La «carcasse» de l’hôpital unique est achevée

Riviera-Chablais A Rennaz, le gros œuvre de l’établissement valdo-valaisan a duré deux ans, place à la seconde peau. Visite des lieux qui ouvriront mi-2019.

Le gros oeuvre de l'Hôpital Riviera Chablais est terminé. La construction bat son plein à l'intérieur. Alors que l'établissement n'ouvrira que dans deux ans, une grande partie des salles de bains est déjà livrée.
Vidéo: Odile Meylan

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Seul le séquoia géant demeure. Sa présence rappelle qu’il y a un peu plus de deux ans, un manège à chevaux, des bâtiments agricoles, des terrains de football emplissaient la Grange des Tilles à Rennaz, parcelle de 86 000 m2 en bordure d’autoroute. Détruits, ils ont fait place à l’impressionnant chantier de construction de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC), que l’on aperçoit loin à la ronde. Lorsqu’il sera achevé au mitan de 2019, l’établissement hospitalier valdo-valaisan sera le plus important du canton après le CHUV, ouvert en 1982 au bout de dix ans de travaux. C’est aussi l’un des plus grands chantiers vaudois de ce début de millénaire.

Il faut montrer patte blanche pour entrer dans le périmètre, hypersécurisé. Chaque visiteur autorisé laisse une pièce d’identité. En échange: un badge. Au premier plan se dresse la «carcasse» du futur hôpital: un bloc horizontal de trois niveaux principaux, haut de 17,6 m, long de 215 m, large de 115 m. Autour, dessus, dedans, malgré une chaleur étouffante, 201 personnes, dont 183 ouvriers, s’affairent. Ils viennent de terminer le gros œuvre.

«Des délais courts et ambitieux»

Si les premières réflexions menant à la création d’un hôpital intercantonal ont débuté fin 1999, la première pierre du HRC a été posée le 19 juin 2015. Deux ans seulement ont donc été nécessaires pour dresser la première peau. Vendredi, un bouquet de chantier marquait la fin de cette étape, à mi-chemin des quatre ans de construction. «Des délais courts et ambitieux. Notre seul ennemi, c’est le temps», remarque Marc-Etienne Diserens, président du conseil d’établissement et de la commission de construction. «Quelques travaux se poursuivent pour les finitions des murs extérieurs, mais désormais la majorité des ouvriers commence à construire l’intérieur, la seconde peau. Au plus fort de cette étape, 450 employés y œuvreront», détaille Karl Halter, directeur de projet.

A droite de la «carcasse», une grande rampe à trois voies de circulation relie le rez-de-chaussée au premier étage, directement à l’entrée des futures urgences. Ce service ouvre sur un immense plateau, pas encore cloisonné. Partout, des ouvriers s’activent. «Les zones se remplissent au fur et à mesure de l’avancée du chantier», note Karl Halter. Pour l’heure, on se croirait dans un immense parking tout sombre. Là se trouve l’épicentre des soins aigus. Au centre, les dix futurs blocs opératoires, mais aussi les salles d’accouchement, l’unité des soins critiques, l’hospitalisation en ambulatoire, l’imagerie médicale, des laboratoires. «L’horizontalité permet de regrouper nombre de services complémentaires sur un seul niveau. Il faudra beaucoup marcher, mais pas changer de niveau, pour se rendre d’un secteur à l’autre», ajoute Marc-Etienne Diserens.

Salles de bains déjà livrées

L’escalier visiteurs qui permet de relier les trois niveaux est achevé. Le deuxième étage, sous les toits qui seront recouverts de panneaux photovoltaïques – hormis l’héliport –, comprendra essentiellement les chambres individuelles et doubles: 360 lits au total. Elles ne sont pas encore réalisées mais, déjà, 175 salles de bains ont été livrées par le fournisseur italien. Toutes identiques, il suffira juste de les raccorder à l’eau le moment venu. Les chambres donneront sur un extérieur végétalisé. Tout l’étage est déjà ceinturé par une grande paroi antibruit, qui masque notamment les flux routiers, importants dans ce secteur. «Vous voyez, on n’entend rien, on aperçoit seulement les montagnes à 360 degrés. Les patients seront au calme», prédit Marc-Etienne Diserens

Descente au rez-de-chaussée, dans le gigantesque corps central. Ici, on se rend bien compte de l’immense volumétrie du bâtiment. Ce niveau abritera principalement l’ambulatoire, l’administratif, la logistique. On y trouvera aussi un auditoire. «Le secteur oncologie et radiothérapie, qui aura sa propre entrée, est le plus avancé», informe Karl Halter.

Quand tout sera achevé, «HRC réunira à Rennaz en un lieu unique les quatre établissements actuels d’Aigle, Vevey-Providence, Mottex (Blonay) et Montreux. Les deux restants, Monthey et Vevey-Samaritain, seront réaménagés en centres de gériatrie et de réadaptation», résume Marc-Etienne Diserens. HRC couvrira les besoins d’un bassin de population riviériste et chablaisien estimé aujourd’hui à 180 000 âmes.

Retour en extérieur où les ouvriers prennent une pause de midi bien méritée. A l’ombre. Un peu plus loin, celle séculaire du séquoia géant marque symboliquement ce qui sera l’entrée principale de l’HRC. L’établissement soignera ses premiers patients dans deux ans pile. (24 heures)

Créé: 19.06.2017, 07h10

En chiffres

240 millions En francs, le coût de construction.

201 Le nombre d’employés sur le site, dont 183 ouvriers.

8 Le nombre d’employés blessés depuis l’ouverture du chantier en juin 2015.

268 Les jours travaillés depuis la pose de la première pierre.

181'000 Les heures de travail depuis juin 2015.

30 Le nombre d’entreprises vaudoises engagées en qualité de sous-traitantes. Auxquelles s’ajoutent 11 valaisannes, 10 pour les autres cantons romands, 6 pour les autres cantons suisses, 5 étrangères.

1228 Le nombre de pieux préfabriqués d’environ 20 m de long plantés pour supporter les fondations du bâtiment.

2600 Le nombre de portes.

30 000 m2 de sols en PVC.

8000 m2 de parquet.

60 000 m2 de cloisons plâtre.

50 000 m3 de béton.

6000 tonnes d’acier.

6000 m2 de façades rideau.

1100 Les menuiseries extérieures en bois et aluminium.

500 tonnes de gaines d’air.

70 km de réseaux de distribution (chaud et froid).

500 km de câbles d’alimentation.

7000 Les prises informatiques.

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