Une bande violente met Vevey dans tous ses états

Riviera-ChablaisCaméras exigées, appels à l’expédition punitive, rassemblement pacifiste: les réactions fusent à la suite de deux agressions.

La première agression s’est déroulée sur le quai 2 de la gare de Vevey.

La première agression s’est déroulée sur le quai 2 de la gare de Vevey. Image: Chantal Dervey

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Le désarroi et la colère de nombreux Veveysans s’expriment depuis une semaine. La raison? Deux violentes agressions dans le périmètre de la gare. La première, survenue le mardi 12 novembre sur un quai, a vu un enseignant être tabassé par une bande de jeunes sous les yeux de son épouse. Le témoignage du couple sur Facebook a joué les électrochocs. La réplique a eu pour cadre le passage Saint-Antoine ce week-end: une femme y a été frappée et s’en est sortie avec diverses blessures. La police n’a pas connaissance de ce cas.

Les mêmes malfrats? Rien n’infirme cette hypothèse. Les brutes du quai de la gare, des mineurs, sont connues des forces de l’ordre et multirécidivistes. Selon un témoin, «certains d’entre eux ont pris part à la rixe d’Attalens (FR) durant la fête de la Bénichon». Une information que les autorités ne confirment pas. L’altercation entre deux bandes dans la nuit du 11 au 12 octobre avait impliqué une trentaine de personnes et blessé deux policiers.

Association Sécurité Riviera (ASR), qui se dit «particulièrement présente en gare de Vevey et ses abords», admet que les cas répertoriés sur la Riviera sont la plupart du temps l’œuvre d’un petit groupe de mineurs domiciliés dans la région et le Chablais. Des jeunes de 15 à 17 ans, précise Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale: «C’est une problématique bien connue en milieu urbain. Celle-ci touche une minorité de jeunes et le nombre de cas est en baisse. Ce qui a changé, c’est l’arrivée d’actes de violence gratuite.»

Expédition punitive

Les réactions d’indignation ont fusé ces jours. Lancée par une mère, une pétition en ligne en faveur de caméras de surveillance à la gare a recueilli plus de 1500 signatures. La proposition est loin d’être nouvelle, mais elle s’est toujours heurtée au refus des autorités.«Partout où elles ont été posées, les caméras ont un effet dissuasif, précise Jean-Christophe Sauterel, mais cela ne résout pas le problème. Par contre, c’est un élément essentiel lors d’enquêtes judiciaires.»

Des dizaines d’internautes préconisent des méthodes autrement plus radicales: «à coups de battes de baseball» et «depan dans la gueule». Le dérapage, souvent accompagné de propos racistes, va même jusqu’à un appel à l’expédition punitive vendredi soir. Morceaux choisis: «Gros bras bienvenus. À vos FASS90! Les antiviolents, merci de laisser faire les grands.» Postées mercredi matin, les lignes ont été retirées quelques heures plus tard.

Joode To, pseudonyme d’une Veveysanne sur Facebook, appelle au contraire à un «rassemblement pacifique» devant la gare ces prochains jours. «Pour que les gens échangent sur ce sentiment d’insécurité.»

Nicolas Delavy, éducateur de proximité, tend à relativiser: «De manière générale, le contexte actuel est assez tranquille. Il y a toujours des vagues et actuellement l’une d’elles sévit, mais cela a toujours été le cas périodiquement.» Connaît-il la bande de la gare? «Nous rencontrons des difficultés avec un groupe d’ados qui fait du grabuge dans les cours d’école, mais je ne sais pas si on parle des mêmes.»

Autorités interpellées

Sur le front politique, Jérémy D’Inverno planche sur l’interpellation qu’il déposera jeudi prochain au Conseil intercommunal d’ASR. «Je veux notamment comprendre pourquoi les agents de police sur le terrain se disent démunis et pourquoi une bande de jeunes connus des forces de l’ordre n’est pas condamnée, explique le délégué Vert. Mon texte sera relayé au Conseil communal.»

Bastien Schobinger, chef du groupe UDC, y exprimera aussi le fond de sa pensée: «Il faut agir sur le cadre pénal des mineurs et sévir. C’est le seul moyen d’éviter que ces petits cons se sentent confortés dans un sentiment d’impunité!»

«Il n’y a pas d’impunité! rétorque Patrick Auberson, premier président du Tribunal des mineurs. Toute infraction est traitée et jugée au cas par cas.» Mais les sanctions ne sont-elles pas trop peu dissuasives? «Depuis son introduction, il y a plusieurs années, le droit pénal des mineurs a comme principes l’éducation et la protection des jeunes. La peine doit avoir une fonction éducative.»

Selon Patrick Auberson, il n’y a pas de recrudescence de cas d’agression à Vevey tel que celui survenu il y a quelques jours. Avec cette réserve: le tribunal ne peut agir que sur plainte ou dans le cas d’une affaire suivie d’office. Enfin, concernant les récidives: «Les statistiques 2018 montrent un nombre de cas en baisse. Environ 20% seulement des mineurs jugés récidivent, ce qui veut dire que 80% d’entre eux ne récidivent pas.»

Créé: 20.11.2019, 21h15

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