«Isenau peut devenir un laboratoire du tourisme de demain»

Les DiableretsUn groupe de travail entame une ultime réflexion pour sauver le domaine. Interview de son chef de file, Philippe Gallaz.

Philippe Gallaz est le chef de file d’un groupe de travail qui croit encore au sauvetage du domaine d’Isenau.

Philippe Gallaz est le chef de file d’un groupe de travail qui croit encore au sauvetage du domaine d’Isenau. Image: VQH/FLORIAN CELLA

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Le financement des projets Alpes vaudoises 2020 manqué, la résurrection d’Isenau semble compromise. C’est sans compter l’énergie d’une poignée de mordus: sous le nom Isenau 360°, un groupe de travail «indépendant, composé d’habitants et d’amoureux de la station avec des compétences variées», selon leur chef de file Philippe Gallaz, a décidé de revoir la copie.

«Jusqu’ici, le projet s’est concentré sur la reconstruction de la télécabine. Mais pour que le projet soit viable, il faut avoir une vision à 360°, tournée vers un tourisme quatre saisons», estime l’Ormonan d’origine établi à Oron. Un sondage lancé en novembre et rempli par plus de 1000 internautes confirme que le domaine skiable, fermé depuis 2017, jouit d’un fort capital sympathie. Et esquisse des pistes pour que l’impossible se réalise.

Pourquoi vous paraît-il essentiel de sauver Isenau? Précisons d’abord que nous partons sans a priori. La Fondation pour la défense des intérêts d’Isenau qui porte le projet s’est posé la question de savoir s’il existait encore un espoir. Notre groupe de travail se laisse jusqu’à février pour tenter de répondre. Si la conclusion est qu’il n’y a pas d’avenir, nous en resterons là. Au-delà du côté émotionnel, de l’attachement des gens à ce secteur, il compte des atouts très concrets. Le positionnement famille et débutants, un fort ensoleillement, un bon enneigement naturel, le panorama, l’accès à 100 km de sentiers… Ces arguments reviennent régulièrement dans le sondage (résultats disponibles ici). Nous sommes convaincus qu’il peut occuper un créneau complémentaire à ce qui existe au Meilleret ou Glacier 3000.

Les difficultés rencontrées à Château-d’Œx ou Charmey ne vous effraient pas? Elles sont symptomatiques du changement que vivent les stations de moyenne altitude. Une différence importante pour Isenau est que la Fondation possède déjà un fort soutien financier (ndlr: elle a réuni 4 millions de francs, dont 2,5 de dons privés). Et 57% des personnes qui ont répondu au sondage ne figurent pas parmi ces donateurs. Elles représentent un potentiel de financement supplémentaire.

«Au-delà du côté émotionnel, Isenau compte des atouts très concrets: le positionnement famille, un fort ensoleillement, un bon enneigement naturel...»

Quelle somme faudra-t-il investir pour sauver Isenau? Le prix de la reconstruction de la télécabine est connu: 13,5 millions de francs. Créer une offre quatre saisons pour l’accompagner nécessitera des investissements supplémentaires. Combien? C’est encore difficile à dire, mais ils permettront de créer de nouvelles sources de revenus pour atteindre la rentabilité. Nous avons approché le Canton qui ne ferme pas la porte à un soutien financier. Mais il nous faudra amener la preuve de la viabilité de notre projet.

Un rapport d’expert a déjà été livré et prédit un déficit annuel de 200 000 fr. La tâche pour convaincre l’État s’annonce ardue. Si nous nous concentrons sur le ski, la partie est perdue. Isenau ne peut pas et ne doit pas concurrencer ce qui existe sur le Meilleret, Villars et Gryon, d’autant que les possibilités d’extension y sont quasi-inexistantes. Mais nous avons de nombreuses idées pour générer d’autres revenus. Pourquoi ne pas imaginer créer un laboratoire du tourisme de demain, à l’échelle de ce domaine?

Avez-vous rencontré les opposants? À ce stade, non. Les oppositions portent principalement sur des questions d’aménagement du territoire qui sont de compétence communale. Nous n’avons pas de raison d’interférer dans la procédure; mais nous nous tiendrons à disposition le moment venu. Ce projet ne pourra se faire que s’il satisfait chaque partie concernée et respecte le droit.

L'avocat d'une partie des opposants, Me Anex, ne semble pas acquis à ce qu’il nomme ironiquement le tourisme «18 saisons». Pensez-vous le convaincre? Bonne question. L’offre sur laquelle nous travaillons se veut écoresponsable et douce. Nous avons des idées mais nous sommes aussi conscients des contraintes, comme les oppositions ou l’aspect financier, qui feront évoluer ces idées.

Les Diablerets disposent depuis cet hiver d’un domaine moderne au Meilleret. Pourquoi ne pas mettre vos efforts pour y étoffer l’offre? Tourner le dos au Meilleret serait une erreur. Nous devons être reconnaissants de bénéficier de cet outil. Mais Isenau peut peut-être rester une brique importante du tourisme ormonan, dans l’idée d’y développer une offre complémentaire. (24 heures)

Créé: 30.12.2018, 19h00

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