Peine de prison requise contre l'ex-directeur d'un palace montreusien

VeveyLe procureur a demandé lundi matin à Vevey une peine de prison ferme de 12 mois pour extorsion, chantage et gestion déloyale.

Le Royal Plaza à Montreux que l'accusé a dirigé durant six ans entre 2005 et 2001.

Le Royal Plaza à Montreux que l'accusé a dirigé durant six ans entre 2005 et 2001. Image: Chantal Dervey

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Le procureur Hervé Nicod a requis lundi, devant le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de l’Est vaudois, à Vevey, une peine de prison à l’encontre de H.E.; ancien directeur général – notamment – du Royal Plaza, à Montreux. «Trois ans dont 12 mois ferme, le reste assorti du sursis.» Pour l’accusateur public, «les faits reprochés sont extrêmement graves». L’accusé est poursuivi pour extorsion, chantage et gestion déloyale.

L’ancien directeur, 49 ans, a reconnu dès le début de l’instruction, en juin 2011, avoir touché des commissions. Elles portaient sur des contrats d’entretien de chambres du Royal Plaza et d’autres établissements de la même holding. Sur demande de son employeur, le milliardaire Jacques-Gaston Murray, H. E. avait préalablement accepté d’externaliser ces prestations en les confiant à une société genevoise spécialisée.

C’est après la signature du contrat d’externalisation que H.E. aurait «accepté», selon lui, «extorqué», selon l’accusation, des commissions entre avril 2009 et mai 2011. Les sommes en cash étaient remises régulièrement au directeur dans une enveloppe. Elles ont été versées par le gérant de la société d’entretien, puis par le gérant d’une autre société qui a succédé à la première, après que H. E. a cassé le contrat initial. Parce que le premier gérant, parti depuis en Ukraine et introuvable, ne payait pas certaines charges dues à son personnel. Mais, auparavant, l’homme avait prévenu le chauffeur de M. Murray, qui a informé le bras droit du milliardaire, avant que la nouvelle n’arrive finalement à ce dernier. L’ancien directeur a été confondu, congédié sine die, puis placé en préventive durant 20 jours.

«Je regrette»

«Je n’aurais pas dû accepter cet argent. Je regrette ce malheureux incident. C’est une énorme erreur que je ne referais pas», a déclaré l’accusé à l’audience. L’incertitude plane sur les montants versés «en cadeau» ou «extorqués», selon les parties. H. E. reconnaît avoir touché 80 000 francs en tout. L’acte d’accusation parle de 250 000 francs perçus indûment et non déclarés à l’employeur. Le procureur demande que cette dernière somme soit versée à l’Etat au titre de créance compensatrice.

Pour sa défense, H.E. estime avoir finalement accepté des «cadeaux» en espèces car son patron ne lui avait pas versé des bonus importants qui auraient été «promis» oralement. A noter que le directeur général touchait environ 25 000 francs par mois pour la gestion des hôtels Murray. L’avocat du groupe, Philippe Reymond, a eu deux heures durant des mots très durs à l’encontre de H.E. Il a évoqué pêle-mêle des méthodes «mafieuses», du «banditisme», de la «manipulation» appliquées par un «directeur corrompu, prétentieux, qui a rançonné de petits nettoyeurs». Me Reymond a plaidé également «la violation du devoir de fidélité et de diligence à l’égard de l’employeur». Le conseil demande que le préjudice soit réparé à hauteur de 320 000 francs.

Avocat de H.E., Stefan Disch a fait part d’un «sentiment d’acharnement» contre son client. «Bien sûr, il n’a pas fait tout juste. Il admet en partie les «pourboires». Mais ce besoin viscéral de lui faire la peau, de le suspendre à un crochet de boucher, n’a aucun sens. Ce n’est pas un criminel.» Le conseil a plaidé le doute qui doit profiter à l’accusé: «Des aspects du dossier sont indémontrables.» Il a aussi fustigé «la peine massue demandée par le procureur». Pour finalement demander à la Cour de n’appliquer à son client qu’une «peine modérée, dans tous les cas assortie du sursis».

L’ancien directeur, qui gère aujourd’hui un restaurant, connaîtra son sort à l’issue de la lecture du jugement, vendredi à 16 h. (24 heures)

Créé: 01.06.2015, 12h23

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