Les champignons Stadler d'Aigle font recette

ChablaisL'entreprise aiglonne cherche à s'agrandir. visite de la champiculture familiale fondée en 1943.

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Gamin, Cédric Stadler passait son temps dans les grottes de culture de son grand-père. L’Aiglon, qui a repris en 2011 l’entreprise familiale fondée en 1943, a vu Stadler SA grandir et se transformer. Les sacs que les employés remplissaient de compost à la main pour y faire pousser des champignons de Paris ont fait place à des halles de culture en grande partie mécanisées. La température, l’aération ou l’humidité des salles de culture sont réglées au pour-cent près par ordinateur. «Cette évolution nous a permis de gagner en qualité et en productivité», explique Cédric Stadler.

Le marché a lui aussi connu une véritable révolution. «Dans les années 1970, il existait une dizaine de concurrents sur le marché romand. Nous sommes pratiquement les derniers, en 2014. Les outils de production ont évolué. Pour nous adapter, nous avons été forcés d’investir. Beaucoup de sociétés n’ont pas pris ce tournant.» Stadler SA, qui cultive quasi exclusivement des champignons de Paris mais joue également le rôle d’importateur de champignons sauvages, a relevé le défi et continue de le faire. Elle a récemment mis à l’enquête la construction de trois salles de culture supplémentaires. Au total, ce sont 80 à 100 tonnes de champignons de Paris en plus qui pourraient en sortir, s’ajoutant aux 800 tonnes cueillies annuellement dans les neuf salles existantes. «Nous allons réaliser ces nouvelles unités par étapes. La construction de la première démarrera début 2015. Nous avons toujours procédé ainsi: nous nous développons petit à petit, en fonction de la demande.» Car, si les Suisses sont toujours plus friands de champignons, la demande est loin de croître de manière exponentielle. «Chaque habitant consomme 1,2 kg de champignons de Paris par an», détaille Cédric Stadler. Pour y remédier, l’entreprise tente d’informer les consommateurs: «On organise des animations dans les centres commerciaux, on partage des recettes, pour montrer que le champignon de Paris ne se mange pas uniquement cuit et en sauce.»

Fraîcheur et traçabilité
Les producteurs doivent également faire face à une concurrence rude. «La culture du champignon est devenue un créneau très difficile, depuis l’arrivée sur le marché suisse de champignons de culture des pays de l’Est vendus à vil prix», constate Marlyse Millet, propriétaire avec son mari, Denis, de la société DEMA à Bex, active dans la production de pleurotes. «Dans ces pays, cette industrie s’est beaucoup développée, avec l’aide de subsides de l’Union européenne. Là-bas, une cueilleuse est payée 400 euros par mois. Chez nous, 4000 francs.»

Conséquence de cette pression, la demande a baissé, principalement dans le secteur de la gastronomie, déplore Cédric Stadler. «Heureusement, la grande distribution joue le jeu de la production locale. Le consommateur est aussi devenu plus sensible à la traçabilité des produits. Notre système d’étiquetage nous permet de savoir quel jour et dans quelle halle chaque champignon a été cueilli.» Sur un marché où la fraîcheur du produit est primordiale, les producteurs suisses possèdent encore un avantage sur leurs concurrents: «Nous sommes capables de livrer nos clients en moins de vingt-quatre heures.»

Créé: 27.11.2014, 17h54

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