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Les Dévens, cocktail joyeux d’hier et de demain

Dans ce hameau de Bex on partage tout, du potager communautaire à la messagerie instantanée.

Vous en connaissez beaucoup des hameaux dont les habitants ont leur groupe de messagerie instantanée? Où l’on se défie dans un concours de pronostics pendant la Coupe du monde de foot, avant de monter un écran géant dans un jardin? Où l’on cultive un potager communautaire, où l’on exploite des ruches en collectif, où l’on organise près de dix événements par année, où les hommes forts rappliquent en quelques minutes pour dépanner une voiture? Sur la route qui mène de Bex aux Mines de sel, les 130 habitants du hameau des Dévens ressuscitent la vie d’antan, mais à la sauce de demain.

Les tribus qui constituent le cœur de cette joyeuse communauté admettent volontiers leur petite fibre alternative. Mais que les gens du bourg ne s’avisent pas de les traiter de «spéciaux» en les regardant d’un œil torve. «On partage certaines vues, c’est vrai, mais ce n’est pas non plus «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil!» On arrive simplement à bien vivre ensemble», résume Stéphane Wild. Le professeur de musique est aussi président de l’association DévineKoi qui s’est donné pour mission il y a un an de centraliser l’organisation des multiples fêtes du hameau. «On pourrait se voir chacun chez soi, mais en organisant des événements, on espère intégrer le plus de monde possible. On aimerait que chacun ait sa place ici.» Exemple ce samedi le premier Festival des Dévens se déploie dans le jardin de la Maison du directeur.

Cette bâtisse offerte en 1825 par l’État de Vaud à Jean de Charpentier, alors directeur des Mines de sel, concentre un peu de l’âme du patelin. Jacqueline et Pierre Borgatta Oulevay y ont ouvert en 2013 une maison d’hôte cossue où le buffet du petit-déjeuner mise sur les tartines au miel des voisins, le fromage du paysan d’à côté, l’huile tirée des noix du jardin… «Les visiteurs viennent d’abord passer une nuit parce qu’ils doivent séjourner dans la région. Ensuite ils reviennent car ils ont aimé l’endroit.»

Le couple salue l’esprit de partage qui règne ici: «Il y a un renouveau depuis quelques années. Plein de jeunes familles sont arrivées. Elles sont incroyables et n’arrêtent pas de monter des projets. Tout est bon pour se rencontrer et boire un verre. Ou plutôt une bière locale!»

Brassée un kilomètre au-dessous du hameau, la mousse de La Mine est une émanation de ces smalas. Comme trinquer ne suffit pas, les sociétaires quêtent le produit 100% bellerin et le paysagiste des Dévens s’est mis à la culture du houblon.

Le breuvage sera servi aujourd’hui au milieu des activités prévues au cours du festival mêlant balades historiques, contes, jeux, gastronomie, concerts et projet caritatif. Une soirée théâtrale couronnera le tout dans la grande salle où chante et se produit aussi le Chœur mixte du Muguet, à côté du collège dont on actionnait la cloche à la main à chaque récré, il y a encore trois ans.

Il flotte dans cet écrin vert semé de meules de foins une ambiance de carte postale. «Je dis toujours qu’on vit dans un tableau de nature, s’émerveille Arlette Burri, derrière les baies vitrées de la grange rénovée où elle est installée avec époux, enfants et petits-enfants. Autour ce n’est que montagnes, forêts, vignes et prés. Les enfants jouent dehors, l’été ils vont au bord de la Gryonne. Même si je ne m’y mêle pas trop, par timidité, cela me fait plaisir d’habiter dans une communauté si vivante!»

«Des liens forts se sont créés, s’émeut Michael Dupertuis. Dans des moments difficiles je me tourne vers le groupe, ce que je n’imaginerais pas forcément ailleurs avec des voisins…» Son épouse, Laurette perpétue avec d’autres mamans l’organisation des Noëls des Dévens, tradition longtemps portée par l’institutrice du village. Le couple a le cœur fendu à l’idée de devoir déménager bientôt avec ses trois enfants. Laurette trouve quand même matière à rire: «Il y en a ici qui m’ont dit: «Nous, on ne pourrait pas retourner en ville…» Alors que nous allons juste à Bex… Cela veut tout dire!»

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