Les élus d'Aigle veulent être fixés sur le sort de P.R.

AffaireLe sort du Municipal d’Aigle sous enquête doit se décider à la fin du mois. L’attente plombe la rentrée politique.

Les affaires courantes suivent leur cours à Aigle, mais l'attente d'une décision concernant le municipal P.R. laisse un sentiment de flottement dans la cité.

Les affaires courantes suivent leur cours à Aigle, mais l'attente d'une décision concernant le municipal P.R. laisse un sentiment de flottement dans la cité. Image: Chantal Dervey

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Drôle d’automne à Aigle. Alors que les élus se préparent à reprendre le chemin du Conseil communal, il règne une atmosphère d’expectative générale. Ce sentiment de flottement plane depuis la mise sur la touche en juillet du municipal de la Police, P. R., dans le collimateur de la justice pour infractions économiques. Le délai que s’est donné la Municipalité pour réévaluer son cas approche à grands pas, puisqu’elle souhaitait faire le point fin octobre.

Avec ce sursis, l’Exécutif espérait obtenir davantage d’informations, notamment de la part du Ministère public vaudois. Déception de ce côté-là: «Nous n’avons rien obtenu du tout!» s’irrite un brin le syndic Frédéric Borloz. Contactée, la procureure chargée du dossier confirme qu’elle ne livre pas d’informations sur l’instruction à ce stade.

«Il ne serait en tout cas pas très sain que l’on joue les prolongations»

Sans nouvel élément, comment la Municipalité entend-elle statuer? «Il ne serait en tout cas pas très sain que l’on joue les prolongations, affiche sans ambages le syndic. D’un point de vue démocratique, les citoyens ont désigné cinq personnes. Quelqu’un peut se trouver empêché, mais pendant un moment. Au-delà, il y a des lois, et nous les appliquerons.»

La loi sur les communes, précisément, permet à une Municipalité, ou aux deux tiers d’un Conseil communal, de saisir le Conseil d’Etat en vue de la suspension d’un municipal en invoquant un «motif grave». L’ouverture d’une instruction pénale en raison d’un crime ou d’un délit figure parmi ces «motifs graves». Quant à la révocation d’un membre d’Exécutif, elle ne pourrait intervenir qu’en cas de condamnation pénale.

Ces incertitudes laissent place à un bel exercice d’interprétation libre au sein des formations politiques aiglonnes, où les différentes options alimentent la chronique. «Il n’y a que trois scénarios possibles, résume Claudio Mariano, président du Parti socialiste aiglon (dont le municipal suspecté a démissionné). Soit P. R. se retire de lui-même, soit il est réintégré, soit l’interruption temporaire se prolonge. Nous ne favorisons aucune de ces possibilités et faisons confiance à la Municipalité.»

Attentisme général

Cet attentisme se retrouve dans tous les groupes politiques, qui espèrent néanmoins une décision tranchée: «Travailler à quatre municipaux n’est pas tenable à long terme, soulève Philippe Pasche, président du groupe PLR, qui se défend toutefois d’appeler à la démission. Nous attendons que P. R. se positionne en fonction d’une situation que lui seul peut juger et qu’il prenne en compte les intérêts de la Commune.»

«Il faut que la Municipalité le convainque de démissionner»

«Il faut que la Municipalité le convainque de démissionner, assume Didier Badan, président de la section locale de l’UDC. Cela libérerait un peu tout le monde. Mais, si P. R. veut jouer la pendule pendant quatre ans, il le fera», déplore-t-il. «Il est clair que cela ne peut pas durer», estime sobrement Marcel-Jacques Bacca, président de l’Entente aiglonne.

AlternativeS-LesVerts considère, par la bouche de son chef de file Cyril Zoller, «que le monde politique, autant que la population, a besoin de savoir. La surcharge de travail pour les autres municipaux et l’administration coûte à la collectivité. On a envie que tout le monde puisse travailler sereinement.»

Aucun parti ne manifeste ouvertement son intention de mobiliser le Conseil communal autour d’une demande de suspension. Les armes ne s’affûtent pas davantage dans l’hypothèse d’une place vacante à l’Exécutif. Resté dans l’ombre de la vie publique tout l’été, le municipal en retrait forcé n’a pas répondu à nos appels.

Les projets communaux accusent le contrecoup de cette ambiance indécise. Le syndic assure que son collège a mis les bouchées doubles durant l’été: «Nous avons différé les petites affaires secondaires. Tout le reste a pu suivre grâce à l’engagement de mes collègues et de toute l’administration.»

Malgré ces efforts, la prochaine séance du Conseil communal aura lieu en fin de mois, alors qu’une assemblée avait été envisagée en septembre déjà, afin d’avancer en urgence sur des constructions scolaires retoquées en juin. Mais un délai a été consenti pour boucler plusieurs dossiers et aussi pour laisser à la Municipalité le temps de préparer une possible communication sur l’affaire P. R. (24 heures)

Créé: 10.10.2017, 06h42

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