Deux snowboarders ormonans ouvrent une brèche à Chamonix

FreerideManu Gross et Olivier Favre ont dévalé la brèche des Droites avec le Chamoniard Jean-Baptiste Charlet. Une première.

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Les photos faites par les trois aventuriers donnent le vertige. Samedi dernier, Manu Gross, Olivier «Milon» Favre et Jean-Baptiste «Babs» Charlet ont profité d’une vue que peu ont eu l’occasion d’admirer. Les deux freeriders des Diablerets et leur copain chamoniard ne sont pas les premiers à gravir les pentes escarpées des Droites, dans le massif du Mont-Blanc. Ouvertes en 1876 déjà, celles-ci sont toutefois rarement dévalées à ski.

De mémoire de guide chamoniard, trois itinéraires sont occasionnellement empruntés. Mais, jusqu’à samedi, personne ne s’était aventuré dans la brèche des Droites, impressionnant canyon dont l’inclinaison varie entre 45 degrés et 55 degrés. «On est a priori les premiers, corrige Manu Gross, car il est toujours difficile d’être catégorique à Chamonix. Cette région est un vaste laboratoire de la montagne, et le niveau y est très très élevé.»

Le trio a quitté la station vendredi en «splitboard» (planche séparable conçue pour l’ascension à peaux de phoque) pour s’engager dans le bassin du Talèfre. Une nuit de repos au refuge du Couvercle, à 2700 m d’altitude, et le voyage a repris samedi matin, à 4 h. «Un début de journée compliqué, raconte Manu Gross: évoluer de nuit sur un glacier demande du temps et de l’attention.» Vers 7 h, l’équipe a sorti cordes, piolets et crampons pour attaquer l’ascension à proprement parler de la brèche, à 4000 m d’altitude. Elle en viendra presque à bout quatre heures plus tard. «Sur le dernier tronçon, nous avons rencontré une neige cassante, difficile à grimper. Nous sommes arrivés à quelques mètres du sommet de la brèche, mais, vu l’heure, nous avons préféré redescendre, pour ne pas prendre de risques», raconte Milon.

«Nous ne sommes pas des têtes brûlées! Nous avons une longue expérience, nous nous entraînons»

Manu Gross, jeune père de famille, insiste: «Nous ne sommes pas des têtes brûlées! Nous avons une longue expérience, nous nous entraînons. Et sur le terrain nous réfléchissons, discutons… Et nous renonçons en cas de doute. Dans nos sacs, nous emportons du matériel qui nous permet de faire face à de nombreux scénarios. Si nous avions dû redescendre à pied, nous l’aurions fait.»

Chercher la solitude

Mais le week-end dernier, les conditions météo étaient avec les trois alpinistes, qui ont pu chausser leur planche après un rappel de 30 mètres. «Cette idée me trottait dans la tête depuis un moment», explique Manu Gross. Non que l’homme soit assoiffé de records: «C’est une fierté, mais ce n’est pas une fin en soi. On cherche surtout à passer une bonne journée entre amis en montagne, si possible en évitant les coins les plus fréquentés.» Difficile, dans le très populaire massif du Mont-Blanc. «De l’autre côté des Droites, c’est le bassin d’Argentière, la première étape de la Haute Route. On peut croiser 500 à 600 personnes. Et sur la mer de Glace, c’est la foire d’empoigne! Nous, nous préférons innover. D’ailleurs, nous n’avons croisé personne ce jour-là. C’est aussi un moyen d’assurer notre sécurité: on reste dans des secteurs où l’attitude d’autres skieurs ne nous met pas en danger.»

Comment expliquer que, depuis 1876, personne n’ait eu l’idée de skier à cet endroit? Milon en convient: «L’orientation sud-ouest de ce couloir, le fait qu’il soit raide et encaissé et situé dans une pente rocheuse le rendent plus difficilement accessible.» Manu Gross ajoute: «On n’est sûrement pas les premiers à y penser. Peut-être que, si nous avions attendu une semaine de plus, quelqu’un l’aurait fait.» (24 heures)

Créé: 12.04.2018, 18h22

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