La 3e correction du Rhône, une manne pour l’économie locale

ChablaisLes grands travaux projetés dans le Chablais devraient impliquer plusieurs sociétés régionales.

Les travaux sur le secteur Brigerbad-Lalden. En amont du cours d’eau, entre Lalden (g.) et Viège (dr.), la berge du Rhône est déplacée afin d’élargir le lit du fleuve.

Les travaux sur le secteur Brigerbad-Lalden. En amont du cours d’eau, entre Lalden (g.) et Viège (dr.), la berge du Rhône est déplacée afin d’élargir le lit du fleuve. Image: CHANTAL DERVEY/ARCHIVES

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L’entreprise de correction fluviale Rhône 3 se déploiera sur les berges chablaisiennes durant le quart de siècle à venir. Quatre secteurs seront aménagés pour élargir le fleuve et renforcer ses digues: celui de Lavey, celui de Chessel-Noville, celui sur 15 km entre Aigle et Massongex et enfin celui de l’embouchure du Rhône où un delta sera constitué.

«Les mesures concernant le Chablais se montent à 685 millions de francs, comprenant les études, les travaux, les achats de terrain et les améliorations foncières. Les sommes font l’objet d’une répartition cantonale entre Vaud et le Valais. Nous espérons que les travaux des mesures prioritaires commenceront courant 2022», explique Michel Noez, ingénieur rural. Directeur Chablais pour la 3e correction du Rhône, il intervenait la semaine dernière lors du Forum économique du Chablais, organisé à Bex par le Groupement d’entreprises du Chablais et Chablais Région.

Des PME ravies

Dans l’optique de ce chantier gigantesque et considérable pour la région qu’est la troisième correction, des sociétés chablaisiennes, notamment des petites et moyennes entreprises, devraient en bénéficier. «Nous attendons en effet que l’économie locale, active dans le génie civil, le terrassement, l’approvisionnement en matériaux comme les blocs d’enrochement, et le transport, y participe», espère Grégory Devaud, municipal d’Aigle.

Philippe Hohl, chef de la Division ressources en eau et économie hydraulique du Canton de Vaud, précise le cadre. «Il est très clair. Le chantier étant financé par de l’argent public, toute attribution de marché sera soumise à la loi sur les marchés publics. Cela étant dit, des lots seront fractionnés et pourront sans doute permettre à des entreprises régionales d’y participer de manière concurrentielle. Les critères examinés seront notamment liés à la qualité des matériaux proposés et au développement durable.» Un certain nombre de lots fractionnés pourraient se situer en dessous de 8,7 millions de francs, seuil limite dans le secteur de la construction pour l’ouverture obligatoire aux entreprises étrangères.

Les travaux en termes de terrassement et d’enrochement constitueront une grande part des mesures chablaisiennes. «Il s’agira notamment d’excaver 2,4 millions de m3 de matériaux sur quinze ans. Pour enrocher les digues, nous aurons besoin sur la même période de 300 000 m3 de blocs», poursuit Michel Noez. Soit 70 000 tonnes par an.

Un million de rentrées

«Entre nous et l’entreprise Famsa, nous avons la capacité de fournir ce tonnage, explique Pierre Echenard, responsable d’exploitation de la Carrière Sous-Vent, à Bex. Nos blocs correspondent aux critères de dureté et de gélivité demandés.» Le Bellerin, qui a bon espoir de décrocher des lots, voit dans la correction du Rhône une manne bienvenue pour assurer la bonne marche et la pérennité de la carrière. «Livrer 30 000 tonnes par an générera 1 million de francs de rentrées, soit un tiers du chiffre d’affaires annuel.»

Famsa, qui a son siège à Massongex, va soumissionner avec enthousiasme. «Si nous sommes retenus, ça va faire bondir la part de notre chiffre d’affaires généré par notre production de blocs d’enrochement, 15% en règle générale. Là on pourrait passer à 25%, voire 30%», assure son directeur Luis Ricardo. Dans ce contexte, la société qui extrait ses roches pour les blocs à Choëx engagera du personnel qui compte actuellement 25 personnes. Famsa et Sous-Vent emploieront des partenaires comme Boven Transports, à Aigle, forte de dix camions, dont quatre adaptés au convoyage de blocs. «C’est une grande opportunité pour nous. Après, il faudra être concurrentiel au niveau prix et rendement. Nous allons nous y atteler», dit le directeur, Maurice Boven.

Enfin, chez Gasser SA, à Vouvry, active dans le génie civil et la construction notamment, le patron Roland Gasser est «impatient de voir démarrer les travaux pour lesquels nous allons soumissionner». Et pour cause, sa société forte de plus de 200 employés est «spécialisée dans les travaux de correction de fleuves et rivières».

(24 heures)

Créé: 08.02.2018, 10h51

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