Rejet massif pour le développement du Glarey à Bex

VotationsLe projet de plan partiel d’affectation redessinait l’aménagement d’un quartier proche du centre. Il a été refusé dimanche par près de 65% des votants

Le château Grenier et son parc étaient compris dans le périmètre du plan de quartier Le Glarey II.

Le château Grenier et son parc étaient compris dans le périmètre du plan de quartier Le Glarey II. Image: PATRICK MARTIN

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C’est «non» au plan partiel d’affectation Le Glarey II à Bex. Combattu en référendum, le projet redessinait l’aménagement d’un quartier proche du centre, afin de permettre son développement. La version soumise aux citoyens de Bex dimanche proposait des aménagements se voulant mieux intégrés à la topographie du site, mais également un réseau de constructions plus dense, permettant d’accueillir davantage d’habitants. Ces arguments portés par la Municipalité, appuyés par le Conseil communal et soutenus par un comité citoyen, n’ont pas touvé écho au sein de la population qui les a balayés à 64,1%.

Le comité référendaire craignait un développement démesuré, inadapté à la commune de 7000 âmes, dont les infrastructures ne seraient pas prêtes, selon eux, à se déployer suffisamment pour ces nouveaux habitants. Ce point de vue a été soutenu: «On ne pensait pas que les gens nous suivraient avec une telle ampleur, se réjouit Albin Masson, membre du comité référendaire. Nous avions senti qu’il y avait beaucoup d’échos favorables, c’est certainement par ras-le-bol des constructions massives à Bex.»

«C’est dommage, car à mon avis Le Glarey II était mieux étudié que le plan de 1998 qui reste donc en force, déplore le syndic, Pierre Rochat. On risque maintenant de voir s’aligner des constructions pas très harmonieuses. Du point de vue de la Commune, on va regretter de ne pas pouvoir mettre autant d’habitants dans cette zone centre que ne le demande aujourd’hui la loi sur l’aménagement du territoire (LAT).»

«Durant cette campagne nous avons identifié un fossé de communication, les citoyens ont le sentiment d’être tenus à l’écart du politique, admet pour sa part Sandrine Moesching-Hubert, cheffe de file du comité multiparti de soutien au Glarey II et conseillère communale PLR. Notre comité va interpeller la Municipalité pour demander la tenue d’États généraux afin d’évoquer le développement de ce quartier, car le Canton a laissé entendre qu’il demanderait une réactualisation pour tenir compte de la LAT. Il faudrait que les habitants puissent devenir acteurs des discussions et que l’on arrive à des propositions concertées.» (24 heures)

Créé: 10.06.2018, 14h52

Commentaire

La suffisance ne suffit plus

Fut un temps, l’«Autorité» faisait l’objet d’un respect sans borne (et aussi sans recul). «Dieu», «le père», le «chef du village», «le précepteur» disait et l’on s’inclinait. Fut un temps, l’«Autorité» ne se rabaissait pas à justifier ses choix, expliquer ses décisions, argumenter ses opinions ou les confronter aux avis, forcément ignares, de la populace.
Ce temps est révolu. En 2018, parents et enfants dialoguent, chacun s’exprime sur la Toile, la presse fourre son nez dans la fiscalité des édiles, initiatives et référendums populaires aboutissent souvent et sont suivis régulièrement. En 2018, le socle de la démocratie actionne les leviers à sa disposition et fait exister ce louable fonctionnement politique.

Il en va ainsi à Bex comme ailleurs et le brin d’arrogance qui teinte parfois l’exercice du pouvoir gagnerait à se trouver gentiment remisé pour faire émerger ce que la vie sociale offre de meilleur, de la cellule familiale aux marches des palais gouvernementaux: le dialogue.

Ce qui s’est joué à Bex ce dimanche n’est pas tant le combat des «pro» ou «anti» densification, car sur ce sujet plus grand monde n’a voix au chapitre: la population continuera de croître dans le Chablais et la cité du sel, que leurs citoyens et autorités le veuillent ou non.
L’enjeu sous-jacent se situait dans cette communication qui peine à s’établir entre élus et électeurs. Ces derniers font régulièrement remonter cette insatisfaction sans recevoir de retour. La campagne leur a offert l’occasion de ressortir pléthore de vieux griefs et le scrutin de rappeler qui commande vraiment. Ils ne s’en sont pas privés. À Bex, comme ailleurs, l’«Autorité» est appelée à se mettre à l’écoute. Flavienne Wahli Di Matteo

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