Une bande d’asphalte en bordure d’autoroute divise trois communes

Mobilité douceBlonay décide ce mardi si elle construit un trottoir sur sa portion du chemin des Boulingrins. Saint-Légier veut modifier le projet, voté de mauvaise grâce par La Tour-de-Peilz

Ancienne piste de chantier en bordure d’autoroute, le chemin des Boulingrins doit être élargi et réaménagé.

Ancienne piste de chantier en bordure d’autoroute, le chemin des Boulingrins doit être élargi et réaménagé. Image: Florian Cella

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Ces derniers mois, les automobilistes de Vevey et de La Tour-de-Peilz ont, par la force des choses, fait connaissance avec le chemin des Boulingrins, ancienne piste de chantier de l’A9 qui longe sur 1 km l’autoroute et le domaine du château d’Hauteville, au-dessus de Vevey.

En raison de travaux sur l’un des deux axes d’accès à l’autoroute, c’est par ce chemin qu’était déviée la circulation pour l’A9 et l’A12.

Cette bande d’asphalte revêt en fait une importance stratégique: davantage utilisée par les habitants de l’est de Blonay, elle permettrait de désengorger le centre de Saint-Légier. Les autorités de La Tour-de-Peilz souhaitent également que les citoyens habitant le nord de la commune l’empruntent, pour éviter le trafic sur un autre chemin résidentiel.

Depuis 2008, ces trois communes planchent sur l’amélioration de l’attractivité du tronçon pour tous les modes de déplacement, y compris les cavaliers. En effet, à l’une des extrémités du chemin des Boulingrins se situe le manège du Domaine de Villard. Par conséquent, la petite route voit parfois défiler davantage de cavaliers que de piétons (moins de 50 par heure).

Les trois communes ont préparé un projet conjoint, qui prévoit essentiellement – pour 3,2 millions – la création d’un trottoir, l’installation de l’éclairage public, l’aménagement de bandes cyclables ainsi que d’une piste équestre.

Les Verts de la Riviera ont pesté contre «une étude digne des années 1960-1970, qui oublie sur le bord de la route la sécurisation des déplacements cyclistes». Pour les écologistes, «l’occasion était pourtant belle – et à ne pas manquer – de réaliser un premier «maillon» de piste cyclable sécurisée qui relierait, à terme et à l’horizontale, les hauts de Vevey aux hauts de Montreux et ses nouveaux équipements de sport régionaux à Chailly-La Saussaz, voire même au Gymnase de Burier.»

Espace réduit

Mais le gabarit de la chaussée (qui sera élargie) est insuffisant: une emprise sur les terrains de l’hoirie Grand d’Hauteville a déjà été négociée, mais il n’est pas possible d’empiéter davantage sur la forêt ni sur le talus bordant l’autoroute.

La Tour-de-Peilz a accepté ce projet, avec huit oppositions et un grand nombre d’abstentions. De son côté, la Municipalité de Saint-Légier a intégré les critiques et demandera au Canton une utilisation partagée du trottoir entre les piétons et les cyclistes sur sa portion.

À Blonay, de vives discussions ont eu lieu sur ce qu’il convenait de faire au vu des décisions des autres (lire encadré). En particulier, la Commission des finances propose de supprimer le trottoir sur la portion blonaysane du chemin.

Même si ce n’était pas à cet endroit-là, un accident mortel avait pourtant eu lieu en 2012. Les Verts envisagent, eux, de faire cohabiter cyclistes et cavaliers. La décision a été reportée: réponse ce mardi. (24 heures)

Créé: 28.11.2017, 10h05

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«La réfection des Boulingrins est très loin d’un projet idéal. Il a pourtant fini par être accepté par les commissaires de La Tour-de-Peilz. […] C’est une expérience qui laisse un goût amer dans la bouche, s’est exclamée Geneviève Pasche (les Verts). Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une commission se trouve dans cette situation [où un projet régional est accepté], malgré les nombreuses critiques faites à son endroit.» Les élus se «forcent» parfois à accepter, parce qu’ils pensent que «si une commune refuse le projet, celui-ci doit repasser devant les commissions». En fait, non!
S’exprimant de façon générale et non sur ce cas précis, Jean-Luc Schwaar, chef du Service juridique du Canton, explique: «Si les communes se prononcent sur une convention, il n’est plus possible de l’amender. Mais dans un préavis où chacun a une part à effectuer, les élus disposent de davantage de liberté pour amender comme ils le souhaitent, mais sans faire supporter aux autres de frais supplémentaires.»

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