Maître des fioles le jour, artificier les soirs de fêtes

Alain Jaquet, droguisteInstallé à Vevey en 1982, le sexagénaire tire le feu du 31 décembre à la place du Marché depuis 22 ans.

Alain Jaquet dispense de nombreux conseils - notamment pour apaiser son corps après les excès des fêtes - à la droguerie qu'il tient à Vevey depuis 34 ans.


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Alain Jaquet est un bonhomme atypique qui touche à tout et à qui tout semble réussir. Ce Jurassien d’origine a fait son apprentissage de droguiste à Porrentruy, ses deux ans de stage entre Lausanne et Genève, puis sa maîtrise à Neuchâtel. Dans la tête du jeune Alain, il était clair dès le début qu’il serait un jour patron d’une droguerie. C’est arrivé en 1982, à Vevey, et depuis il ne peut pas faire deux pas en ville sans qu’un client vienne lui demander un conseil.

Pendant les fêtes de fin d’année, le sexagénaire délaisse un peu les fioles et autres flacons pour endosser sa casquette d’artificier. Le feu du 31 décembre à la place du Marché à Vevey: c’est lui. «Un jour, mon fournisseur en feux d’artifice (ndlr: il en vend dans sa droguerie) m’a demandé un coup de main. Il avait décroché le feu pour les célébrations des 100 ans de la naissance de Charlie Chaplin. Il fallait installer l’équivalent de huit palettes CFF de bombes explosives! Je me suis pris au jeu et j’ai suivi le cours nécessaire, puis passé le permis.»

Une façon de se démarquer de ses concurrents et de faire un peu de publicité. «Pour notre premier feu du 31 en bas de la place du Marché, nous étions trois et avions un budget de 1500 francs…» C’était il y a 22 ans. Aujourd’hui, le forfait alloué tourne autour de 20 000 francs! Aidé par une équipe d’une quinzaine d’artificiers, Alain Jaquet reste le créateur de l’explosion festive. S’il couche sur papier son idée de départ, il improvise sur le moment, en fonction du résultat qu’il souhaite atteindre. Dans la nuit du 31 décembre, ses équipes sont également en goguette pour lancer des feux chez des privés: hôtels de luxe ou particuliers fortunés qui souhaitent que leur Saint-Sylvestre soit remarquée loin à la ronde.

«Pour notre premier feu il y a 22 ans, nous étions trois avec un budget de 1500 francs»

Alain Jaquet ne s’arrête jamais, ou presque. Il admet avoir pris trois jours de congé cette année à l’occasion du mariage de son fils, un luxe rare. Habituellement, le droguiste quitte son domicile six jours sur sept à 7 h du matin, pour ne rentrer que vers 23 h (le 1er janvier, il ne reviendra chez lui qu’à 5 h du matin).

Le Jurassien est tombé amoureux des plantes dès son plus jeune âge. «Mon père était apiculteur et mes oncles paysans. Quand j’étais jeune, je faisais beaucoup de photos de fleurs. Je me suis dit qu’on pouvait certainement tirer quelque chose de ces plantes pour améliorer la santé des gens. De là mon désir de devenir droguiste.»

Et quand il a une idée en tête, Alain Jaquet la concrétise. A ses débuts, il n’y avait pas moins de sept drogueries dans la petite ville de la Riviera. Il a vite dû se diversifier. Il a ainsi suivi un cours à Berne pour apprendre à éliminer nids de guêpes et autres insectes indésirables des maisons. Grâce à sa pratique assidue du vélo, il a commencé à ravitailler les courses sportives en nourriture énergétique. Une pratique qui, à l’époque, n’avait pas encore les faveurs des grands distributeurs.

Le peu de temps libre qu’il lui reste, il le consacre à sa famille, aux balades à vélo en forêt et à ses ruches. Il en a douze. «J’ai repris celles de mon père et je vends mon miel à la droguerie. Une cliente m’a fait remarquer un jour que le miel était cher. Je lui ai répondu: vous avez de la chance que l’abeille ne vous facture par au kilomètre. Pour recueillir un microgramme de pollen, elle doit visiter 200 fleurs!»

Institut de beauté et droguerie

Son épouse est devenue esthéticienne lorsque son droguiste de mari a pu annexer à son échoppe les locaux du magasin de lingerie adjacent. Ainsi, la droguerie Jaquet et l’institut de beauté Apollonia sont à lui.

Ses enfants, de 30 et 28 ans, ne travaillent pas avec leur père et ne seront pas candidats à reprendre le magasin. A 61 ans, Alain Jaquet songe gentiment à la suite. «Pour le moment, je cours comme je courais quand j’ai commencé. Je n’ai pas envie de remettre mon commerce maintenant, j’imagine que je vais lâcher certaines activités au fur et à mesure, ou rester comme consultant si je trouve un jour un repreneur…»

Pour l’heure, le droguiste pense au feu de samedi, «que même des Zurichois viennent voir». Il promet un bouquet final à la hauteur des attentes des 15 000 personnes qui devraient se presser sur la place du Marché ce soir-là pour admirer le spectacle.

Créé: 30.12.2016, 08h41

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