«Nous ne sommes pas les fauteurs de troubles!»

Crise politique à VeveySuite à la publication de l’audit, les deux élus suspendus répliquent. Leur audience aura lieu le 12 novembre.

Selon Jérôme Christen et Michel Agnant, la syndique de Vevey est autoritaire et protégée par la ministre Béatrice Métraux.

Selon Jérôme Christen et Michel Agnant, la syndique de Vevey est autoritaire et protégée par la ministre Béatrice Métraux. Image: PATRICK MARTIN

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Michel Agnant et Jérôme Christen, les deux municipaux suspendus pour violation du secret de fonction, n’avaient pas été avertis que serait rendu public vendredi dernier le rapport d’audit sur les relations entre la Municipalité et les cadres de l’administration, une enquête commandée par le Conseil d’État fin mai 2018. Ce document conclut à des dysfonctionnements qui ont généré des atteintes illicites (de l’agressivité verbale notamment) envers les cadres de la Ville. Ces derniers se disent démotivés, pointant des problèmes managériaux des élus. L’audit ne donne aucun nom, assurant que la responsabilité est partagée entre les différents membres de la Municipalité. Les deux élus Vevey Libre y sont allés de leur communiqué de presse ce mercredi, «contre une interprétation erronée de l’audit». Interview.

Selon vous, la ministre Béatrice Métraux protège la syndique Élina Leimgruber (Vertes toutes deux) et réécrit l’histoire. En quoi?

Jérôme Christen: En écrivant que «la situation s’est déjà sensiblement améliorée» à Vevey, Béatrice Métraux nous fait passer pour les fauteurs de troubles, ce que nous ne sommes pas. C’est énorme de sous-entendre que le calme est revenu depuis que nous ne sommes plus là! Surtout, c’est faux: il n’y a qu’à voir l’état de souffrance de certains collaborateurs.
D’autre part, nous constatons que le collège exécutif de Vevey a été mis au courant en amont de la publication de l’audit par le Conseil d’État (ndlr: le communiqué du gouvernement est arrivé à 10 h 29 et celui de la Ville à 10 h 47 ), alors que nous n’avons pas été informés.
Et nous estimons que Béatrice Métraux a prolongé notre suspension de façon totalement disproportionnée, alors que, sur les sept griefs qui nous étaient reprochés dans la procédure pénale, il n’en reste plus que deux.

Vous tapez fort aussi sur la syndique, enfonçant le clou sur son «autoritarisme»…

J.C. Elle impose ses vues. C’est parce que l’on continue à nous attaquer que nous avons décidé d’aborder ce point, sur lequel nous n’avions pas insisté jusqu’à présent. Mais son autoritarisme avait déjà été abordé dès septembre 2018 dans des séances avec l’ex-conseiller aux États et avocat Luc Recordon, que j’avais contacté suite à l’échec de la médiation avec la préfète fin 2017. Il me semblait la personne adéquate car il est de la même couleur politique que la syndique et que j’ai pleine confiance en lui. Après quatre séances, nous pensions trouver enfin un terrain d’entente, mais la syndique a stoppé unilatéralement le processus. L’audit relève la «directivité» d’Élina Leimgruber, ce qui est une version édulcorée de la restitution orale qui nous avait été faite de cette enquête.

En quoi est-ce édulcoré?

J.C. Selon le rapport, la façon dont elle dirige est un facteur de tension selon «certains municipaux», alors qu’oralement nous avions compris que cela ressortait également d’avis de chefs de service! La personne qui a mené l’audit semblait tenir cet autoritarisme de la syndique pour acquis.

Au rayon doléances, vous n’êtes pas épargnés non plus dans l’audit: on comprend entre les lignes que vous sont reprochés «insubordination» et «manque de volonté de résoudre les problèmes», référence au fait que vous avez stoppé la médiation fin 2017…

Michel Agnant Est-ce nous qui avons torpillé cette médiation? Quatre personnes avaient déjà été entendues lorsque la syndique a décidé, contre notre avis, de publier un communiqué de presse annonçant que nous tentions de régler nos différends. Ne pouvait-elle pas attendre plutôt que de briser ainsi le début d’un processus de reconstruction des liens?
J.C. De même, on nous a reproché d’avoir violé la collégialité après qu’ils ont signé un communiqué à trois. C’est la première fois que je voyais un camp majoritaire violer la collégialité! Ils ont sans cesse joué un double jeu insupportable.

Chaque camp se renvoie sans cesse dos à dos!

J.C. Élina Leimgruber et Étienne Rivier ne valident pas l’audit. Au contraire, nous sommes toujours ouverts au dialogue: si nous revenons siéger, nous souhaitons une présidence neutre pour assurer les règles et éviter toute tentative d’intimidation ou de harcèlement psychologique.

L’audit révèle que nombre de problèmes se sont cristallisés autour des procès-verbaux. Pourquoi?

M.A. Ayant vu que des décisions acceptées initialement n’étaient pas appliquées, nous avons demandé que certaines déclarations soient protocolées, et notamment nos divergences de vues. Or la majorité municipale souhaitait que nos débats ne soient pas retranscrits, mais seulement les résultats des votes. Résultat: Élina Leim­gruber continue à affirmer dans la presse qu’elle n’était au courant de rien concernant l’affaire Girardin, alors que j’en ai parlé par deux fois en Municipalité, dont deux pages de notes au moment des divers! C’est fou! Une autre fois, des déclarations de l’autre camp qui n’avaient pas été tenues ont été rajoutées après coup! On ne peut pas réécrire un PV!
J.C. Nous avons vécu des situations très dures. En pareils conflits dans un Exécutif, il est possible de se faire aider par le secrétaire municipal. Mais puisque ce dernier avait pris fait et cause pour l’autre camp, quelles étaient nos autres possibilités? Nous avons demandé conseil à notre avocat (tenu également au secret professionnel) et à notre conseiller personnel. C’est pour ces échanges avec eux que nous passerons devant le tribunal le 12 novembre. De nombreux collègues députés et chefs de partis craignent de devoir changer leurs relations à leurs collaborateurs personnels suivant l’issue de notre procès.

Créé: 11.09.2019, 19h50

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