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Agés de 15 et 16 ans, les gitans de Muraz sont mariés

Le mariage gitan qui échauffe les esprits des Chablaisiens depuis le début de la semaine a eu lieu dans le calme ce samedi après-midi dans le champ de Muraz, gardé par la police.

«C’est le calme plat.» Postées aux extrémités du vaste champ occupés par des gitans venus de toute l’Europe depuis le début de la semaine, les deux patrouilles de police valaisanne ont pour mission de prévenir tout débordement. Et bloquent donc l’accès au camp à tous ceux qui n’en font pas partie. L’occupation du terrain a provoqué l’ire du paysan qui l’exploite et suscité un vif émoi parmi la population chablaisienne. Tout au long de la semaine, la police a assuré une présence régulière dans le secteur et renforcé son dispositif ce week-end. Pas de quoi rassurer l’agriculteur : «Les caravanes continuent d’arriver, heure après heure. Quand les gitans partiront dimanche, ça sera Hiroshima ici», a-t-il prédit, furibard, vendredi soir.

Ce samedi, en milieu d’après-midi, on en est pourtant loin. Sous un ciel mi-figue mi-raisin, c’est la fête dans le champ de Muraz, où viennent de se marier deux adolescents. «Ils ont 15 et 16 ans. Pff, c’est beaucoup trop jeune», grommelle une quinquagénaire en robe longue. D’où viennent les mariés ? «D’Espagne, je crois», lui fait écho une autre convive, tandis que le jeune couple prend la pose pour les photographes, à l’écart de la fête.

Les hommes ont sorti leur costard trois pièces et gominé leurs cheveux. Les femmes enfilé des robes de couleur vive. Un groupe de dames âgées se querelle à grands cris sous un auvent. Un homme urine derrière une caravane, des enfants courent. Soudain, un homme au visage émacié déboule à grands pas. «C’est moi le chef ici ! Si vous voulez nous parler et prendre des photos, il faut payer !»

De longues palabres et quelques billets plus tard, on accède à la grande tente blanche érigée pour l’occasion. Un chapiteau surmonté de deux grands drapeaux suisses. A l’intérieur, d’innombrables petits fanions à croix blanche. Les haut-parleurs crachent du Barry White et du Michael Jackson. On se bouscule, on danse, on mange. Sur une grande table, des dizaines de cadeaux pour les mariés. Dans un coin, presque autant de fûts de bière. La nuit promet d’être longue. La fête bat son plein et quelques regards peu amènes nous convainquent de quitter les lieux. «Vous pouvez y aller, à condition de ne pas les provoquer», avaient averti les policiers en faction.

Les gitans, eux, ont promis de lever le camp ce dimanche à midi.

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