Un oui qui n'a pas l'allure d'une victoire pour Isenau

Les DiableretsVendredi, les élus ont approuvé du bout des lèvres le projet de convention élaboré entre les opposants et la Municipalité. Et y ont ajouté leur lot de conditions.

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Un non aurait presque à coup sûr condamné Isenau. Mais le oui du Conseil communal d’Ormont-Dessus n’a pas l’allure d’une victoire. Vendredi, le parlement a validé à une voix près le projet de convention élaboré entre la Municipalité et la famille Anex, qui possède une résidence secondaire dans le secteur concerné et s’oppose encore, avec Pro Natura Vaud, au plan partiel d’affectation d’Isenau et à la construction d’une nouvelle télécabine.

La majorité des membres de la commission chargée d’étudier cette convention a invité les conseillers à la refuser, répétant que les exigences des opposants étaient «extravagantes», «simplement irrecevables», «à l’encontre des principes d’équité et de liberté» (notre édition du 23 mai). Outre le montant des indemnités à verser, elle s’inquiétait d’un article stipulant que «tous transports et circulation non autorisés sont prohibés quelles que soient les nouvelles affectations admises par le nouveau PPA». «Cela signifie que la convention entre en vigueur, que la télécabine se fasse ou non», a souligné le rapporteur, Philippe Bonzon.

Désaccord municipal

Bouillant, le débat a divisé jusqu’à la Municipalité. Appelés par le Conseil à se prononcer sur la convention, quatre édiles s’y sont dits favorables, «même si, selon notre avocat, elle est truffée de demandes injustifiées mais qui ne portent pas à conséquence pour le domaine d’Isenau», a précisé le syndic, Philippe Grobéty. Seul Dario Pernet a fait savoir son désaccord: «Elle n’est pas équitable et ouvre d’autres problèmes. Un oui ne nous garantit pas qu’Isenau se fasse: nous n’avons toujours pas la garantie de la faisabilité économique du projet.»

Pour prétendre à un soutien cantonal cet automne, la Municipalité doit présenter un permis de construire en bonne et due forme mais également faire la preuve de la viabilité du domaine. «Cette étude n’est toujours pas rentrée. On accuse la famille Anex de bloquer le dossier, mais la Municipalité en est également responsable», a attaqué le conseiller Philippe Pichard. Ce rapport devrait parvenir sur la table de la Municipalité en fin de semaine. Plusieurs voix favorables à la signature de l’accord se sont aussi fait entendre, dont celle de Nicolas Pittet: «Il faut mettre cela en relation avec la perte économique, touristique, la dévaluation des chalets, le déficit en termes d’image…» Les torts causés à la famille Anex ont par ailleurs été en partie reconnus par plusieurs conseillers.

Négociations sans issue?

Si le oui l’a finalement emporté, il ne l’a été qu’à certaines conditions. Il a notamment été décidé de biffer deux articles du projet de convention fixant l’indemnité due en contrepartie de la servitude de passage, notamment pour la pratique du ski de fond et pour les engins de damage, et stipulant que cette indemnité reste valable indépendamment de l’ouverture ou non des remontées mécaniques.

La Municipalité devra donc retourner avec ces propositions auprès des opposants. Reste à savoir si ces derniers sont disposés à rediscuter. N’ayant pas connaissance de la teneur exacte de ces ajouts, la famille Anex, qui a également accordé des concessions sur plusieurs points ces derniers jours, ne se prononce pas.

Elle a adressé au Conseil communal une lettre explicative de la situation. Aucun élu n’a souhaité en entendre lecture vendredi. «Nous le regrettons, réagissent les auteurs. Dans leur majorité, les commissions rencontrées mardi n’avaient déjà pas accordé la moindre attention au courrier dûment motivé remis avant cette séance. A-t-il été transmis aux autres conseillers? Les élus ont-ils connaissance du dossier complet? N’y a-t-il pas un problème fondamental de communication et d’éthique? Que dire lorsque nous nous faisons traiter de «terroristes» par un élu (Ndlr: vendredi en plénum), quand la Municipalité est incapable de nous dire ce que nous avons fait faux? Nous vivons avec de graves menaces pour notre intégrité physique, tout cela pour vouloir défendre nos droits et le respect des règles légales systématiquement violés par les autorités depuis quinze ans. C’est insoutenable pour nous et regrettable pour la collectivité vu que la convention accorde des possibilités bien au-delà du régime légal.»

Si négociations il y a, elles devront se dérouler sans délai: le vote du Conseil pourrait être contesté par un référendum, comme l’a souligné Philippe Pichard. Les éventuels auteurs auront dix jours pour le déposer avant d’entamer la récolte des signatures. (24 heures)

Créé: 26.05.2018, 01h00

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