À Isenau, le compromis trouvé fâche des élus

Ormont-DessusLa convention entre la Municipalité et les derniers opposants au renouvellement du domaine sera soumise au vote du Conseil communal, vendredi.


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«Exagérés», «intolérables»… Les termes du projet de convention élaboré entre la Municipalité d’Ormont-Dessus et les derniers opposants au plan partiel d’affectation qui régira le secteur d’Isenau, fermé cet hiver ainsi que le prochain, ne sont pas du goût d’une partie des conseillers communaux. Fait rare: dix d’entre eux ont convoqué en urgence une séance afin de débattre de cette convention, ce vendredi.

Parmi les exigences inscrites dans ce compromis, le montant de l’indemnité – 180'000 francs demandés «pour l’utilisation illicite de la route menant à Isenau depuis sa réfection en 2004» – interpelle. «La compétence communale ne dépasse pas 30'000 francs. Pourquoi ce crédit n’a-t-il pas fait l’objet d’une demande au Conseil?» interroge Philippe Pichard, conseiller communal et ancien municipal. Réponse du syndic, Philippe Grobéty: «Notre intention était de prélever ce montant sur le budget de la construction de la télécabine. Le Conseil a eu une autre interprétation.»

Au-delà de cette facture que plusieurs élus interrogés (une dizaine sur les 50 membres du Conseil) jugent «démesurée», d’autres demandes des opposants froissent. «La convention contient des articles très restrictifs ainsi que de nombreuses exceptions, poursuit Philippe Pichard. Selon l’interprétation qu’on en fait, il ne sera plus possible de créer de l’événementiel à Isenau, ni d’y développer des activités quatre saisons.» Son collègue Hugues Ansermoz en doute toutefois: «S’il est validé, ce plan d’affectation permettra de légaliser ce qui existe déjà. Et de nouveaux projets sont en cours d’élaboration: nous avons par exemple donné notre accord pour le passage d’une descente de VTT sur notre terrain.»

«Cette convention soulève des questions qui méritent d’être posées»

Membre de la commission chargée d’étudier cette convention et hôtelier, Patrick Grobéty partage toutefois une partie des inquiétudes: «Selon la lecture de l’avocat de la Commune, cette restriction ne concernerait qu’une petite partie du secteur. Mais cet article soulève des questions qui méritent d’être posées, d’autant que c’est un engagement sans limitation dans le temps.»

Contactés, les opposants ne souhaitent pas s’exprimer dans la presse, «pour privilégier le dialogue avec les commissions». Une réunion avec la commission ad hoc et celle des finances a eu lieu mardi soir. «Si d’autres membres du Conseil souhaitent obtenir d’autres informations sur cette convention, ils peuvent nous contacter», ajoute l’un des opposants.

Muni trop généreuse?
Plusieurs conseillers estiment que la Municipalité a plié l’échine. «Ceux qui l’affirment n’ont peut-être pas le recul suffisant pour comprendre une situation qui n’a pas été réglée depuis de nombreuses années, réagit Éric Liechti, municipal en charge du Tourisme. Il a été très difficile d’arriver à un accord. Des concessions ont été faites de part et d’autre.» Et le syndic Philippe Grobéty d’ajouter: «Une pesée des intérêts a été nécessaire. La question est: que représente Isenau pour notre économie? Le montant de 180 000 francs peut paraître énorme. Mais s’il permet de garantir l’avenir de ce domaine, il en vaut la peine. C’est en tout cas la position que nous défendrons vendredi.» Le municipal Dario Pernet, également présent à la table des négociations, estime que la demande du Conseil de lui soumettre cette convention est positive: «Elle permettra de faire les choses en toute transparence.»

Pour l’heure, les pronostics sont toutefois plutôt pessimistes quant à une acceptation de cet objet. «C’est une situation très compliquée: nous avons besoin d’Isenau. En tant qu’hôtelier, j’ai déjà ressenti les effets de sa fermeture cet hiver, observe Patrick Grobéty. Mais est-ce que nous devons accepter à n’importe quel prix?» Réponse vendredi. (24 heures)

Créé: 23.05.2018, 06h19

Financement remis en cause?

Vendredi, Isenau jouera très clairement son avenir dans les travées du Conseil communal. En cas d’acceptation, la convention sera signée et les opposants se retireront. Mais un refus ouvrira la porte à une procédure au Tribunal cantonal puis fédéral. «Si cette procédure s’engage, le risque existe qu’Isenau ne bénéficie pas du financement cantonal prévu dans le cadre d’Alpes vaudoises 2020», avertit Philippe Grobéty. La quatrième et dernière enveloppe en lien avec ce dossier et qui contiendra également le soutien des installations d’enneigement mécanique des Mosses et de Leysin doit être soumis aux députés cet automne. Pour obtenir ce crédit, la Municipalité, qui porte le projet de reconstruction, doit présenter un plan d’affectation valide, ainsi qu’une preuve de la viabilité économique du projet.

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