L’Arsenal d’Aigle n’a pas encore rendu les armes

TransactionLa Commune est intéressée de longue date à acquérir cette parcelle stratégique proche de la gare. Expertise en cours.

L'Arsenal fédéral d'Aigle, une parcelle hautement stratégique pour la Commune.

L'Arsenal fédéral d'Aigle, une parcelle hautement stratégique pour la Commune. Image: Chantal Dervey

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Il ne se passe pas une semaine à Aigle sans qu’un quidam vous arrête pour vous informer que «l’arsenal est à vendre l’an prochain», puis sans qu’un autre vous questionne sur l’éventuel achat par la Commune. Et pourquoi pas sur l’éventualité d’y construire le futur gymnase? Las! L’option a d’ores et déjà été éliminée par le Canton. Une partie de l’Arsenal fédéral d’Aigle, qui se déploie sur 4,5 hectares à portée de fusil de la gare, pourrait, néanmoins être vendue par sa propriétaire, la Confédération helvétique. Pour l’heure, les Aiglons continuent de voir régulièrement des bataillons de soldats déambuler en ville après leurs cours de répétition dans le quartier du Molage.

«Seulement une partie du site de l’Arsenal d’Aigle se trouve dans le parc immobilier disponible de la Confédération, soit les objets à désinvestir. L’autre partie demeure dans son parc principal. Il contient deux bâtiments construits au nord du site», annonce Kaj-Gunnar Sievert, porte-parole d’Armasuisse Immobilier. Ce centre de compétence gère 24'000 hectares de terrain et plus de 7500 bâtiments et ouvrages pour le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports. Récemment, des biens ont été vendus à la Commune de Bex. Le fort de la Braye, à Château-d’Œx, fait partie du programme de désinvestissement depuis des années. Il y a des intéressés. «Le site de la Braye est toujours en procédure de vente. Il ne nous est pas possible de communiquer à ce stade», précise Kaj-Gunnar Sievert.

Prudence de mise

Pour le bien aiglon, la prudence reste de mise: «La vente de l’Arsenal fédéral est un sujet qui revient régulièrement. Tantôt, la Confédération annonce qu’elle vend. Et le coup d’après, elle ne vend plus», résume Pascal Broulis, conseiller d’État. Versatile, Berne, avant d’imaginer se séparer de ce bien, y a investi quand même la bagatelle de 7,5 millions de francs entre 1995 et 2000.

«La Confédération a en effet changé d’avis plusieurs fois ces dernières années», ajoute le syndic, Frédéric Borloz, qui indique que les autorités aiglonnes sont intéressées depuis quinze ans à conquérir l’arsenal, tout ou partie. Car la parcelle est hautement stratégique. «Il est clair que nous souhaitons que ce soit la Ville qui achète. Nous voulons éviter qu’un promoteur nous passe devant avec un projet qui ne conviendrait pas à la cité», confiait le syndic à «24 heures» en 2014.

Il faudra du temps

Ainsi, les autorités aiglonnes ont mandaté l’État de Vaud pour mener une expertise sur les avantages et inconvénients d’une telle acquisition. «La Commission d’expertise immobilière du Canton de Vaud, qui est indépendante, rendra un rapport à la Commune. Mais ce n’est pas encore d’actualité. C’est un dossier qui va prendre encore beaucoup de temps, sachant qu’en cas de vente éventuelle il faudra encore la légaliser à minima avant d’envisager une quelconque utilisation pour cette parcelle», détaille Pascal Broulis.

Il appartiendra le cas échéant à la Commune de préparer de nouvelles affectations de la zone, dont la vocation n’est pas industrielle. «Cela prendra plusieurs années, considérant qu’il faut entreprendre une démarche participative, une réflexion d’experts, un travail d’intégration urbaine par les services communaux, puis un passage au Conseil communal. Les perspectives doivent être dessinées sans préjugés vu l’importance que revêt ce site pour la Ville, même si j’ai bien quelques idées, mais les Aiglons aussi. Il faut entreprendre cette démarche libre d’idée préconçue», conclut Frédéric Borloz.

Créé: 22.10.2019, 06h50

Histoire

Le terrain avait été offert à Berne
Dans un message à l’appui du projet de construction d’un arsenal à Aigle publié en 1914, le Conseil fédéral constatait qu’il avait été impossible de désigner Morges comme place de mobilisation du 5e régiment d’infanterie de montagne. La raison?

Les magistrats indiquaient qu’on ne trouvait pas, dans toute la région de La Côte, d’animaux de bât habitués à la montagne. Cet obstacle s’avérait donc rédhibitoire pour l’opportunité morgienne.

L’administration militaire a alors proposé d’«élever cet arsenal à Aigle». Élément cocasse, le terrain sur lequel fonctionne encore l’arsenal avait été offert par la Commune.

Comme si cela ne suffisait pas, la Ville avait pris en charge les conduites d’approvisionnement pour l’eau et garanti l’installation de l’électricité et du gaz à proximité de l’arsenal. Montant de ces gracieux cadeaux: 125'000 fr. de l’époque. C.BO.

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