Le Pays-d’Enhaut refuse d'adopter le réseau Mobilis

Transports publicsA l’horizon 2016, la communauté tarifaire aura gagné tout le canton, à l’exception de la vallée. La demande y est insuffisante.

Actuellement en travaux, la gare de Château-d'Oex accueillera le futur TransGoldenPass mais n'intégrera pas le réseau Mobilis.

Actuellement en travaux, la gare de Château-d'Oex accueillera le futur TransGoldenPass mais n'intégrera pas le réseau Mobilis. Image: Philippe Maeder

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Le Pays-d’Enhaut résiste encore et toujours à l’envahisseur. Quand la Broye et le district d’Aigle auront rejoint le réseau Mobilis, respectivement à la fin de l’année et en 2016, le secteur sera l’ultime pan du territoire non couvert par le projet de la Communauté tarifaire vaudoise (CTV).

«Nous avons fait des analyses communes avec le Canton pour évaluer la demande sur place, explique Julien Leuenberger, responsable opérationnel de la CTV. Il se trouve qu’il y a beaucoup de trafic touristique alors que c’est plutôt les pendulaires qui nous intéressent.»

Une première spécificité qui ne plaide pas en faveur d’un élargissement. «De plus, il n’y a pas de réseau urbain qui pourrait faire sens avec notre système de zones. Typiquement, à Aigle il y a un petit maillage de bus et c’est un avantage de pouvoir l’inclure à notre offre», poursuit Julien Leuenberger.

Des coûts trop élevés

Lorsque les quinze communes du district d’Aigle auront ainsi rejoint Mobilis, en décembre 2016, le Pays-d’Enhaut demeurera seul en marge du dispositif. Une situation loin d’être subie et qui émane avant tout d’une volonté des Communes. «Pour la population, il n’y a pas d’intérêt direct puisque les gens circulent essentiellement au sein de la région alors que Mobilis est surtout intéressant pour les agglomérations, développe Charles-Abram Favrod-Coune, municipal en charge de la Mobilité. Prendre les transports publics pour aller dans les grandes villes de la Riviera, c’est environ une heure de train, ce n’est pas quelque chose que l’on fait tous les jours.»

Une consommation ponctuelle qui ne cadre pas avec la visée première de la communauté mais qui permet à la région de conserver son caractère particulier. «Ce relatif éloignement, c’est à la fois notre handicap et notre chance. On ne peut pas se rendre au théâtre en dix minutes mais on échappe à la canicule!» s’amuse le municipal.

Au-delà du temps de trajet conséquent, cet éloignement géographique aurait également occasionné des coûts importants et difficiles à supporter pour les différents acteurs. «Ce ne sont pas directement les Communes qui paient mais le Canton, par contre il y aurait eu un impact pour les clients, envisage Julien Leuenberger. Nous avons arrêté l’analyse très tôt, donc c’est dur d’estimer les conséquences sur la grille tarifaire mais le prix de certains trajets aurait augmenté.»

Harmonie entre cantons

Une politique tarifaire qui aurait dû être adaptée en fonction des réseaux alentour déjà existants. «Juste à côté, vous avez Montbovon, qui fait partie du réseau Frimobil du canton de Fribourg. Il aurait donc fallu harmoniser les tarifs», souligne Georges Oberson, directeur de GoldenPass. Quid, dès lors, d’une communauté à plus petite échelle, comme suggéré un temps pour les Chablais vaudois et valaisan? «Ça n’a pas été envisagé car nous avons une politique de mobilité différente de celles qui se concentrent autour des pôles urbains, balaie Charles-Abram Favrod-Coune. En ce sens, Mobilis présente un certain intérêt mais ce n’est pas la solution optimale.» (24 heures)

Créé: 13.07.2015, 18h31

D'autres projets sur les rails

Si le réseau Mobilis n’est pas la solution optimale pour le Pays-d’Enhaut, d’autres évolutions sont attendues avec beaucoup plus d’impatience par les autorités. «Nous avons beaucoup d’espoir pour notre compagnie de chemin de fer qui est la base de la mobilité non automobile ici. Dès 2018, le TransGoldenPass direct et sans changement de Montreux à Interlaken sera une avancée majeure», évoque Charles-Abram Favrod-Coune.

Estimé à 60 millions de francs, le projet doit permettre d’attirer 500'000 visiteurs annuels supplémentaires à Montreux, via le Pays-d’Enhaut. Dans cette optique, la gare de Château-d’Œx subit d’ailleurs un lifting important. «C’est un chantier considérable, l’un des plus gros sur la ligne», appuie Georges Oberson. A la mesure des enjeux futurs, pour ne pas louper le train Alpes vaudoises 2020.

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