«On vendra à Vevey le sandwich le plus piquant de Suisse»

AlimentationUne sauce au piment extraforte garnira dès ce mercredi un sandwich à Vevey. Test en primeur.

24 heures a dégusté le «sandwich le plus piquant de Suisse».
Vidéo: Pascal Wassmer

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L’étiquette sur la bouteille annonce la couleur. A côté d’une tête de mort grimaçante, un avertissement en anglais et en lettres rouge vif: «Attention, sauce extrêmement forte. Utiliser avec précaution. Vous allez éprouver de la douleur, ne paniquez pas.» La sauce vient du Costa Rica. Elle est à base du piment indien naga jolokia, l’un des plus forts du monde. Le redoutable petit fruit s’affiche même à 1 million d’unités sur l’échelle de Scoville, utilisée pour mesurer la force d’un piment. A titre comparatif, le piment d’Espelette s’affiche à 2500 unités et la sauce Tabasco plafonne à 5000.

Dès aujourd’hui, cette sauce réservée aux palais les plus endurcis tapisse le sandwich au poulet BoomBoom 2.0, vendu au Charlot, sandwicherie de Vevey. «Il s’agit de la sauce à base d’ingrédients naturels la plus forte qu’on peut trouver sur le marché suisse, sourit Julien Mottaz, patron de l’enseigne bien connue sur la Riviera. «Nous n’avons pas trouvé de préparation plus forte sans ajout de capsaïcine (ndlr: la molécule qui donne son piquant au piment) et qui ne soit pas de l’huile», confirme Samuel Zaradez, importateur et fondateur du site internet hotsauce.ch.

A l’heure de passer à table pour tester, on confirme: c’est vraiment très fort. Dès la première morce, les larmes montent directement aux yeux. La sauce attaque la langue, puis l’œsophage. A la deuxième bouchée, le front perle et les lèvres brûlent. Ensuite, la langue s’engourdit, la respiration se fait hoquetante… et on déclare forfait peu après. «Nous servions depuis l’ouverture du Charlot, il y a vingt ans, le BoomBoom classique, chauffé au four et constitué de poulet, de tomates, d’ail et de sauce piquante. Un sandwich qui se vend bien mais laisse les amateurs de sauces vraiment relevées sur leur faim. Raison pour laquelle nous avons cherché plus épicé afin de satisfaire tous nos clients», poursuit le responsable.

Marc, un Vaudois trentenaire qui se définit comme un «drogué du piment» et ne conçoit pas un repas sans épices, a lui aussi testé la sauce: «Rares sont les plats pimentés servis en Suisse qui me font de l’effet. Mais là, j’ai été impressionné: c’est ultrafort.»

Pour apprêter le BoomBoom 2.0, vendu 9 fr. 50 la demi-baguette, les employées du commerce enfilent des gants en latex et veillent tout particulièrement à ce que le terrible piment ne coule pas sur d’autres sandwiches. Les clients peuvent ensuite choisir à quelle… sauce ils seront mangés et déterminer la quantité d’assaisonnement: 5 ml, 10 ml, voire 20 ml pour les plus téméraires. Pour mesurer ces doses avec précision, le liquide rouge foncé est aspiré dans des seringues de trois tailles différentes et injecté dans le sandwich avant son passage au four.

Une décharge à signer Si toute l’opération peut sembler amusante et contribue au caractère spectaculaire de la dégustation, planter ses incisives dans un tel casse-croûte n’est pas complètement anodin (lire ci-dessous). Le patron du Charlot a d’ailleurs décidé d’en interdire la vente aux mineurs et fera signer une décharge à ceux qui voudront tenter l’expérience avant leur première bouchée. «L’idée n’est pas d’effrayer les gens mais de les rendre attentifs au fait que ce sandwich est extrêmement fort et qu’on ne le mange pas juste pour rigoler.»

Précision importante: le BoomBoom 2.0 sera servi avec un verre de lait, boisson réputée pour apaiser la brûlure des piments. «Boire de l’eau ne sert à rien», rappelle Julien Mottaz, qui a lui-même ingurgité tout un litre de lait pour faire passer son sandwich . (24 heures)

Créé: 09.12.2014, 18h35

A déguster avec modération

Très apprécié sous certaines latitudes, le piment est moins populaire dans nos contrées.

«En Inde, dans l’Etat du Kerala, on donne aux bébés leur première bouillie pimentée à l’âge de 3 mois. Ici, la plupart de nos clients évitent les plats épicés», sourit Pradeep Chandran, patron du Nandanam, restaurant indien de Lausanne.

Selon lui, tout est une question d’habitude: «Et, si on s’entraîne, on peut atteindre des sommets en la matière.» Pour calmer les bouches en feu, le restaurateur recommande de manger du riz ou de boire de l’alcool. «Mais surtout pas d’eau!» Diététicienne à Blonay, Isabelle Mabiala met, elle, en garde contre les défis idiots qui fleurissent sur Internet: on y voit des gaillards pas très futés ingurgiter des piments entiers avant de se rouler par terre de douleur. «Nous avons tous des sensibilités différentes
et, en matière d’épices, la modération est essentielle.

Il ne faut surtout pas se forcer et il faut prendre garde aux signaux d’avertissement que nous envoie la bouche.» A Montreux, le gastro-entérologue Jean-François Schnegg rassure: «Certaines personnes peuvent se sentir
un peu mal, d’autres résistent mieux. Mais, à ma connaissance, la consommation de piments ne génère pas de risque sérieux pour la santé. Et il faut surtout que manger reste un plaisir.»

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