ce mercredi devant les locaux de la Justice de Paix de Lausanne. Elles dénoncent des mesures de contraintes contre des familles. Plus...

Un député accuse le Conseil d’Etat après une perquisition à son domicile

Asile La police est intervenue chez l’élu lausannois Manuel Donzé mardi vers 6h15. Il accueille depuis plusieurs mois un requérant afghan débouté. Plus...

Les élus veulent un brin d’espoir pour les migrants

Grand Conseil Une majorité a voté hier une résolution incitant le Conseil d’Etat à demander à Berne la possibilité de cesser les renvois vers l’Italie. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 8

Paru le 26 février 2020
(Image: Bénédicte) Plus...