Château-d'Oex applaudit le parcours d’Anne Rosat

DistinctionAdmirée pour ses découpages et ses projets humanitaires, l’artiste a reçu la bourgeoisie d’honneur.

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Anne Rosat parle comme elle vit: généreusement et avec finesse. Faits de souvenirs et d’émotions, ses mots sont sincères et racontent des actes qui le sont tout autant. Distinguée par le titre de bourgeoise d’honneur de Château-d’Œx et saluée par plus de cent convives, l’artiste voit aujourd’hui la richesse de son parcours récompensée.

Un chemin qui débute dans les Ardennes belges, le 1er août 1935, et qui va croiser celui d’Aloïs Rosat, antiquaire du Pays-d’Enhaut. Dans les pas de son mari, la jeune femme de 23 ans découvre la région et ses coutumes. Le découpage en est une, nourrie par la vie montagnarde et les traditions, sources d’inspiration intarissables.

«Mon premier découpage remonte à décembre 1969, se souvient Anne Rosat. J’ai recopié un Hauswirth pour faire plaisir à mon mari, qui n’avait pu le conserver.» Des coups de ciseaux qui portent déjà sa marque. «J’ai choisi de découper en couleurs car le noir et blanc, ce n’était pas moi», admet l’artiste. Elle, c’est l’énergie et la vie. La sienne un peu mais surtout celle des autres.

Rencontre cruciale en 2001

«J’ai été tournée vers les autres très tôt car élevée dans les valeurs du scoutisme, raconte Anne Rosat. C’était donc logique d’œuvrer dans le domaine social.» En arrivant en Suisse, elle se tourne d’abord vers les plus jeunes en enseignant durant vingt ans au Pays-d’Enhaut, spécialement à L’Etivaz.

Et déjà elle a le regard orienté vers l’Afrique. D’abord via la Fédération internationale pour l’éducation des parents (FIPE), dont elle est toujours administratrice. Puis par le Fonds Rosat-Colin, qui vient en aide aux enfants défavorisés. Et finalement grâce à une double rencontre. «J’ai découvert le Burkina Faso en 2001 et Aminata Diallo dans la foulée, explique Anne Rosat. Elle enseigne à Bobo-Dioulasso et a créé l’association Maïa en 1994, j’ai tout de suite eu envie de l’aider.»

Son action touche essentiellement les jeunes filles et les femmes des petits hameaux, abîmées par les grossesses à répétition et le poids des mariages forcés. «Il s’agit de donner un outil de travail à toutes ces femmes pour leur permettre de gagner leur vie, synthétise celle qui a, depuis, créé la section suisse de l’association. Nous faisons l’investissement de départ plutôt que de les voir filer en Europe et prendre d’énormes risques, elles peuvent ainsi travailler sur place.»

Regroupées en coopérative, ces dernières se présentent et peuvent obtenir un investissement allant de 800 à 3000 euros environ. «Nous fournissons par exemple de petites étuveuses et un stock de riz qu’elles vendront sur les marchés, un atelier de teinture ou encore des machines à coudre», liste Anne Rosat. Quelques pistes parmi tant d’autres: restauration d’un dispensaire avec installation d’électricité solaire, achat de motos-ambulances ou encore forage d’eau potable.

Une fois par an, l’artiste s’envole ainsi pour l’Afrique. «Grâce à mon métier et à mes découpages, je peux faire tout ça bénévolement, et j’en suis très heureuse, souligne- t-elle. Et, comme me l’a dit un ami jordanien, le pain que tu jettes, il te revient toujours.» Discrète, Anne Rosat récolte aujourd’hui les fruits des graines qu’elle a semées sans compter. Quatre jours après avoir fêté ses 80 ans, elle accueille le titre de bourgeoise d’honneur comme «un très beau cadeau». Pour une fois que ce n’est pas elle qui le fait.

Créé: 05.08.2015, 11h44

Un "modéle" pour tous

Avant la cérémonie officielle, Anne Rosat a pris le temps de saluer tous les invités, au son des cors des Alpes et de l’accordéon. Plus de cent personnes, parmi lesquelles les autorités du Pays-d’Enhaut et l’épouse de l’ambassadeur de Suisse en Belgique, retenu à l’étranger.

Le syndic Charles-André Ramseier a alors souligné «l’unanimité du Conseil communal» à vouloir décorer l’artiste pour sa «contribution majeure à la culture du pays, son art du papier découpé et son rôle humanitaire». Emue, Anne Rosat a souligné sa «chance de vivre ici», où elle est venue «acheter l’air», «une chance doublement appréciée lors des voyages en Afrique, là où il n’y a que la misère». Nouvelle preuve de son humanité saluée par son fils, évoquant son plaisir d’avoir «des parents qui sont des modèles pour nous et pour nos enfants».

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