Ils bichonnent leurs luges comme ils bâtissent leurs chalets, en famille

Les DiableretsSituée sur le tracé de la piste de luge, l’entreprise des Morerod fabrique ses traîneaux à l’ancienne.

Joël Morerod (à droite) fabrique ses luges avec du bois suisse. Depuis cet hiver, l’entreprise propose des placets en peau de vache réalisés par Christophe Seeweer à Corbeyrier (à gauche).
Vidéo: ANETKA MÜHLEMANN

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Tout jeune retraité qu’il est, Bruno Morerod continue à dévaler la piste de luge des Diablerets. Le vétéran a commencé jeune: «Quand nous étions gamins, mon père nous avait fabriqué nos luges, comme beaucoup d’habitants à l’époque. Avec cinq enfants, il a eu du boulot!» Ce travail est redevenu une tradition dans l’entreprise que l’Ormonan a créée avant de la remettre à son fils Joël. À la construction et la rénovation de chalets, les Morerod ont ajouté la fabrication de luges il y a quelques années.

«Ces luges sont vraiment adaptées à la piste des Diablerets, longue et peu pentue»

«Nous accueillons chaque année des compagnons dans l’entreprise, raconte Bruno. Nous voulions qu’ils puissent repartir avec quelque chose d’emblématique de la région. Notre atelier est situé tout près de la piste de luge. L’idée était toute trouvée.» Joli souvenir de la vallée, cet objet est aussi une bonne occasion de se frotter à de nombreux aspects du métier, à petite échelle: «On utilise des techniques de charpenterie, comme l’assemblage avec tenons et mortaises. Le bois utilisé pour les patins est cintré, ce qui ne se pratique plus beaucoup. La finition s’apparente à du travail de menuiserie…» énumère Joël.

Amoureux d’artisanat traditionnel, les Morerod travaillent à l’ancienne, avec de la matière première suisse. La première étape consiste à coller un «feuillet» de frêne, composé d’une dizaine de fines couches de bois. Il est ensuite placé sur un gabarit incurvé et maintenu en place 48 heures pour lui donner la courbure des lugeons. Les autres pièces sont préparées en parallèle avant le montage final du bolide. «On utilise du frêne parce qu’il donne plus de souplesse et rend les luges très maniables», précise Joël.

L’engin est ensuite complété à l’aide de patins synthétiques, similaires aux semelles des skis et des snowboards: «Les patins en fer ont tendance à coller lorsque la neige est trop froide. Avec ces luges, vous n’avez jamais besoin de pousser, assure Bruno. Elles sont vraiment adaptées à la piste des Diablerets, longue et peu pentue.»

Cinq ou six par année

Il faut une dizaine d’heures de travail pour terminer un engin, estime Bruno Morerod. «Pour autant qu’on en fasse une petite série, ce qui ne permet de gagner du temps à chaque étape.» Depuis quelques années, l’entreprise en assemblait cinq à six par année. «Cet hiver, on arrivera à une dizaine et l’hiver prochain, on fera sans doute le double, précise Joël. C’est un peu paradoxal: c’est un travail intéressant pour nous, car il nous donne un peu de boulot à l’atelier, lorsque la météo ne nous permet pas de travailler à l’extérieur. Mais les luges devraient être prêtes au début de l’hiver. On doit faire un peu de stock pour prendre de l’avance sur l’année suivante.»

Le prix de ces «Rolls» des neiges? «On donne un prix de base de 650 francs», répond Bruno. Chaque client peut ensuite choisir différentes options: patins en fer ou à farter, placet textile ou en cuir. C’est une nouveauté cet hiver, il est désormais possible de s’asseoir sur un placet en peau de vache ou en cuir végétal, taillé par un artisan de Corbeyrier, Christophe Seewer. «On cherche vraiment à travailler avec des produits régionaux. On voulait rester dans le district d’Aigle», ajoute Bruno. Chez les Morerod, chaque engin est unique et personnalisable à l’envi. «On ne les vendra pas aux magasins de la station; on cherche avant tout à avoir un contact avec le client.»

Créé: 16.02.2019, 08h03

Un loisir sur la pente ascendante

La saison n’avait pas bien commencé, le tir est corrigé. Fermée durant les Fêtes faute de neige, la piste de luge des Diablerets cartonne, indiquent les deux loueurs de luges installés au pied du tracé. «On a eu un pic à 2000 personnes en une journée», se réjouit Mathieu Chanseaud, à la boutique Mountain Evasion. Pour lui comme pour son concurrent Henri Pichard, la nouvelle télécabine contribue à ce succès. «Cette installation est bien plus pratique pour les lugeurs et pour le personnel des remontées mécaniques qui devait installer les luges sur l’ancien télésiège», explique Henri Pichard. La location des luges coûte de 12 à 20 fr. selon le modèle pour trois heures. «Avec le débit plus important de la télécabine et l’attente plus courte au tourniquet, les gens peuvent facilement gagner une descente.»

Le succès de cette activité va crescendo depuis plusieurs années, observe Claire Pichard, l’épouse d’Henri. «De plus en plus de touristes ne pratiquent pas le ski et se tournent vers la luge. Il y a un potentiel par exemple auprès des étrangers.» La patronne de la buvette du Fun Park estime également que le Magic Pass a donné un joli coup d’accélérateur: «Certains skieurs viennent faire quelques descentes et remontent avec la cabine pour une descente en luge.»

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