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L’anniversaire du Centre tibétain fait resurgir un différend vieux de 400 ans

L’école, 40 ans cette année, n’est pas en odeur de sainteté auprès du dalaï-lama. Le centre se dit victime d'un «jeu de pouvoir».

Le Centre des hautes études du Mont-Pèlerin, sur les hauts de Vevey, est critiqué dans certains milieux bouddhistes pour sa vénération de la déité Shugden.
Le Centre des hautes études du Mont-Pèlerin, sur les hauts de Vevey, est critiqué dans certains milieux bouddhistes pour sa vénération de la déité Shugden.
Odile Meylan

Le Centre des hautes études tibétaines du Mont-Pèlerin a 40 ans. Né des efforts et de l’argent d’Anne Ansermet, fervente bouddhiste et fille du célèbre chef d’orchestre Ernest Ansermet, il accueille depuis 1977 des moines, nonnes et fidèles du monde entier, dans son écrin de verdure avec vue sur le lac.

A quatre reprises, le dalaï-lama a honoré le centre d’une visite entre 1979 et 1988, rappelait-on dans ces colonnes le 25 août dernier. L’article a toutefois suscité de très vives réactions dans les milieux bouddhistes: depuis les années 1990, les relations entre les instances suprêmes et le centre des hauts de Vevey se sont distendues jusqu’à disparaître. La raison? La vénération de la déité Shugden. Considérée comme puissance protectrice par ses pratiquants, elle est jugée néfaste dès 1996 par le dalaï-lama, qui a appelé à en abandonner le culte.

«Notre communauté tibétaine en Suisse n’adhère plus aux agissements sectaires de ce centre et ne le considère plus comme notre lieu spirituel», lance d’emblée Tenzin Lhamo, présidente de la communauté tibétaine de Lausanne. De même, les communiqués officiels du dalaï-lama et du gouvernement tibétain en exil enjoignent aux croyants d’abandonner ce culte.

«C’est une polémique au sein de l’école gelugpa, l’une des quatre principales que compte le bouddhisme et à laquelle se rattache le dalaï-lama, explique Myriame Marti, secrétaire de l’association lausannoise Rigdzin Suisse, qui a contribué à la venue du leader à Lausanne en 2009 et à Fribourg en 2013. Une partie des adeptes vénère le Shugden contre l’avis du dalaï-lama et certains manifestent lors de ses visites.»

Au centre du Mont-Pèlerin, Helmut Gassner, assistant du directeur Gonsar Rinpoché, dénonce «un jeu de pouvoir dans l’entourage du dalaï-lama qui n’a pour conséquence que la division des Tibétains. L’interdiction du dalaï-lama ne trouve aucune justification historique ou d’un point de vue bouddhiste.»

Pour Alain Plattet, le débat complexe et ancestral autour du Shugden est d’ordre politique, personnel et religieux, et il serait faux de le réduire aux vingt dernières années: «Les premières tensions remontent à quatre siècles et elles sont à l’origine d’un schisme au sein du bouddhisme ces dernières années, explique l’assistant de Namkha Rinpoché, responsable spirituel de l’association Rigdzin Suisse. Cela dit, à mon sens, la position du dalaï-lama va dans une logique d’apaisement. Son message est: oui au Shugden, mais pas dans mon école, pas sous mon égide.»

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