Elan de solidarité pour une famille naufragée à Vevey

IntempériesJulia et Cédric, qui vivent depuis dix ans sur leur bateau, ont tout perdu lundi soir à cause de la violente tempête.

«La Luge» sera évacuée vendredi par un bateau-grue de la Sagrave, direction le chantier naval Dominique Menut SA, au Bouveret.

«La Luge» sera évacuée vendredi par un bateau-grue de la Sagrave, direction le chantier naval Dominique Menut SA, au Bouveret. Image: Christophe Boillat

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«Cela fait dix ans que nous vivons à bord de notre bateau. C’est carrément notre maison que nous avons perdue.» Julia Sallaberry est encore sous le coup de l’émotion. Ce funeste lundi soir, la tempête qui s’est abattue avec soudaineté et violence sur le Léman a éventré l’embarcation que cette musicienne et professeure de harpe – notamment au Conservatoire d’Yverdon – partage avec son compagnon, Cédric Lorenz, et leur fillette, Linda.

Le bateau, un voilier Guy Couach de 13 mètres, 10 tonnes à vide, était amarré à une place visiteurs au bas de la place du Marché de Vevey. «Nous sommes en vacances et sommes venus pour la journée à Vevey, après des étapes à Versoix, Nyon et Préverenges», explique Cédric. Le couple genevois et leur fillette jouaient à terre, au jardin du Rivage, quand le vent s’est mis à gonfler. «J’ai montré à Julia la barre blanche qui s’avançait sur l’eau. C’est allé très vite. Nous avons connu des tempêtes mais jamais de la sorte», poursuit Cédric, serrurier menuisier indépendant.

Quelques minutes avant que son voilier ne soit couché par la houle sur la barrière du quai, il est monté à bord pour démarrer le moteur et tenter de le sortir en marche arrière. En vain. Il a alors sauté du bateau. Tout autour, des sauveteurs intervenaient sans relâche pour secourir des navigateurs en détresse. À l’instar des sociétés de sauvetage veveysannes, La Sentinelle et le Vétéran, ou encore José Justo, le loueur de pédalos et de bateaux bien connu, qui s’est blessé à une main lors d’une intervention.

Serge, Marthe et les autres

Nous avons rencontré Julia et Cédric mercredi à ce même jardin du Rivage, à quelques encablures de leur bateau. S’ils louent un petit studio de travail à Genève, ils ont perdu lundi ce qui constitue leur principale maison. Mais pas seulement. «Le peu que nous avons récupéré tient dans la poussette de notre fille. Heureusement, nous avons ses peluches préférées et son vélo, mais pas ma harpe, ni le reste», résume Julia. L’ordinateur, les papiers, le téléphone de Cédric, par exemple, risquent de passer par pertes et profits. Fataliste, ce dernier rassure: «Nous sommes en bonne santé et moralement ça commence à aller mieux.»

Le couple, qui va devoir s’installer chez la maman de Julia le temps de trouver une autre solution, est surtout marqué par le formidable élan de solidarité que les gens de la région leur ont témoigné. Des inconnus qu’ils tiennent à nommer et à remercier: «Je n’avais jamais vu ça, dit Julia, très touchée. Il y a Serge Broggi, qui est venu directement nous soutenir, nous conseiller. Rien que la douceur dans son regard et son calme nous ont rassurés. Surtout, il nous a ouvert ses portes et hébergés deux nuits chez lui. Sa voisine Nadège Thomet a pris en charge notre fillette.» Cédric salue aussi «André, le garde-port de Vevey, qui n’a pas arrêté de nous aider».

D’autres anonymes leur ont proposé de venir manger chez eux, d’y dormir. Certains sont revenus avec des sacs, des affaires de première nécessité. Angélique a mis à disposition son minibus. Julia veut rendre hommage à tous ces inconnus qui leur ont tendu la main: «Il y a encore Marthe et sa famille, qui ont gardé Linda deux heures, Meriem, venue nous porter des habits à 2 h du mat’, Madeleine et Christian, Yves. Mon Dieu, j’espère que je n’oublie personne.»

La Ville de Vevey n’est pas en reste. «Nous sommes allés à la Direction des affaires sociales. Sa cheffe, Stéphanie Zufferey, a multiplié les démarches pour nous, notamment auprès de ses homologues genevois», informe Julia. Le couple va devoir désormais trouver un nouveau gîte et tenter de se faire indemniser. «Notre assurance a débloqué immédiatement 1000 francs en guise de minimum vital. Ils ont promis de traiter notre dossier en priorité», précise Cédric.

Touché mais pas coulé, le couple veut désormais aller de l’avant. Mais surtout se souvenir de tous les bons Samaritains de la Riviera. «Nous allons garder contact. Dès que tout sera réglé, j’organiserai un repas pour les remercier», conclut Julia, au bord des larmes. (24 heures)

Créé: 08.08.2018, 17h23

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