Passer au contenu principal

À Bex, une épicerie participative choyée par ses 160 membres

Lancée pour valoriser l’agriculture locale, la coopérative Le Radis est aussi «un geste politique».

La productrice de légumes Anne-Laure Schmuziger (à g.) entourée par les bénévoles. Au fond: Thibaud Nolf, responsable.
La productrice de légumes Anne-Laure Schmuziger (à g.) entourée par les bénévoles. Au fond: Thibaud Nolf, responsable.
CHANTAL DERVEY

«Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir la clé de son épicerie de village», lance fièrement Anne-Marie Jacobsen. En ce mardi après-midi, la Bellerine et une demi-douzaine de ses concitoyennes se pressent dans le local occupé par Le Radis. Qui pour garnir les étals, qui pour faire ses emplettes. Dans cette épicerie pas comme les autres, le client est à la fois coopérateur, vendeur, caissier ou encore gérant.

Pour y faire ses courses, il faut être membre de la coopérative éponyme. «Chaque personne verse une part unique de 200 francs et offre deux heures de travail toutes les quatre semaines, explique Thibaud Nolf. Il n’y a pas de hiérarchie et nous sommes tous bénévoles. Le but est que chacun s’implique et s’approprie ce magasin.» L’idée du Radis a éclos dans les têtes du Bellerin et de sa femme, Myriam Granges, il y a plusieurs mois. «Nous connaissions le concept de l’épicerie participative, qui existe depuis 1973 aux États-Unis avec la coopérative Park Slope Food Coop. Nous réfléchissions à ouvrir une structure de ce type à Bex et sommes allés chez Système B (ndlr: épicerie coopérative pionnière en Suisse), à Neuchâtel, pour voir comment ils travaillaient.»

De retour dans la cité du sel, les choses se bousculent. Anne-Laure Schmuziger, qui a effectué sa patente d’arboricultrice en même temps que Thibaud Nolf, se lance dans la branche. L’agricultrice de 24 ans cherche alors un point de vente pour valoriser le fruit de son champ. En février, une séance d’information a réuni une petite quarantaine de curieux dans une salle de la paroisse. «Plus de 160 personnes se sont présentées; heureusement, le pasteur nous a ouvert le temple.» Les statuts de la coopérative sont entérinés et la boutique ouvre le 20 juin. «Il y avait urgence: c’est la récolte d’Anne-Laure qui a dicté le rythme», relève le cofondateur du Radis.

Le producteur est roi

Les coopérateurs disent vouloir «inverser les règles», en privilégiant les producteurs aux consommateurs: «Nous ne les négocions pas avec nos producteurs. Nous voulons qu’ils soient rémunérés correctement et à la livraison.» Il faut compter 4fr.50 pour 1kilo de poires ou 3fr.50 pour des carottes, bios et locales. Contre respectivement 6fr.50 et 4fr.20 sur le site LeShop.ch. «Des coopérateurs nous ont fait remarquer que nos produits «avaient l’air chers», mais à qualité comparable, nous sommes sensiblement en dessous des grandes surfaces», affirme Thibaud Nolf.

La coopérative regroupe désormais 165 familles membres, installées dans tout le Chablais. Chacun trouve dans Le Radis des valeurs qui lui sont chères: «Certains sont attirés par le côté bio, d’autres par la démarche locale ou sociale, décrit le pasteur Sylvain Corbaz, membre du comité. Personnellement, je trouve important de montrer à ma fille de 1 an qu’il existe autre chose que Coop ou Migros.» «Faire ses courses ici tient du geste politique: on fait le choix que notre argent aille directement au paysan bio local, respectueux de la terre», conclut Thibaud Nolf.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.