Un éden médiéval a fleuri à Bex

DécouverteOrné de 90 plantes rares, le jardin médiéval du Diable Vert propose de se nourrir, de se soigner, ou de jeter des sorts.

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Vidéo: Aline Ecuyer

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Au cœur de la retraite paisible et fleurie du Diable Vert, à Bex, vient de pousser un éden atypique: un jardin médiéval. Atypique car il n’en existe pas d’autres de ce type en Suisse romande. Il s’inspire du modèle de celui de l’abbaye de Saint-Gall ou du prieuré de Notre-Dame d’Orsan (France). Sur 500 m2, l’association Marmite et Mandragore qui l’a imaginé et qui l’exploite a semé des graines rares, voire oubliées. Autour du puits, des carreaux ont été installés géométriquement à la manière de ce que concevaient les moines des XIIe et XIIIe siècles.

Dans chaque espace, nourri sans engrais de synthèse évidemment, et chéri avec des gestes d’antan, fleurissent 90 variétés de plantes médicinales, aromatiques, légumes, fleurs, dans un objectif de permaculture. «C’est exactement ce que produisaient les moines de l’époque. Leur jardinage – aussi activité méditative – était tourné vers le fonctionnel et le respect de la nature. Les cultures étaient utilisées pour se nourrir, mais encore produire de la teinture, des onguents, des tressages, notamment», détaille Dominique Mottet, membre de l’association.

Ainsi au jardin médiéval, la rustique eupatoire, utilisée pour le tressage, côtoie l’angélique, qui soulageait les maux de dents, ou encore la vivace alchémille, qui atténuait les douleurs gynécologiques. Au détour des parterres, le promeneur découvre encore les moins usités hysope, garance, nigelle, cardamine, indigotier.

Lieu de vie et de recherches

Les membres de Marmite et Mandragore souhaitent rendre le jardin médiéval didactique, ouvert aux passionnés d’histoire, comme aux amoureux de la nature. La démarche va plus loin. Elle est vivante et exhaustive. Il s’agit de proposer de s’essayer à la cuisine, de jardiner, de teindre, tresser et préparer onguents, cataplasmes, baumes… élixirs, en collaboration notamment avec l’Université de Lausanne. Les membres l’assurent: «L’herboristerie côtoiera la sorcellerie et la magie.»

L’expérimentation est déjà en cours dans les cuisines et ateliers. Marmite et Mandragore produit de l’hypocras (vins rouges et blancs relevés par des épices, sucrés au miel), tisanes, teintures ou encore galettes, rissoles, biscuits anciens que n’auraient pas reniés les moines gourmands du Moyen Âge. Bientôt, la bière – brassée avec des plantes utilisées avant la découverte des propriétés du houblon – sortira des fûts. Plus tard, l’association agrémentera le jardin de ruchers, volière, vivier, forge, four à pain. Mais ce n’est pas tout. Le jardin médiéval se veut être aussi scientifique dans tous les domaines qu’il aborde. Des conférences et colloques permettront aux intervenants d’échanger et partager leurs recherches.

Le public est invité à s’approprier le jardin le 29 juin entre 11 h et 23 h. En ce samedi de la Saint-Jean, artisanat, démonstrations historiques, cuisine, magie médiévale, combats, tirs à l’arc l’immergeront aux XIIe et XIIIe siècles.

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Créé: 21.06.2019, 08h37

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