Le Collège Beau Soleil s’inspire du prestigieux MIT

Villars-sur-OllonLe pensionnat international villardou tisse des liens avec la haute école de Boston, avec qui il a initié un partenariat.

Sous la conduite du professeur Kieren Reynolds, les élèves conçoivent de A à Z une borne d'arcade qu'ils mettront à disposition de leur camarades.

Sous la conduite du professeur Kieren Reynolds, les élèves conçoivent de A à Z une borne d'arcade qu'ils mettront à disposition de leur camarades. Image: Chantal Dervey

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Dans l’un des laboratoires, une imprimante 3D donne lentement forme au prototype d’un filtre à eau destiné aux pays en voie de développement. Dans la salle voisine, six élèves âgés de 12 à 17 ans planchent sur la création de A à Z d’une borne de jeu d’arcade, qu’ils mettront à disposition de leurs camarades. En ce mercredi après-midi, une vingtaine d’étudiants du Collège Alpin Beau Soleil de Villars travaillent sur des projets variés. Tous ont un point commun: ils font appel à des domaines de compétences très divers.

C’est Kieren Reynolds, responsable du département d’informatique, qui anime cet atelier hebdomadaire. Avec une poignée d’élèves, il cogite maintenant sur la technologie et le design du système audio qui équipera le jeu vidéo. «Regardez les appareils d’Apple. Ils ont une allure très esthétique. Mais, à votre avis, est-ce que ce design a aussi une fonction pratique?» questionne l’enseignant, en anglais.

«L’idée est d’enseigner, non en cloisonnant les différents domaines, mais en leur permettant de se compléter»

Car dans ce cours, on ne réfléchit pas à la technique pure, on la questionne sous des jours divers. «On développe des projets en incluant dans la réflexion des élèves de différents niveaux, portés sur des aspects variés: l’électronique, la programmation, mais aussi l’art ou le marketing…» décrit Kieren Reynolds. «L’idée est d’enseigner, non en cloisonnant les différents domaines, mais en leur permettant de se compléter», ajoute Victoria Del Federico, directrice adjointe de l’établissement.

La patte du MIT

Apparemment novatrice, cette approche, dite cross-curricular, ou transdisciplinaire, est devenue la marque de fabrique pédagogique du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Ce dernier propage cette philosophie par le biais du programme estudiantin STEAM (vapeur en anglais, mais ici un acronyme pour Science, Technology, Engineering, Art, Mathematics).

Une dizaine d’universités dans le monde y contribuent, entraînant dans leur sillage de nombreuses écoles, dont le collège villardou. «Cette approche permet véritablement de générer des idées innovantes, reprend Victoria Del Federico. Un des élèves participant à l’atelier de Kieren Reynolds a vécu en Afrique. C’est lui qui a proposé de développer un filtre à eau. Sans son expérience, on ne serait pas parti dans cette direction.» Misant sur l’émulation, la démarche semble ravir les élèves: «Regardez le taux de participation à cet atelier, signale Kieren Reynolds. Quand bien même nous sommes en période d’examens, ils viennent travailler sur leur projet.»

Préparer les élèves

La direction de l’école villardoue ne se contente pas de scruter les méthodes du MIT à distance. Le groupe Nord Anglia, qui a racheté le collège Beau Soleil en 2011 et possède 54 écoles dans le monde, a tissé des liens étroits avec la haute école américaine. «Sur le plan artistique, nous avions déjà mis sur pied un partenariat avec la Juilliard School of Art à New York, précise Victoria Del Federico. L’idée est de poursuivre ce travail avec une école dévolue aux technologies.»

Avant de prendre en charge cet atelier, Kieren Reynolds a ainsi bénéficié d’une formation au sein de la haute école du nord-est des États-Unis.

«J’ai senti beaucoup d’enthousiasme, mais aussi beaucoup de maturité et déjà une forte conscience de la renommée du MIT»

Une première volée d’élèves, âgés de 11 à 14 ans, a également pu se rendre dans le Massachusetts. «Cet échange était ouvert à six élèves, précise la directrice adjointe. Nous leur avons demandé de rédiger une lettre et de décrire en quoi cette expérience serait bénéfique. J’ai senti beaucoup d’enthousiasme, mais aussi beaucoup de maturité et déjà une forte conscience de la renommée du MIT.» Fait intéressant, alors que l’un des enjeux pédagogiques auquel fait face Beau Soleil est d’intéresser davantage de filles aux sciences, «quatre des six participants étaient des filles».

En tissant des liens avec le MIT ou la Juilliard School of Art, la direction de Beau Soleil entend «maintenir le niveau d’excellence au plus haut. Il s’agit notamment pour nous de préparer au mieux nos élèves à l’avenir, note encore la directrice adjointe. De leur permettre d’accéder aux meilleures universités dans le monde, mais aussi de les préparer à exercer un travail qui n’existe peut-être pas encore aujourd’hui.» (24 heures)

Créé: 16.01.2018, 08h40

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