Les Diablerets se préparent à un hiver 2018 sans Isenau

Alpes vaudoises 2020Le remplacement de la télécabine ne démarrera pas ce printemps. L’avenir du domaine est plus que jamais incertain.

Les «œufs rouges» d’Isenau bénéficieront-ils d’un énième «ultime» sursis? Dans la négative, on craint aux Diablerets que la télécabine ne redémarre jamais.

Les «œufs rouges» d’Isenau bénéficieront-ils d’un énième «ultime» sursis? Dans la négative, on craint aux Diablerets que la télécabine ne redémarre jamais. Image: KEYSTONE - Jean-Christophe Bott

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C’est désormais une certitude: les nouvelles cabines rutilantes d’Isenau ne prendront pas leur envol en décembre 2017, comme on l’espérait aux Diablerets. Le délai est trop court pour mettre la nouvelle installation à l’enquête publique et obtenir un permis de construire au début du printemps. Il faudra attendre au moins un an de plus. Paradoxal, car, après plusieurs années de doutes, les signaux passent tout doucement au vert (lire ci-contre). Le financement des 4 millions nécessaires au remplacement de la remontée mécanique semble notamment acquis.

Fin de la concession de l'OFT

Seulement voilà: la concession accordée à Isenau par l’Office fédéral des transports (OFT) sera échue au printemps prochain. Les «œufs rouges», installés en 1974, prendront alors une retraite méritée. Quid, du coup, de l’hiver 2017-2018? Aux Diablerets, on continue de rêver à un nouveau miracle. «Nous allons demander une prolongation de la concession à l’OFT d’une ou deux années», annonce Philippe Grobéty. Le syndic est relativement confiant: «Si nous arrivons avec un projet ficelé, un financement bouclé, ce sera un signal fort.»

Un risque sécuritaire?

La réalité risque d’être plus complexe: «Nous allons mandater des experts qui devront déterminer si nous pouvons ou non continuer à exploiter et sous quelles conditions, explique Pierre Besson, directeur de Télé Villars-Gryon-Diablerets SA (TVGD). Il faut savoir qu’il s’agira de la quatrième demande de prolongation.» Et que celle accordée en 2013 par l’OFT devait déjà être «l’ultime» sursis pour l’installation en fin de vie. «En fonction des retours des experts, mais aussi du sentiment de mon chef d’exploitation, nous ferons une pesée d’intérêts, poursuit Pierre Besson. Nous devons réfléchir à la sécurité de nos clients et de notre personnel. Est-ce que ce sera l’année de trop? En cas d’accident, nous serons responsables.» La réflexion sera également économique: «Si la mise aux normes nécessite de grands travaux, nous devrons nous demander s’il vaut la peine d’investir pour un ou deux hivers.»

Risque de fermeture définitive

Philippe Grobéty reconnaît qu’une fermeture du domaine ne peut désormais plus être exclue. Avec quelles conséquences? Pour TVGD, «Isenau représente 1 million de francs de recettes sur un chiffre d’affaires de 14 millions pour un hiver normal, détaille son directeur. Même si une partie des skieurs se reportait sur le domaine du Meilleret, ce ne serait pas anecdotique.» Un avis partagé par Patrick Grobéty, directeur de l’Hôtel des Sources: «Si on ferme Isenau ne serait-ce que pour un hiver, on ampute notre domaine skiable de 20% de sa surface. Et on perd une part de clientèle très importante pour Les Diablerets, celle des jeunes skieurs et des débutants. On ne pourra pas la déplacer au Meilleret et le risque est grand qu’elle quitte définitivement la station.»

Précédents inquiétants

Dans les Alpes vaudoises, on pense immanquablement à deux inquiétants précédents: le Pic-Chaussy aux Mosses et les Monts-Chevreuils au Pays-d’Enhaut. «Dans les deux cas, ces installations se sont arrêtées pour des raisons similaires à Isenau (ndlr: en 1987 et en 2001), rappelle Pierre Besson. Dans les deux cas, elles ne sont jamais reparties.»

Patrick Grobéty veut être optimiste: «Le financement de notre projet est désormais acquis, le projet est quasi prêt à être mis à l’enquête. La situation est très différente de celle du Pic-Chaussy.»

Créé: 12.11.2016, 08h20

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Les 4 millions sont enfin en vue

Au-dessus des pylônes d’Isenau, le ciel s’éclaircit enfin. Deux riverains, parmi une centaine de propriétaires concernés, devaient encore donner leur autorisation au survol de leur terrain par la future télécabine. «Les documents n’ont pas encore été signés devant le notaire, mais nous avons d’ores et déjà obtenu un engagement oral», se félicite le syndic d’Ormont-Dessus, Philippe Grobéty.

Et alors que tout semblait perdu sur le plan financier à vingt jours du délai imparti par l’Etat pour dénicher 4 millions de francs, et ainsi sauver la télécabine d’Isenau, une solution se dessine. Pour rappel, une Fondation pour la défense des intérêts d’Isenau a été créée avec pour mission de récolter ces 4 millions, soit le montant des fonds propres à engager dans le remplacement de la télécabine, devisé à 13,5 millions de francs.

Jeudi soir, plusieurs conseillers communaux ont déposé une motion afin d’esquisser des pistes pour réunir les 650'000 francs manquants à ce jour. «La crainte existe que l’Etat fasse demi-tour et lâche Isenau, estime Philippe Bonzon, chef de fil des motionnaires. Nous devons leur montrer que nous faisons bloc derrière notre Municipalité.» C’est chose faite: le texte a été accepté à la quasi-unanimité. Les élus proposent notamment de combler le manque «par exemple par un prêt, qui laisserait le temps à la fondation de réunir la somme nécessaire», explique Philippe Bonzon. La Municipalité présentera le 10 décembre une proposition de financement à son Conseil.

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