L’avenir des Pléiades est suspendu à un téléski

Sports d'hiverBlonay et St-Légier doivent remplacer le téléski de La Châ, pièce maîtresse du domaine skiable de basse altitude. Une étude est lancée.

Emblématique, le téléski de La Châ, vieux de plus de 60 ans, représente pour beaucoup de jeunes skieurs de la Riviera l’aboutissement d’un apprentissage du ski alpin ou du snowboard. Il offre les plus belles pistes de la station.

Emblématique, le téléski de La Châ, vieux de plus de 60 ans, représente pour beaucoup de jeunes skieurs de la Riviera l’aboutissement d’un apprentissage du ski alpin ou du snowboard. Il offre les plus belles pistes de la station. Image: DR/Sébastien Dumusque

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Datant de 1954, renouvelé en 1975, le téléski de La Châ aux Pléiades, à 1300 m d’altitude, arrive en bout de course. Son exploitation future est désormais conditionnée à son remplacement, au plus tard en 2020. Le coût de l’opération est estimé pour l’heure entre 1 et 3 millions de francs, selon la variante retenue. Il s’agit de satisfaire aux exigences sécuritaires imposées par le Concordat Intercantonal pour les Téléphériques et Téléskis (CITT).

«Compte tenu du réchauffement climatique, c’est un sacré dilemme, explique Alain Bovay, syndic de Saint-Légier. Mais si nous privons la station de cette installation, nous lui enlèverions une bonne partie de son attractivité.» Au Conseil communal de Saint-Légier, lundi, l’argument a porté: les élus ont accepté d’octroyer un crédit pour étudier le renouvellement du téléski. Ils ont été suivis, mardi, par leurs homologues de Blonay - l’autre commune territoriale - qui ont libéré la deuxième moitié du financement de l’étude se montant à 180'000 francs au total.

«Le téléski de La Châ est une pièce maîtresse du site»

Ce qui réjouit Sébastien Dumusque, président de la Coopérative des Pléiades, en charge de l’exploitation du domaine skiable: «Le téléski de La Châ est une pièce maîtresse du site. S’il disparaissait, cela priverait les skieurs avancés, en quête de pentes appropriées à leur niveau, en termes de variété de glisse et de longueur, des plus belles pistes des Pléiades.»

Première station préalpine

Emblématique, cette installation historique représente en effet pour beaucoup de jeunes skieurs de la Riviera l’aboutissement d’un apprentissage du ski alpin ou du snowboard. Les classes de neige et les familles l’apprécient durant les vacances scolaires et les week-ends. Dans le canton, l’École suisse de ski et de snowboard des Pléiades se situe d’ailleurs au 4e rang en ce qui concerne le nombre de leçons données, après Villars, Leysin et Les Diablerets. Ce qui confirmerait l’intérêt pour ce site, facile d’accès. Et qui sert de cadre à l’Erika Hess Open ainsi qu’à un traditionnel Slalom géant (Slagep).

«Le ski, ici, est condamné. Il faut prévoir des activités sans neige»

Pour autant, le renouvellement du téléski de La Châ n’est pas gagné. Car des voix s’y opposent déjà: «C’est un projet mort-né, estime Arnaud Jaunin, conseiller communal Verts Ouverts (VO) à Saint-Légier. Le ski, ici, est condamné. Il faut prévoir des activités sans neige.» D’autres ne sont pas de cet avis, invoquant le microclimat des Pléiades, première grande barrière montagneuse avec les Rochers-de-Naye depuis l’Atlantique. «De plus, ici, on skie sur des pâturages, ajoute Sébastien Dumusque. Vingt centimètres suffisent pour s’adonner aux joies de la glisse.»

Le nombre de jours d’exploitation annuelle du téléski de La Châ (32 en 2017) est cependant généralement inférieur à celui de la station (60 jours en moyenne durant les 14 dernières années). Cela en raison de l’altitude moins élevée de sa station de départ, mais aussi des pannes techniques dues à la vétusté de l’installation.

Les deux municipalités ne contestent pas la problématique de l’enneigement dans cette station de basse altitude. Elles n’envisagent d’ailleurs pas de recourir à de l’enneigement artificiel, mais de privilégier l’orientation nord du site dont le téléski de La Châ profite particulièrement. À leurs yeux, la rénovation de l’installation permettra de pérenniser le site dans son ensemble, également grâce à une diversification de la clientèle. «Il y a des attentes pour des activités quatre saisons, acquiesce Dominique Martin, syndic de Blonay. Mais s’il faut doter le nouveau remonte-pente en équipements pour des trottinettes et des vélos, son coût sera plus élevé. Et des activités durant toute l’année engendreront des coûts d’exploitation supplémentaires, de surcroît.» «Pour l’heure, tout reste ouvert, conclut Dominique Epp, municipal à Saint-Légier. Mais nous préférerions ne pas devoir renoncer à ce projet.» (24 heures)

Créé: 05.11.2017, 13h55

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