Migros renonce à cultiver des poivrons chablaisiens

Collombey-Muraz (VS)Le projet de serres chauffées par les déchets de l’usine Satom n’a pas convaincu la région. Le géant orange jette l’éponge.

Les serres prévues par Migros devaient s’étendre à terme sur près de 20 hectares.

Les serres prévues par Migros devaient s’étendre à terme sur près de 20 hectares. Image: Stephen Léger Info-graphisme

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Novatrice ou aberrante? Entre les deux fronts, la culture de poivrons sous serres dans le Chablais n’a pas pu trouver de dénominateur commun. Vendredi, Migros a fait savoir qu’elle n’irait pas de l’avant avec le projet Pimiento.

Le géant de la grande distribution envisageait d’aménager à Collombey (VS) 20 hectares de serres, par le biais de sa société Ecoserre SA. Celle-ci y aurait produit hors sol 3600 tonnes de poivrons par an (un peu moins de 10% de la consommation suisse), grâce à la chaleur issue de la combustion des déchets par l’usine Satom. À la clé, une forte réduction des émissions de CO2 provenant aujourd’hui du transport de ces fruits depuis l’Espagne ou les Pays-Bas, principalement.


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L’UDC et les Verts à l’unisson

Présenté en avril à la population collombeyroude, ce projet devisé à 45 millions de francs avait suscité une levée de boucliers. L’UDC locale, les Verts du Chablais ou encore l’Union maraîchère suisse s’y étaient opposés. Cette dernière s’inquiétait de voir le grand distributeur se substituer à ses fournisseurs.

Le président d’Ecoserre, Michel Charbonnet, y voyait pourtant «un projet phare, exemplaire du point de vue écologique». Dans son communiqué, l’entreprise relève que «ces avantages indéniables n’ont malheureusement pas pu convaincre de manière assez large de leur bien-fondé». Selon son porte-parole, Tristan Cerf, «Migros est une entreprise innovante. Mais c’est aussi une entreprise proche de ses clients. Nous devons être attentifs à développer des projets en adéquation avec leurs attentes.» Michel Charbonnet ajoute: «Nous étions face à un projet vaste et complexe; cette complexité nous a poussés à le réévaluer à la lumière des remarques qu’il a suscitées et à y renoncer.»

«C’est une vision étriquée du développement durable qui l’emporte»

Yannick Buttet, président de Collombey-Muraz

Présidente des Verts du Chablais, Carole Morisod se félicite, elle, d’avoir fait plier le géant orange sur ce dossier. «C’est la preuve que notre pression a été utile! Migros a essayé de nous vendre un projet écologique qui ne l’est absolument pas. Construire des serres sur des sols agricoles de qualité va à l’encontre de l’idée que nous défendons du développement durable.» Le conseiller général UDC Romain Gex-Fabry est plus circonspect: «Je suis satisfait que nous ayons pu faire réfléchir aux problèmes de concurrence agricole qu’aurait représenté ce site. Mais ce sera une vraie victoire pour l’agriculture le jour où nous aurons la certitude que d’autres projets ne reviendront pas sur le tapis ailleurs en Suisse.»

«Vision étriquée»

Yannick Buttet, président (syndic) de la Commune de Collombey-Muraz, se dit déçu par cette issue. «C’est une vision étriquée du développement durable qui l’emporte ici. On ne consommera pas moins de poivrons en Suisse parce que ce projet est abandonné. On continuera plutôt à importer des fruits produits dans des conditions écologiques et sociales bien moins avantageuses qu’en Suisse. C’était une solution innovante. Je suis curieux de savoir quelles propositions les opposants auront à formuler pour l’agriculture de demain.»

Créé: 25.10.2019, 14h42

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