Vevey confie la gestion de son parc locatif à un tiers

Crise politiqueMotion de Vevey Libre et communiqués en série électrisent le débat à la veille du Conseil communal. Les relations au sein de la Municipalité risquent d'en pâtir

La Municipalité - ici son siège de l'Hôtel de Ville - est divisée après les différents échanges de cette semaine entre la Municipalité et Vevey Libre. Prochain épisode au Conseil communal de ce jeudi soir.

La Municipalité - ici son siège de l'Hôtel de Ville - est divisée après les différents échanges de cette semaine entre la Municipalité et Vevey Libre. Prochain épisode au Conseil communal de ce jeudi soir. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La prochaine séance de Municipalité s’annonce houleuse à Vevey. L’heure sera aux explications entre les représentants de Vevey Libre – Jérôme Christen et Michel Agnant – et les trois autres membres de l’Exécutif – la syndique Verte Elina Leimgruber, le socialiste Lionel Girardin et le PLR Etienne Rivier. Le différend trouve son origine dans le débat sur la gestion des biens locatifs communaux (lire ci-contre). Les accusations fusent dans un sens comme dans l’autre. Explications.

Premier acte, le 5 octobre dernier: les deux élus Vevey Libre sont minorisés lors d’un vote interne de l’Exécutif sur la gestion des 433 biens communaux en location. Celle-ci sera confiée à la Société Coopérative d’Habitation Lausanne (SCHL). La Municipalité attend pour communiquer: la convention avec SCHL n’est pas encore formellement signée.

«Nous sommes à la limite de la rupture de collégialité. Ce qui est certain, c’est que la relation de confiance est rompue»

Le ton monte d’un cran avec le dépôt, dimanche, d’une motion par Vevey Libre. Le texte, qui sera discuté ce jeudi soir au Conseil communal, demande au contraire que la Ville assume elle-même la gérance de ses biens.

Les municipaux de Vevey Libre ont-ils donné l’impulsion? Le reste de la Municipalité semble le penser et y voit une tentative de court-circuiter sa décision. Elle publie dans la précipitation mardi un communiqué pour officialiser sa décision d’externaliser la gestion de ses immeubles. Lionel Girardin est des plus remontés: «Nous sommes à la limite de la rupture de collégialité. Ce qui est certain, c’est que la relation de confiance est rompue.»

Pour preuve, les noms des deux ministres Vevey Libre manquent au bas du communiqué municipal, alors même que Michel Agnant est en charge du dicastère du Logement. Intolérable pour Francis Baud, coauteur de la motion et président de Vevey Libre, qui se fend quelques heures plus tard de son propre texte. Il y dénonce «une tentative de manipulation qui vise à mettre à mal un processus relevant des prérogatives du Conseil communal».

Francis Baud digère en outre mal les attaques contre ses deux ministres Vevey Libre: «Au moment de rédiger notre texte, je n'étais pas au courant qu’une décision avait été prise!» Jérôme Christen, directement pointé du doigt par le reste de la Municipalité, n’entre pas en matière: «Rupture de collégialité signifie se désolidariser publiquement d’une décision municipale, ce qui n’est pas le cas. Le souhait de Vevey Libre d’internaliser la gestion des biens communaux est connu de longue date. Le comité de Vevey Libre s’interroge régulièrement sur la mise en œuvre de notre programme de campagne et ses municipaux doivent expliquer leurs réussites et leurs échecs.»

Et que pense-t-il d’avoir été évincé du communiqué municipal? «Je trouve ça invraisemblable. Nous avons été informés par un courriel dix minutes avant qu’il ne soit transmis à la presse. Je me demande même si c’est collégial.» Francis Baud surenchérit: «Comment la Municipalité peut-elle agir ainsi? Est-elle à côté de la plaque?» «Nous avons au contraire voulu cette communication comme une marque d’apaisement, lance Etienne Rivier, pour éviter tout malentendu sur notre position.»

Conseil tendu à venir

Celle-ci a tout sauf «apaisé» Francis Baud: «Nous avons contacté les autres partis et allons tout mettre en œuvre pour trouver une majorité à notre motion», lance-t-il, remonté. La tâche s’annonce ardue. Sur le papier, le PS apparaît comme un allié de circonstance. Isabel Jerbia avait notamment déposé fin 2016 le postulat «Pour une ville gestionnaire de son patrimoine immobilier». Or, à entendre l’intéressée, rien n’est moins sûr: «Ce que la Municipalité a décidé va partiellement dans le sens de mon postulat, c’est un premier pas. L’Exécutif a choisi une coopérative et non une gérance privée pure et dure. Par ailleurs, à l’heure où des efforts budgétaires sont à l’ordre du jour, il faut être cohérent: la Commune n’a ni les moyens ni les compétences pour mener à bien la mission de gérer son parc locatif.» Les discussions s’annoncent vives ce jeudi au Conseil communal. (24 heures)

Créé: 08.11.2017, 20h41

Un partenaire unique

Les 433 biens du parc immobilier locatif de Vevey sont gérés par quatre partenaires: trois gérances pour l’essentiel et la Ville pour quelques bâtiments. Ce ne sera plus le cas dès juillet. La Municipalité a résilié les contrats avec les trois sociétés et entend trouver une solution unifiée, rattachée au seul dicastère de la Direction des affaires sociales, du logement et de l’intégration. L’objectif est de favoriser un accès au logement pour tous, même aux citoyens moins favorisés. Avec une question de fond: Vevey peut-elle assumer cette tâche seule ou faut-il la confier à un tiers? La Municipalité a opté pour la seconde option et est en voie de signer avec la Société Coopérative d’Habitation Lausanne, a-t-elle annoncé.

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Des dizaines d'automobilistes ont été bloqués dans le Chablais, pendant plusieurs heures pour certains. La situation était également chaotique sur les routes secondaires parsemées de congères.
(Image: Bénédicte) Plus...