La Braye n’a pas poussé son chant du cygne

Château-d’ŒxLe domaine skiable rouvrira, au moins pour l’hiver à venir. Télé-Château-d’Œx a réuni les 300 000 fr. nécessaires auprès de parrains privés.

La télécabine de la Braye.

La télécabine de la Braye. Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’électrocardiogramme était plat depuis l’annonce faite en avril par la Municipalité de ne plus maintenir le domaine skiable de la Braye sous perfusion. Mais l’électrochoc a eu lieu. Vendredi dernier, le conseil d’administration de Télé-Château-d’Œx (TCO) SA a pris la décision de remettre en service le téléphérique de la Braye, cet hiver.

Privés de la subvention communale qui assurait la survie du domaine depuis 2001 (soit un total de 8,2 millions de francs versés par la collectivité en 15 ans), plusieurs responsables de la société ont pris leur bâton de pèlerin. Ils sont parvenus à fédérer 30 parrains disposés à contribuer à hauteur de 10 000 francs chacun. Résidents secondaires, indigènes et entreprises locales ont mis la main au porte-monnaie, parfois en solo, parfois en groupe. «Un panel très représentatif de la station et des utilisateurs de la Braye», se réjouit le docteur Charles-Abram Favrod-Coune, membre du conseil d’administration.

Cette réouverture inespérée est assortie d’une double bonne nouvelle pour les amateurs de glisse: Château-d’Œx avait rejoint la communauté tarifaire du Magic Pass (constituée avec 24 autres stations romandes), dévoilée en avril. L’annonce de la fermeture de la Braye était tombée la même semaine. «Notre domaine sera bel et bien intégré à cette offre, annonce Charles-Abram Favrod-Coune. Et nous proposons en plus un abonnement de saison local à 99 fr. pour les adultes (et 10 fr. pour un enfant accompagnant, ndlr).»

Un an… et après?

Parmi les mécènes, l’antenne favotaise de l’Ecole suisse de ski a lancé une récolte auprès de ses 32 membres diplômés. «Nous avons à ce jour réuni les deux tiers de la somme, annonce son directeur, Mauro Testa. Nous avions pris les devants pour pouvoir travailler sans la Braye cet hiver, notamment en renforçant notre parc d’apprentissage au village (lire ci-dessous). Mais cette nouvelle tombe à point nommé: je suis convaincu que les personnes qui hésitaient à louer un appartement de vacances chez nous vont revenir cet hiver.»

Alors que la plupart des commerçants locaux considéraient comme inéluctable le retrait de la subvention communale, beaucoup déploraient ce brusque coup d’arrêt. Et plaidaient en faveur d’une année supplémentaire, pour «amortir le choc». Cette réouverture constituera-t-elle un ultime baroud d’honneur? Charles-Abram Favrod-Coune espère que non: «Nous le voyons comme un hiver test. Nous voulons prouver qu’on peut faire mieux sur ce domaine skiable que par le passé. Nous lançons cet abonnement, nous accentuons la promotion, nous développons l’offre avec des itinéraires de rando…»

Encore de la sympathie?

Charles-André Ramseier, syndic de la commune de Château-d’Œx qui reste propriétaire du téléphérique, salue ce dynamisme retrouvé: «Cette réouverture est une bonne nouvelle pour notre station. Il y a eu un gros travail pour réunir ces montants. On peut juste regretter que cette prise de conscience ne soit pas intervenue plus tôt, ce qui aurait permis de soulager les finances communales.»

Reste que si la Commune s’est lassée de financer le ski sur ce domaine, il y a fort à parier qu’il sera difficile de faire appel aux bonnes volontés sur la durée. Car une nouvelle levée de fonds s’annonce déjà dès la fin de la saison froide. Le contexte sera toutefois différent, estime le médecin damounais: «Les prochains investissements seront consentis dans le cadre d’Edelweiss Paradise (projet de diversification quatre saisons porté par plusieurs membres du conseil d’administration de TCO SA, ndlr). Les discussions avec nos investisseurs n’ont jamais été interrompues, depuis avril. Dès l’été prochain, nous commencerons à aménager des «échantillons» de ce que se veut Edelweiss Paradise. Et les investissements s’échelonneront ensuite sur plusieurs années.» Devisé à 11,3 millions, ce chantier a été ramené à une fourchette de 6 à 7,5 millions.

