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«C'étaient des gens sympathiques, on ne comprend pas»

Le corps retrouvé il y a une semaine dans un container sur les hauts de Vevey est celui d'une septuagénaire de la région, tuée par son mari. Il avait signalé sa disparition en décembre dernier.

L'homicide familial a eu lieu dans cette maison isolée des hauts de Saint-Légier, en décembre dernier. La police a depuis rapproché le corps retrouvé vendredi passé de la septuagénaire portée disparue il y a plus de quatre mois. Elle n'avait pas donné signe de vie depuis.
L'homicide familial a eu lieu dans cette maison isolée des hauts de Saint-Légier, en décembre dernier. La police a depuis rapproché le corps retrouvé vendredi passé de la septuagénaire portée disparue il y a plus de quatre mois. Elle n'avait pas donné signe de vie depuis.
Erwan Le Bec

La vue sur le Léman et les Dents-du-Midi est imprenable. Le jardin parfaitement entretenu regorge de lézards et de fleurs. Cette petite maison familiale aux allures de chalet fait presque oublier la rumeur de l’autoroute voisine. Et les scellés de la Sûreté, qui protègent la scène de crime. Car c’est là, en marge de ce quartier cossu de Saint-Légier – La Chiésaz, qu’une septuagénaire a perdu brutalement la vie. Son corps a été retrouvé vendredi 21 avril en contrebas du cimetière des Monts-de-Corsier. Repérée par un promeneur et son chien, qui passaient apparemment par hasard dans cet endroit isolé, la dépouille y reposait en fait depuis des mois, dans un container. Retraitée, autrefois vendeuse en grande surface pour une marque de cosmétique, elle avait été portée disparue par son mari le 17 décembre dernier.

Selon ses déclarations de l’époque à la police, son épouse de 70 ans, psychologiquement fragile, était partie seule au volant de sa Mazda grise. La voiture avait été retrouvée abandonnée au bord du Rhône, un peu plus tard, laissant craindre le pire. Dans le quartier où vivait le couple, tout le monde avait d’ailleurs pensé à un acte désespéré. Puis la vie avait repris son cours. «Il disait qu’il allait bien, et continuait à s’occuper de la maison, raconte une voisine. On n’osait pas trop lui parler de sa femme, c’est délicat vous savez.» En réalité, c’est lui et non pas le Rhône qui l’avait tuée.

Le mari, un Suisse de 79 ans, est passé aux aveux vendredi, après avoir été embarqué le matin même dans un fourgon de la police. Selon cette dernière, l’homme aurait tué son épouse à leur domicile, avant de transporter le corps où il a été retrouvé. Il a de même simulé sa disparition. A ce stade de l’enquête, la police n’en dit pas plus sur les mobiles, ni sur les circonstances du drame ou sur l’éventuelle intervention d’un tiers, rapporte le communiqué diffusé samedi. «C’est le début de cette partie des investigations, commente le commissaire principal Jean-Christophe Sauterel. Plusieurs aspects devront encore être contrôlés.»

Reste que l’affaire a mobilisé des moyens considérables: une cinquantaine d’hommes sur le terrain, en plus d’une vingtaine d’enquêteurs chaque jour. Les résultats sont du reste arrivés rapidement. Le corps était identifié mercredi 26 avril – excluant qu’il s’agisse de Marie-José Légeret, disparue depuis 2005 – tandis que la confirmation ADN tombait jeudi.

Couple sympathique

Dans ce quartier de Saint-Légier, c’est évidemment la consternation. Le voisin direct est peu bavard: «Moi ça va, mais ça fait tout de même un choc. On se disait juste bonjour. Encore jeudi soir, quand il promenait son chien.» Tous dépeignent un couple sympathique, un brin spécial mais sans histoires, toujours affairé dans son jardin ou sa coquette maison. Des retraités discrets, peu actifs dans la vie communale. Monsieur, cependant, habitué du site Internet de 24 heures, était un commentateur souvent aiguisé des dépenses publiques.

Son épouse, elle, était une personne enjouée, joviale et toujours avenante. «Une incorrigible bavarde. Elle pouvait vous parler de la vie du quartier et de tas d’autres choses pendant des heures», sourit une riveraine. «Lui était plus réservé, mais très serviable. On se parlait peu. On se croisait surtout en allant promener les chiens.» Jusqu’à vendredi, quand débarquent la gendarmerie, la Sûreté et la police scientifique. L’accès au secteur a été bouclé plusieurs heures.

Moquette refaite à neuf

Passée la surprise, les habitants réagissent. «En fait, j’ai directement fait le lien quand j’ai lu la découverte de ce corps dans 24 heures, témoigne une voisine. Je ne sais pas pourquoi, ça me paraissait soudain évident. Mais je n’aurais jamais imaginé ça. Qu’est-ce qui a pu se passer? Un coup de folie?» Un autre habitant du quartier va dans le même sens. «Je me demandais bien pourquoi il cherchait soudain du parquet: après la disparition de sa femme, il nous a dit vouloir mettre du parquet dans une des pièces, alors que toute la maison est en moquette. Je comprends mieux.» Il poursuit. «On l’a vu aussi brûler des trucs. C’est vrai qu’il y avait une drôle d’odeur. Mais bon, allez savoir.»

La procureure de service a entendu le mari dans la journée de samedi. Elle a demandé sa mise en détention au Tribunal des mesures de contraintes.

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