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Un drame trouble se joue sur le plateau de Villars

Stéphanie Chuat et Véronique Reymond réalisent un drame en langue allemande avec des acteurs de premier plan.

Stéphanie Chuat (à g.) et Véronique Reymond lors du tournage de leur film «Schwesterlein» («Petite sœur») dans le bowling de Villars.
Stéphanie Chuat (à g.) et Véronique Reymond lors du tournage de leur film «Schwesterlein» («Petite sœur») dans le bowling de Villars.
Florian Cella

Titubant, ahanant, coiffé d’une perruque bleue, Sven crie son désespoir sur la piste de danse d’un club en jurant abondamment. Avant de connaître un bonheur furtif dans les toilettes avec un amant. Ces scènes, fictives, ont été tournées la semaine dernière au bowling de Villars par Véronique Reymond et Stéphanie Chuat. Les réalisatrices du film primé «La petite chambre» et du documentaire «Les dames» filment Lars Eidinger, dans le rôle de Sven, «une véritable icône du cinéma et du théâtre allemand», note Véronique Reymond. «Un acteur hallucinant et tellement sympa», ajoute un technicien.

Les deux Lausannoises, comédiennes de formation, tournent «Schwesterlein». Ce drame est leur deuxième fiction. «Il y a quatre ans que nous travaillons sur ce projet, explique Stéphanie Chuat. Après, entre l’idée et la réalisation se met souvent en place un long processus jalonné par X facteurs, dont le financement.» Ce film, dont le budget est de 3 millions de francs, est produit par Vega, maison de production zurichoise renommée à l’international, grâce notamment à des œuvres de Jean-Luc Godard, Alain Resnais, Ursula Meier, Nicole Garcia ou Christophe Barratier.

Plusieurs scènes prennent donc corps à Villars. Une vingtaine de jeunes figurants dansent dans le local sombre et enfumé de la station, certains y jouent au bowling, d’autres au billard. Parmi eux, Nicolas, professeur de tennis sur la Riviera: «C’est la première fois que je participe à un film. Je suis passionné de cinéma et je voulais connaître l’envers du décor. Je me suis renseigné sur les réalisatrices et les acteurs avant de venir. C’est une expérience enrichissante et très marrante.»

Théâtre berlinois en fil rouge

Patron du bowling, Alain Chavaillaz, qui n’est pas figurant, met de l’huile dans les rouages de l’équipe de tournage, une vingtaine de techniciens romands et alémaniques. «Je trouve ça absolument génial. On voit un film dans son canapé mais on ne sait pas comment ça se fabrique. Ce qu’il y a à faire, à défaire, à refaire.» Comme pour souligner ses propos, la scène du monologue de Sven est tournée à plusieurs reprises. En anglais, puis en allemand. Lars Eidinger improvise. «Pour moi, c’est un privilège. Je bosse, mais je m’amuse également», glisse le patron.

Les deux réalisatrices ont principalement posé leur caméra à Leysin, mais aussi à Berlin, Lausanne, Clarens et Gryon. Les Préalpes vaudoises ont été privilégiées car le duo souhaitait «réaliser une fiction dont le cadre serait les montagnes, avec un focus sur les écoles internationales, notamment le milieu anglophone». Et Véronique Reymond de poursuivre: «C’est l’histoire de Lisa, dont le couple est en crise. Brillante auteure de théâtre berlinoise, elle a mis sa carrière entre parenthèses. Son mari, Martin, est directeur d’une prestigieuse école internationale.» Le film s’articule autour de la relation déchirante entre Lisa et son jumeau Sven, atteint d’une leucémie foudroyante.

Ce drame est majoritairement en langue allemande (en partie en français et en anglais). «C’est un choix dû notamment à notre volonté affirmée depuis longtemps de travailler avec Nina Hoss, immense actrice allemande que nous avions adorée dans «Barbara», poursuit Stéphanie Chuat. Et là, miracle! Les Vaudoises rencontrent par hasard la comédienne dans une boutique à Berlin. «Nous lui avons dit que nous voulions tourner avec elle, que nous lui avions déjà écrit un rôle. Nous avons partagé trois heures avec elle dans un café. Elle nous a «googlées», puis rappelées pour nous faire part de son intérêt.»

Marthe Keller en maman

Les deux comédiennes sont attachées au théâtre allemand, notamment à la Schaubühne de Berlin, qui a joué au Théâtre de Vidy. Thomas Ostermeier, directeur du théâtre, interprète d’ailleurs son propre rôle dans «Schwesterlein». Acteur vu et revu chez Lars Von Trier, Jens Albinus est Martin. Enfin, la mère des jumeaux est Marthe Keller, la grande dame du cinéma suisse qui a joué avec Hofmann, Brando ou Pacino, dont elle fut la compagne.

Le tournage s’achève cette fin de semaine, mais la date de sortie du film n’est pas encore connue. «Peut-être vers la fin de l’année, début de la suivante», précise Ruth Waldburger, patronne de Vega. Pourquoi pas pour la prochaine… Berlinale? «Ce serait formidable si le film était sélectionné», conclut la productrice.

Les deux réalisatrices fourmillent de projets. Le prochain les ramènera à la télévision avec l’écriture et le tournage d’une série en six épisodes. «Toxic» est un thriller écologique produit par la RTS qui part d’une contamination mystérieuse dans le Léman», annonce Véronique Reymond.

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