Passer au contenu principal

Ça y est, la bière de Saint-Maurice est prête à être bue

La communauté va produire 600'000 bouteilles par an. La bière agaunoise se décline en trois spécialités, à déguster dès vendredi au Marché monastique de Saint-Maurice.

Le chanoine Olivier Roduit, instigateur du projet, la directrice de la brasserie Céline Darbellay et le maître brasseur Benjamin Levaux.
Le chanoine Olivier Roduit, instigateur du projet, la directrice de la brasserie Céline Darbellay et le maître brasseur Benjamin Levaux.
Christophe Boillat

Occupés à une vie pastorale intense, la trentaine de chanoines de l'abbaye de Saint-Maurice (VS) n'ont pas vraiment le temps de brasser de l'air... Mais de la bière, oui! 24 heures l'avait révélé en octobre, le projet est désormais effectif: l'abbaye produit sa propre mousse.

L'idée a germé durant trois ans avant de concrètement voir le jour. Instigateur, le chanoine Olivier Roduit était d'abord réticent, alors qu'un confrère bavarois le poussait à franchir le pas. «Nous sommes dans un pays de tradition vinicole et pas brassicole», lui répondait systématiquement le religieux agaunois, avant de finalement «partir la fleur au fusil».

Et c'est tout sourire qu'Olivier Roduit a accueilli les médias ce mardi matin à Bex au chemin de l'Aumônerie, dans les locaux mêmes de la Brasserie de Saint-Maurice, ancienne cave à vins construite au mitan du XIIIe siècle, pour présenter cuves... et surtout première cuvée. Et c'est aussi une certaine fierté pour le procureur Roduit et son équipe, puisque les bières agaunoises seront les premières dites d'abbaye en Suisse.

Une société anonyme, avec Olivier Roduit en qualité de président du conseil d'administration, a été constituée. La direction de la Brasserie de l'abbaye de Saint-Maurice a été confiée à Céline Darbellay, jeune diplômée d'HEC Lausanne. Le brassage des bières, dites de «haute inspiration», est l'œuvre du Belge Benjamin Levaux, ingénieur de formation, qui a travaillé à la célèbre Brasserie d'Orval.

Candide, Febris et 515

La production envisagée de 600'000 bouteilles par an se décline pour l'heure en trois spécialités. Candide, qui rend hommage au plus proche de Maurice, est une blanche légère et très rafraîchissante. À noter que sa levure a été prélevée sur un parchemin datant de 1319. Febris est une bière ambrée plus charpentée et douce à la fois. C'est la ferveur. Elle fait référence à l'incendie de l'abbaye en 1693. La DXV (515, comme l'année de la fondation de l'abbaye agaunoise, la plus ancienne en activité en Europe) est une triple d'abbaye, soit trois fois plus de matière première que pour une bière simple. Corsée, elle se laisse néanmoins facilement apprivoiser...

Ces crus seront à découvrir en primeur au marché monastique de Saint-Maurice, qui dévoilera ses atours vendredi, samedi et dimanche. Les bières saint-mauriardes seront ensuite vendues dans les cafés, restaurants et magasins. Plus tard, le projet pourrait être développé, notamment avec une production en fûts pour proposer de la bière pression.

Un défi économique

L'investissement de la Brasserie de l'abbaye de Saint-Maurice s'élève a un peu moins de 1 million de francs. Produit de passion, la bière de Saint-Maurice est aussi une nécessité économique pour l'abbaye, dont le chanoine Roduit, également économe général depuis six ans en son titre de procureur, annonce qu'elle fait face à «une situation financière délicate».

Un concept de double visite de l'abbaye et de la brasserie, avec bien sûr dégustation, est dans les tuyaux. Enfin, à l'occasion de son lancement, la brasserie commercialise un coffret limité à 515 exemplaires avec les trois bouteilles plus une quatrième exclusive, une American pale ale.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.