L’avenir de la Cour aux Marchandises ressemble à une impasse

UrbanismeLa population de Vevey a rejeté le projet des CFF de 350 logements au centre-ville. En l’absence de plan B, tout semble bloqué.

Une partie du comité référendaire jubilait dimanche quelques minutes à peine après l’annonce du résultat. Celui-ci appelle la Municipalité a réviser les règles en matière de construction à Vevey et à envisager l’idée d’exproprier les CFF à la Cour aux Marchandises.

Une partie du comité référendaire jubilait dimanche quelques minutes à peine après l’annonce du résultat. Celui-ci appelle la Municipalité a réviser les règles en matière de construction à Vevey et à envisager l’idée d’exproprier les CFF à la Cour aux Marchandises.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Dans les urnes, les Veveysans n’ont pas voulu de 800 à 1000 nouveaux habitants à deux pas de la gare, sur un terrain des CFF. La friche restera-t-elle en l’état «vingt ans au moins», comme l’a prédit Susanne Zenker, cadre chez CFF Immobilier? Ebauches d’hypothèses.

Les CFF passeront-ils en force?
Les CFF possèdent les droits à bâtir pour leur parcelle de 2 hectares et demi. Le plan partiel d’affectation (PPA) de la zone a été refusé par les Veveysans. Et si les CFF déposaient un nouveau projet sans passer par un PPA? Des oppositions pourraient être formulées lors de la mise à l’enquête, mais être ensuite levées, laissant la voie libre à une sanction finale devant les tribunaux. «Un doute subsiste. Il n’est pas exclu que la justice leur donne raison sur les droits à bâtir, selon Julien Cainne, chef du Service de l’urbanisme de Vevey. Mais nous pourrions arguer de l’obligation d’un PPA au vu de l’ampleur de la parcelle, qui demande une attention particulière.»

Du côté des CFF, on balaie pour l’heure cette piste: «Nous avons l’habitude de travailler en partenariat avec les communes. Passer en force n’est pas prévu, d’autant que les droits à bâtir actuels n’augurent a priori pas d’un projet de qualité, au contraire de ce qui était prévu avec le PPA», soutient Guillaume Dekkil, chef de projet chez CFF Immobilier.

«Pas de plan B»
«Nous l’avons répété: nous n’avons pas de plan B», martèle Guillaume Dekkil. Quid de l’obligation faite aux CFF par la Confédération de se constituer un parc locatif? «Nous concentrons nos efforts dans des villes où nous sommes soutenus.» Et si la Municipalité de Vevey élaborait un autre projet? Guillaume Dekkil est sceptique et agacé: «Le PPA émanait de l’Exécutif et du Conseil communal. Nous avons dépensé beaucoup de temps et d’argent pour développer le projet et informer. Cela fait neuf ans que nous dialoguons avec les autorités. Nous n’avons pas prévu de remettre l’ouvrage sur le métier.»

Alors que les CFF semblent lui claquer la porte au nez, la Municipalité reste optimiste. «Il faut laisser le temps aux gens de digérer, estime la syndique Elina Leim­gruber. Nous en rediscuterons tranquillement dans trois semaines.» Pour proposer quoi exactement? Mystère, car l’Exécutif, lui non plus, n’a prévu aucun plan B. Pas plus que les référendaires (lire ci-dessous). «Nous devons d’abord interpréter les raisons du vote», estime Jérôme Christen, municipal de l’Urbanisme.

Exproprier pour le collège?

Les CFF ne veulent pas vendre leur terrain. Question récurrente: pourquoi ne pas les exproprier de cette parcelle stratégique au centre? Certains – l’avocat Pierre Chiffelle en tête – y verraient bien le futur collège, projeté à Gilamont mais retoqué par la justice, car inondable. Bastien Schobinger, conseiller communal UDC, doute de cette option: «Il faudrait un intérêt public prépondérant! Nous devrions prouver qu’on ne peut pas mettre notre collège ailleurs. Or la Ville possède du terrain à côté du Collège Bleu. Exproprier la parcelle adjacente, propriété de la famille de M. Gonthier, me semblerait plus aisé qu’exproprier les CFF.»

Directement visé par cette pique, Alain Gonthier a été le fer de lance des opposants à la Cour aux Marchandises. En quatre ans, il a collecté des signatures pour trois référendums. Récoltera-t-il des paraphes pour proposer un collège en ville? «Non, car le projet de Gilamont est susceptible de se débloquer. Nous ne voulons pas absolument d’un collège au centre: nous voulons que la Municipalité y réfléchisse comme plan B si le projet de Gilamont devait s’enliser.»

Une possibilité écartée par Elina Leimgruber: «Nous sommes confiants pour l’implantation à Gilamont. Nous procéderons d’ailleurs ce printemps à la mise à l’enquête complémentaire, intégrant les remarques de la justice.»

Déchetterie en sursis
Suite au vote, des Veveysans se réjouissent, à tort, que la déchetterie puisse demeurer sur la Cour aux Marchandises. Or elle ne dispose d’un bail des CFF que jusqu’au 30 juin 2018. «Il n’y a aucune garantie que le bail soit prolongé. Aucune décision n’est prise pour l’instant», dit Guillaume Dekkil. (24 heures)

Créé: 14.02.2017, 16h31

Articles en relation

Vevey dit non à 350 nouveaux logements

Votation Les citoyens de la Ville d'images ont refusé à 52,65% le vaste projet de CFF Immobilier sur la friche de la Cour aux Marchandises. Plus...

La Cour aux Marchandises suscite une véritable guerre des chiffres

Vevey Le 12 février, les citoyens voteront sur ce vaste projet de quartier. Retour sur six points âprement débattus. Plus...

Référendaire

Les «Neinsager» ne craignent pas l’immobilisme

Les référendaires, opposés au projet des CFF, souhaitent un «moratoire sur tout nouveau projet d’envergure», jusqu’à l’adoption d’un plan général d’affectation. Ce qui prendrait «entre cinq à dix ans», selon le Service de l’urbanisme. Pendant ce temps, aucun projet conséquent dans une ville en manque de logements? «Un tel moratoire n’a pas d’existence légale», estime Jérôme Christen, municipal de l’Urbanisme.

Les référendaires ont-ils une idée pour la Cour aux Marchandises? «Nous ne sommes pas un bureau d’architectes», répond Alain Gonthier, élu de Décroissance-Alternatives et fer de lance des référendaires. A force de s’opposer aux projets de la Ville (Rivage en 2013 et Savoie en 2015), certains le qualifient, lui et ses collègues, de «Neinsager». Alain Gonthier conteste l’immobilisme: «Nous avons contacté des professeurs d’architecture pour que des étudiants élaborent des projets au Rivage. Cela a échoué.

Là aussi, les gens prédisaient une friche pendant vingt ans. Or c’est bien utilisé, tant par la patinoire que par le Festival Images. Quant à Savoie, nous attendons les évaluations de la Municipalité, propriétaire des lieux.» Y créer une coopérative comme à la Valsainte? «Impossible tant que les intentions du propriétaire ne sont pas claires.»

Paid Post

Le casual dating est-il fait pour vous?
L’idée d’une rencontre purement sexuelle sans aucun engagement peut paraître séduisante, mais une petite mise au point s’impose.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.