Une figure de Villars victime d'une attaque de requin

DrameL'Australien David Jewell, personnage incontournable de la station et patron du Cookie Restaurant, est décédé mardi en Nouvelle-Calédonie en pratiquant sa passion du kitesurf.

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Au Cookie Restaurant, à Gryon, une pancarte informe d’une «fermeture exceptionnelle» en ce mercredi noir. Devant le Cookie Deli, au centre de Villars, personnel et habitués laissent place à l’émotion. On se serre dans les bras, on dépose un bouquet de fleurs. Car la station est en deuil. L’une de ses figures emblématiques, l’Australien David Jewell, restaurateur incontournable du plateau de Villars-Gryon et patron de plusieurs enseignes de la place, est décédé mardi, victime d’une attaque de requin en Nouvelle-Calédonie.

Au moment du drame, il s’adonnait au kitesurf à l’intérieur du grand récif de Koumac, au nord-ouest de Grande Terre, l’île principale de l’archipel français, où il devait passer une dizaine de jours.

Le Villardou de 50 ans, originaire de Fremantle (ouest de l’Australie), était de sortie avec plusieurs amis à bord d’un catamaran du nom de Discovery, selon le site australien news.com.au, qui évoque «une crise cardiaque consécutive à une morsure de requin à la cuisse droite». L’attaque s’est produite mardi vers 15 h 30 heure locale, soit 6 h 30 en Suisse.

«Il avait perdu beaucoup trop de sang au niveau de l’artère fémorale derrière la cuisse et, quand les secours sont arrivés, il était déjà décédé»

Interviewé par l’antenne outre-mer de France Info, Wilfried Weiss, maire de Koumac, a notamment expliqué que, «selon la gendarmerie, quatre ou cinq personnes étaient sur l’eau, apparemment personne n’a vu l’attaque, il (ndlr: Dave Jewell) est revenu sur le bateau en disant: «Je me suis fait mordre par un requin», mais il avait perdu beaucoup trop de sang au niveau de l’artère fémorale derrière la cuisse et, quand les secours sont arrivés, il était déjà décédé.»

La «famille Cookie» perd un père

«C’est une perte pour toute la famille Cookie – car nous étions plus que des collègues – mais aussi pour tout un village, raconte Tony Evain, son bras droit au Cookie Restaurant et ami de longue date. Tout le monde l’appréciait, et je n’arrête pas de répondre au téléphone. Tous les clients et sympathisants m’appellent, et ils sont très nombreux. Il a créé des dizaines de postes de travail et il était très proche de ses collaborateurs. Nous allons tous nous réunir aujourd’hui (ndlr: mercredi). C’était un grand, un très grand. Nous avons fermé le restaurant, mais nous rouvrirons dès demain (ndlr: jeudi), il l’aurait voulu.»

Jimmy Barillon peine à contenir son émotion. Lui qui fut l’un des premiers employeurs de Dave Jewell à la fin des années 1990, au Restaurant du Col de Bretaye (Villars), connaissait bien l’homme: «J’ai appris la nouvelle hier (ndlr: mardi soir), c’est dramatique! lâche-t-il entre deux sanglots. C’était un mec formidable, il était partout, dynamique, un travailleur acharné et très grand amateur de sport en général. Il fut cuistot chez moi, puis chef cuistot. Après sept ou huit ans, il a voulu voler de ses propres ailes, avec succès d’ailleurs, et nous nous sommes quittés en très bons termes, mais à mon plus grand désespoir.»

Pour Guy Chanel, directeur marketing de la station, «c’était un bosseur, un bosseur, un bosseur. Il n’avait pas pris de vacances depuis quatre ou cinq ans. Il était très exigeant et il a contribué à élever le niveau du milieu de la restauration à Villars. Lorsqu’il a débarqué sans savoir un mot de français, certains disaient: «V’là l’Australien.» Mais il a très vite appris le français et a su se faire apprécier».

«Il avait le cœur sur la main et un sens inné de l’accueil, ajoute René Gruaz, patron du Restaurant L’Etable, à Gryon. C’était aussi un grand sportif. Il partait à vélo vers 4-5 h, puis s’en allait au boulot. D’ailleurs, quand je le croisais, c’était souvent sur son vélo, à la boulangerie ou au café.» Dans le même registre, Jimmy Barillon se souvient «qu’il montait bosser au restaurant à peau de phoque et redescendait en ski-bob. Ce n’est que l’hiver dernier qu’il avait appris à descendre en ski», évoque-t-il.

«Il voulait justement lever le pied»

«C’était un amoureux de la vie et il en a vécu trois en une, lâche Tony Evain. Une locomotive. Le plus terrible, c’est qu’il avait enfin décidé de lever le pied. Il s’était autorisé à partir voir un ami en Nouvelle-Calédonie deux semaines et prendre du bon temps.» «L’idée de départ, c’était d’arrêter de bosser à 50 ans, confirme René Gruaz. C’était son objectif: faire du business jusque-là et prendre sa retraite. C’est une grosse perte pour la région. Des entrepreneurs aussi dynamiques, il n’y en a pas en quantité industrielle à Villars. Au moins, il est mort en faisant ce qu’il aimait le plus.» (24 heures)

Créé: 07.09.2016, 11h49

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