Au-delà de la rentabilité financière, il s’agit pour les défenseurs de la Braye de démontrer la sympathie que peut encore susciter ce domaine skiable. «A Château-d’Œx, certains considèrent qu’il ne rapporte rien à la station, observe Charles-Abram Favrod-Coune. Si les ventes d’abonnements sont un échec, cela prouvera qu’ils ont raison. En attendant, nous ne prétendons pas avoir la bonne réponse, mais simplement essayer.» (24 heures)

Créé: 12.10.2017, 17h11

Parc renforcé pour les skieurs en herbe

«Nous aurons finalement deux outils supplémentaires cet hiver!» Pour Mauro Testa et l’Ecole suisse de ski et snowboard de Château-d’Œx, l’hiver s’annonce moins terne que le laissait supposer l’annonce de la fermeture de la Braye.

Non seulement le domaine sera accessible, mais les moniteurs disposeront d’un parc d’apprentissage «En Glacière» remis au goût du jour, à l’entrée du village.

«Les enfants constituent une bonne part de notre clientèle. En l’état, le jardin des neiges ne nous permettait pas d’effectuer une semaine complète; nous passions les derniers jours à la Braye. Sans ce domaine, il nous fallait trouver une solution pour améliorer l’offre au village.»

Une commission a bûché sur la question et le résultat sera visible cet hiver déjà, sous réserve d’un vote favorable du Conseil communal au crédit de 210 000 fr., à la fin du mois. «Ce projet conforte notre station dans sa complémentarité avec Rougemont et La Lécherette, estime le municipal Christian Daenzer. Les enfants pourront effectuer leurs premiers pas chez nous en famille et s’aventurer ensuite chez nos voisins.»

Le parc aura-t-il encore une raison d’être si ces stations développent à leur tour une offre à l’intention des petits? «Nous ne visons pas le même public, réagit Frédéric Delachaux, directeur de Pays-d’Enhaut tourisme. La génération des parents qui plaçaient leurs enfants à l’ESS pour aller skier plus loin est passée. Beaucoup viennent au jardin des neiges pour passer du temps avec leurs enfants. C’est à eux que s’adresse cette offre.»

Ce développement hivernal n’est qu’une première phase: «Nous réfléchissons à un concept pour les trois autres saisons, signale Christian Daenzer. Sur place, ce sera difficile car les agriculteurs qui possèdent les terrains concernés sont enclins à jouer le jeu en hiver mais doivent travailler en été. Il y a des choses à faire en revanche pour dynamiser notre centre sportif.»

Articles en relation

Le fort de la Braye sera bientôt vendu

Château-d’Œx Une société genevoise dirigée par un Vaudois est en tractations très avancées avec la Confédération. Plus...

Des irréductibles jouent l’ultime chance de la Braye

Château-d'Oex Certains veulent encore croire à la réhabilitation du domaine skiable et quêtent 100% de fonds privés. Plus...

Amputée de la Braye, Château-d’Œx accuse le coup

Tourisme Inéluctable, la décision de fermer le domaine skiable sera lourde d’incidences pour la station. Dans les commerces, on s’organise pour franchir ce douloureux cap. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Ce week-end à Lausanne, les coureurs du semi-marathon et du marathon se verront proposer une bière (sans alcool) à l'issue de la course. Les organisateurs suivent ce qui se fait en Allemagne ou en Suisse alémanique. Car la bière est isotonique, riche en vitamines B10 et B12, et passe mieux que certaines autres boissons.
(Image: Bénédicte) Plus...