«Une agression à la «Orange mécanique»

VeveyVictimes d'une bande sur le quai de la gare mardi, Benoît et son épouse en appellent à l'action des pouvoirs publics.

Benoît a été agressé sur le quai 2 de la gare de Vevey. Projeté au sol, sa tête a heurté la main libre de la rampe d'accès.

Benoît a été agressé sur le quai 2 de la gare de Vevey. Projeté au sol, sa tête a heurté la main libre de la rampe d'accès. Image: Chantal Dervey

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Benoît de Rous est au bout du fil, mais il préfère laisser la parole à son épouse. Psychologiquement, il est atteint après l'agression dont il a été victime mardi en gare de Vevey, sur le quai numéro 2. Même si elle a eu la peur de sa vie, Anne-Sophie ne veut toutefois pas s'arrêter à leur situation particulière. «Nous ne sommes pas animés par un esprit de vendetta, mais sommes par contre dans celui de faire bouger les choses, explique-t-elle. Nous avons reçu de nombreux témoignages de personnes et amis victimes d'agressions du même type. Nous voulons que les pouvoirs publics interviennent. Si personne ne fait rien, ces malfrats jouiront d'un sentiment d'impunité.»

Retour sur les faits. Benoît et Anne-Sophie attendent le train qui doit les ramener chez eux lorsque «un groupe de six à huit jeunes hommes ont débarqué en se battant puis ont entrepris de vandaliser le distributeur Selecta (ndlr, sur le quai 1). J'ai eu une réaction suffisamment visible pour que le groupe estime qu'il était dans leur bon droit de s'empresser de venir me corriger», ironisait Benoît sur sa page Facebook jeudi soir. Un post qui en était à près de 400 commentaires et 1800 partages vendredi en milieu d'après-midi.

Provocations, crachats, mais plus encore une pluie de coups, à l'aide d'une bouteille, des poings et des pieds. Un dernier à l'arrière du crâne projette le jeune homme sur la rampe d'accès au quai. Sa mâchoire heurte la main courante. Il s'effondre. «C'était une agression à la «Orange mécanique». J'ai cru au pire», ajoute Anne-Sophie. Heureusement, Benoît se remet sur pied. Les agresseurs, mineurs pour la plupart, sont déjà loin.

Arrêtés et relâchés

Les malfrats sont vite identifiés par les agents intervenus sur place, a appris le couple. Mais presque aussi vite relâchés. «Ils sont ce soir (ndlr, jeudi soir) en liberté et ont tenté d'agresser, toujours en bande, un de nos amis en gare de Vevey pour lui voler son blouson», écrit encore Benoît . «Une autre de nos amies a aussi porté plainte pour un autre cas, mais la plupart disent renoncer, par peur des représailles, d'en dire trop en cours d'audience», regrette Anne-Sophie.

Cette dernière a des mots de reconnaissance pour les agents «bienveillants» intervenus mardi. Les échanges avec eux sur leurs conditions de travail laissent en revanche le couple perplexe. «Il apparaît qu'à Vevey les policiers réclament en vain des moyens logistiques et juridiques et qu'au niveau politique rien n'est entrepris pour stopper la gangrène», selon Benoît. Son épouse surenchérit: «Les problèmes de vandalisme, de violence, de deal de drogue dans la gare sont connus, mais les agents se sentent démunis. La vidéosurveillance pourrait être un début de solution, mais on nous dit que la gare est le territoire privé des CFF.»

Au niveau politique, la question de la vidéosurveillance est revenue régulièrement au fil des ans et des faits divers faisant grand bruit. Ce fut le cas après le énième braquage de la bijouterie Meylan en août 2015, le sixième en vingt ans. Sans que la pose de caméras sur des lieux stratégiques séduise les élus, peu convaincus par l'efficacité d'un tel système: «Cela nécessitait une autorisation du Canton, qui jugeait que cela n'avait pas lieu d'être, explique Etienne Rivier, municipal de la Police. Il n'y avait pas assez d'éléments justifiant des caméras sur l'espace public.» De plus, un changement du règlement intercommunal aurait nécessité une approbation des dix Conseils communaux de la Riviera.

Même situation de blocage à La Tour-de-Peilz, où une partie de la Municipalité penche pourtant en faveur de caméras dans le périmètre de la gare à la suite de nombreuses déprédations constatées en ville. Inutile à ce stade, selon la police, statistiques à l'appui. «C’est uniquement parce que les gens jugent inutile et sans espoir de porter plainte. Or il faut le faire si l’on veut que le problème soit pris à bras-le-corps!» réagissait le syndic de La Tour-de-Peilz, Alain Grangier, en mars dernier dans nos colonnes.

Vendredi, ni la police cantonale ni l'Association Sécurité Riviera n'étaient en mesure de répondre à nos sollicitations concernant l'agression de mardi.

Créé: 15.11.2019, 15h55

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