A Aigle, la campagne éclair évince les questions de fond

PolitiqueLes candidats à l’élection complémentaire ont seize jours ouvrables pour se faire connaître. Ils vont à l’essentiel.

Les affiches électorales ont commencé à fleurir dans les rues d'Aigle à la veille de Noël

Les affiches électorales ont commencé à fleurir dans les rues d'Aigle à la veille de Noël Image: Chantal Dervey

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Rarement on aura vu campagne électorale plus ramassée: seize jours ouvrables pour un premier tour à boucler en moins d’un mois, entrecoupés par la période des Fêtes, les fériés et les vacances. «On regrette ce timing, déplore le candidat de l’Entente aiglonne (EA) Philippe Bellwald. Cela ne permettra pas aux gens de se faire une idée et on s’achemine vers un faible taux de participation. Ce n’est pas bon pour la démocratie! Mais nous sommes tous logés à la même enseigne.»

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les cinq candidats en lice pour reprendre le fauteuil vacant de Piero Ruggiero ont néanmoins mis un coup d’accélérateur pour monter une campagne éclair. Ont-ils cherché à marquer leur présence de manière plus forte qu’à l’accoutumée pour compenser? Pas vraiment.

Un arsenal classique

L’arsenal déployé reste des plus classiques: tous-ménages, stands dans les rues, petits cadeaux, activité sur les réseaux sociaux et campagne d’affichage à slogans vagues. Hormis les couleurs des partis traditionnels, peu d’éléments mettent en relief la personnalité ou le programme de chacun.

Sur le terrain, certains espèrent faire la différence en proposant quelques variantes au menu de base. Le PLR Fabrice Cottier a préféré le vélo triporteur au stand fixe: «Avec une équipe qui m’accompagne à pied, nous voulons aller à la rencontre des gens plutôt que l’inverse.» Carlo Carrieri (PS) profite de son temps libre pour du démarchage direct auprès d’associations: «Je dois intensifier mes efforts car une partie de notre électorat, issue de l’immigration, profite des Fêtes pour rentrer au pays. Je vais être beaucoup plus présent à partir du 4 janvier.»

L’UDC François Deladoey, qui a mis un point d’honneur à ne pas battre le pavé pendant les Fêtes «par respect des gens pendant cette période», a choisi de se rattraper dès le 3 janvier en offrant l’apéro devant son bureau en vieille ville toutes les fins de journée. «C’est ma manière de montrer que je veux être à disposition et à l’écoute des gens.» Quant à l’indépendant Jean-Luc Duroux, il mise sur un emplacement stratégique pour rencontrer ses électeurs: «Comme je travaille à Lausanne, les gens me reprochent de ne pas me voir beaucoup à Aigle. J’ai choisi d’aller le samedi à la déchetterie communale. C’est l’endroit idéal pour rencontrer la population qui vit vraiment ici.»

Peu de débat de fond

Le fond est par contre un peu le grand absent de cette campagne. Les positions et des uns et des autres pour la ville d’Aigle sont peu marquées. Tous les candidats, Aiglons pur sucre ou installés de très longue date, misent avant tout sur leur réseau. «Les gens vont surtout voter pour celui qu’ils connaissent et apprécient, évalue le PLR Fabrice Cottier. Pour ceux qui ne nous connaissent pas, la tête qu’ils auront vue en ville fera la différence.» Un avis partagé par l’UDC François Deladoey, qui ajoute: «Au-delà de cela, les électeurs vont soupeser qui ils verraient le mieux travailler en collège. N’oublions pas qu’il s’agit d’une complémentaire!» «Le public me connaît par mon engagement professionnel. Pour autant, je ne crois pas que les convictions politiques soient totalement évincées», nuance le syndicaliste Carlo Carrieri.

Complémentaire, court délai, probable ballottage au premier tour: tout semble réuni pour réduire les enjeux du scrutin du 14 janvier, et certains parlent de «petite campagne»: «La personnalité qui entrera à la Municipalité n’aura qu’une influence limitée, analyse Philippe Bellwald, de l’EA. L’impulsion générale est donnée par le programme de législature. Le nouvel élu ne pourra pas le modifier fondamentalement.» «Je ne mets délibérément pas toutes mes forces dans ce premier tour, complète François Deladoey. Le second sera déterminant. C’est là qu’il faudra avoir de l’entrain pour faire la différence.»

Le 2e round probable doit s’achever le 4 février. Ceux qui rempileront auront de nouveau 16 petits jours pour s’illustrer. (24 heures)

Créé: 29.12.2017, 17h24

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