L'Alimentarium s’invite à l’école et à la maison

VeveyLe musée a lancé une plate-forme web d’apprentissage sur l’alimentation. Pour 24 heures, des enfants ont testé cet outil gratuit.

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L’Alimentarium, musée de l’alimentation, entame sa mue lundi. Avant ces travaux prévus jusqu’en juin 2016, l’institution veveysanne propriété de Nestlé ouvre au public ce week-end. Mais elle a aussi mis en ligne avant l’été une plate-forme d’apprentissage, l’Alimentarium Academy, accessible sur Internet gratuitement, dont les enseignants se serviront dès cette rentrée. «Le musée a une bonne audience, mais relativement locale. Grâce à cette plate-forme, il pourra l’accroître au-delà du Bassin lémanique, vers la France ou la Belgique, car le but de tout musée est d’avoir un impact sur la société», constate Pierre Dillenbourg, prof à l’EPFL, qui a conseillé l’Alimentarium pour ce projet. Tour d’horizon de l’outil, avec des enfants de 8 à 16 ans qui se sont prêtés au jeu pour 24 heures.

Curieux d’ailleurs et d’histoire

Saviez-vous que les premières cultures de blé datent de 8000 ans av. J.-C. Que la pastèque vient d’Afrique? Ou que le terme maya signifie maïs? Et la pyramide alimentaire asiatique? Inversée par rapport à la nôtre! Les enfants se montrent passionnés par ces représentations d’un ailleurs géographique ou temporel. «C’est ce qui m’apprend le plus!» s’enthousiasme Louis Sandoz, 15 ans. Ils souhaiteraient entendre encore davantage d’anecdotes sur les expériences autour de la digestion. Comme l’Italien Lazzaro Spallanzani, qui, au XVIIIe siècle, a dissous de la chair de bœuf avec son vomi. Ou l’Américain Beaumont, qui a prélevé au XIXe des sucs gastriques directement dans l’estomac d’un de ses patients blessé.

Les 8-10 ans habitués de l’Alimentarium connaissaient déjà les fondamentaux, comme Milo Pavera, 9 ans, qui a reconnu les dessins et vidéos du musée. «Mais il y a des mots qui ne sont pas utilisés à l’Alimentarium, comme ceux autour de l’anus.» La partie la plus drôle? Evidemment les borborygmes et autres gaz. «On apprend que certains proviennent de maladies», constate Noah Rosato, 14 ans. Ou que le plus long hoquet a duré soixante-huit ans! «On a quand même appris des choses difficiles», constate Jaya Perlotto, 8 ans. «Je ne savais pas que la langue était un muscle», souligne Hugo Lopez-Belmonte, 9 ans.

Jeux pour approche inductive

La plate-forme contient ces cours appelés MOOCs (lire ci-contre) comme des supports et cinq jeux. Là, enthousiasme chez les enfants. Comme Isidore Tschanz, 13 ans, pour Digestix (où il faut poser les organes au bon endroit pour bien digérer et gagner des points): «Le design est bon et dynamique. Il faut faire preuve de stratégie. J’adore, même si ce n’est pas si facile.» Les plus jeunes sont absorbés à trouver les bons aliments pour reconstituer des plats de pays lointains dans le jeu Aliments du monde.

«Les jeux ont été pensés comme des devoirs, explique Sabrina Visintin, responsable de la communication à l’Alimentarium. Ainsi, de mauvais scores peuvent indiquer aux enseignants qu’un élément n’a pas été assimilé et qu’il doit revenir dessus.»

«Il y a deux grandes approches: déductive ou inductive, explique Pierre Dillenbourg. Cette dernière est plus riche et les élèves assimilent plus durablement, mais elle est plus difficile à mettre en œuvre en classe car il faut les laisser explorer. Les jeux et autres quiz permettent cette approche-là, en revenant ensuite en classe sur la théorie avec l’enseignant.»

Le problème de la forme

Sur la forme des cours, les 8-12 ans n’ont pas grand-chose à redire. Les ados, au contraire, pouffent de la gêne des scientifiques devant la caméra. «Cette femme parle de manière trop saccadée, on dirait un GPS», rigole Moira Rosato, 12 ans. Habitués à l’interactivité, ils sont très critiques sur la présentation. «On n’est pas toujours obligés de les voir parler! critique Noah. Il faudrait davantage d’images, des définitions lorsqu’un terme est trop compliqué. Par exemple, montrer correctement sur la carte où se trouvait la Mésopotamie.» Bref, quelque chose «de plus décontracté», avec «plus de conviction» et «moins froid».

Selon Pierre Dillenbourg, les vidéos ne sont pas forcément à montrer à tous les enfants: «Les contenus sont en adéquation avec les plans d’étude romand et français. Mais le but n’est pas de remplacer les leçons! L’enseignant garde son rôle et son intelligence pédagogique de montrer telle ou telle chose en fonction de l’avancement de sa classe et de l’âge des enfants.» «Nous leur servons des contenus sur un plateau, renchérit Sabrina Visintin. Nous ajusterons encore certaines choses pour la rentrée.»

Portes ouvertes ce week-end, de 10 h à 18 h. Alimentarium Academy: http: learning.alimentarium.ch

Créé: 20.08.2015, 12h23

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