Le Musée Jenisch se cherche un directeur qui renforce sa visibilité

VeveyHuit mois après le départ de Julie Enckell Julliard, l’institution veveysanne met au concours le poste de son remplaçant.

Après la procédure de sélection, le Musée Jenisch pourrait retrouver une direction début 2019.

Après la procédure de sélection, le Musée Jenisch pourrait retrouver une direction début 2019. Image: FLORIAN CELLA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une ombre s’éloigne avec l’annonce parue jeudi dans les journaux: la Ville de Vevey s’est mise en quête d’un nouveau directeur pour le Musée Jenisch! L’institution naviguait à vue, décapitée depuis décembre 2017 avec le départ surprise d’une directrice qui s’était résolue à «baisser les armes». Mais Julie Enckell Julliard, aujourd’hui à la HEAD, aura donc une ou un successeur pour incarner le positionnement, la stratégie et l’expertise du musée plus que centenaire.

En se donnant le temps de la réflexion, Vevey avait pourtant hésité. Fallait-il vraiment repourvoir ce poste? Ou alors trouver un nouveau souffle en tentant une mutualisation des forces avec le Musée suisse de l’appareil photo et le Musée historique de Vevey? «L’idée a bel et bien existé mais, tranche immédiatement le municipal de la Culture, Michel Agnant, elle était portée par le discours alarmiste de certains dans le contexte qui était alors le nôtre. L’Exécutif redistribuait ses cartes (ndlr: tiraillée entre deux dicastères, la Culture revenait à un seul municipal), chacun cherchait à y trouver ses marques en même temps que des solutions pour un budget déficitaire. Une vision sociétale des musées n’était alors pas dans les priorités.»

Elle se lit désormais entre les lignes d’une mise au concours en quête d’un profil de femme ou d’homme fort pour le Musée Jenisch. Un expert. Un leader. Un stratège. «L’idée d’une mutualisation des services reste, elle s’appliquera sur certains points administratifs et possiblement aussi dans le domaine de la médiation, pose Marie Neumann, cheffe de service de la Direction de la culture. Mais chaque modèle ayant été analysé avec ses opportunités et ses inconvénients, nous avons choisi de plébisciter une direction artistique autonome, orientée sur la gestion d’équipe (18 personnes), le positionnement et le développement de l’institution. Nous cherchons une personnalité douée d’une vision charismatique pour incarner ce musée et la diversité de ses richesses dans un esprit où la collaboration agit comme un maître mot.»

Les musées d’art de plus en plus plébiscités par le public, Vevey assume en filigrane de cette mise au concours son rêve de placer «le Jenisch» sur la carte «nationale et européenne». Pour le milieu de l’art, le pion est avancé depuis longtemps, en toute conscience des valeurs du Cabinet cantonal des estampes et des nombreuses fondations venues étoffer le portefeuille du musée. Les trésors y sont rares et favorisent autant d’expositions inédites (comme Picasso en ce moment) que d’échos médiatiques.

Plus qu’élective, cette position experte de l’institution veveysanne dans le domaine de l’œuvre papier lui vaut encore de recevoir de nombreux legs ou dépôts de collectionneurs, les feuilles de Hodler et de Picasso arrivées ces dernières années l’ont prouvé. Manquait donc la reconnaissance décisionnelle de la Ville! Elle s’annonce avec cette mise au concours, une percée libre de toutes influences pour Michel Agnant.

Ni l’ouverture prochaine de Plateforme10 ni le regard des autorités cantonales posé sur une ville traversant une crise politique sévère n’auraient pesé. «Je ne fonctionne pas à la pression ni à la crainte de la concurrence. L’arrivée du nouveau Musée cantonal des beaux-arts est une vraie émulation et j’espère que nous allons pouvoir monter des choses ensemble en faisant circuler les publics. De notre côté, nous travaillons aussi à la requalification de l’espace autour du musée pour augmenter sa visibilité en ville. Il faut que l’éclat de ce trésor devienne tangible.»

Quant à parler de moyens supplémentaires correspondant aux nouvelles ambitions, le municipal ne s’y risque pas. «Il faut aller par étapes. Lorsque la culture aura été comprise comme un élément fondateur de la société, comme par enchantement, les moyens ( ndlr: le budget varie entre 2,5 et 3 millions selon les projets) viendront. Il faut les idées d’abord, l’argent est un moyen de les concrétiser.» Michel Agnant n’imagine pas non plus la crise politique veveysanne être un frein pour des candidats de valeur. «L’image est ternie, c’est vrai. Mais une personne intelligente et compétente peut aussi se dire que c’est dans une situation de crise qu’elle peut apporter ses qualités pour en sortir. Ce n’est pas en temps de paix que l’on devient Prix Nobel de la paix.» (24 heures)

Créé: 23.08.2018, 19h54

Articles en relation

Picasso parade, intime, à Vevey

Exposition Rêve éveillé ou introspection coupable, l’œuvre gravée de l’Espagnol est aussi ce laboratoire que sonde le Musée Jenisch. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.