«Entêté» ou «indécis»? Le syndic répond à la critique

Ormont-DessusRetour sur l’ambiance délétère qui mine le débat politique et a poussé Philippe Grobéty vers la sortie.

Philippe Grobéty quittera son poste de syndic à la fin de l'année.


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Usé, Philippe Grobéty a annoncé il y a une semaine vouloir renoncer au fauteuil de syndic d’Ormont-Dessus, qu’il occupe depuis 2009 (voir notre édition du 5 juin). L’édile, qui reste en poste jusqu’à la fin de l’année, estime avoir essuyé des «critiques peu constructives» de certains élus, déplore le ton agressif employé à son égard et dit avoir vu son véhicule vandalisé à plusieurs reprises. Depuis plusieurs mois, les débats houleux du Conseil confirment ce climat délétère. Comment en est-on arrivé là?

Difficile, selon l’intéressé, de situer avec précision le point de départ de cette rupture. «Les dossiers problématiques se sont succédé: Lex Weber, LAT… Ils ont contribué à créer des tensions dans le village», relève Philippe Grobéty. L’homme a également été attaqué à de multiples reprises. Sur sa gestion du dossier Isenau, notamment pour n’avoir pas immédiatement pris la défense de ce domaine skiable, biffé des premières ébauches d’Alpes vaudoises 2020. Des remontrances lui ont été adressées quant au nombre d’heures supplémentaires facturées par la Municipalité. Ses détracteurs n’ont pas été tendres lorsque le groupe BOAS a annoncé son retrait du projet de centre aqualudique au pied du Meilleret… Philippe Grobéty paie-t-il la note de ces écueils à répétition? «Je pense que le fait que je sois en poste depuis dix ans fait qu’on associe mon nom a ces retards», répond-il.

«La contradiction fait partie de la politique, je l’accepte. Mais on peut la formuler sans agressivité et de manière constructive»
Philippe Grobéty, syndic d'Ormont-Dessus

Son frère, Patrick Grobéty, qui siège au Conseil communal, reconnaît que la situation le touche. «D’une part parce qu’il s’agit de mon frère, mais aussi parce qu’elle trahit une ambiance générale déplaisante. Même si les situations sont différentes, notre précédent syndic (ndlr: Philippe Nicollier) évoquait aussi une usure en donnant sa démission.» L’hôtelier regrette surtout le ton utilisé par certains de ses collègues en plénum. «On peut être critique, mais sans être désagréable ou irrespectueux.»

Dialogue de sourds?

Le syndic démissionnaire l’affirme dans le journal local «Le Cotterg»: «Chaque fois que j’ouvrais la bouche, certaines personnes ne m’écoutaient même pas et cherchaient aussitôt des arguments agressifs pour me contrer.» Le conseiller Philippe Bonzon fait partie des élus qui ont convoqué en urgence le parlement ormonan pour que lui soit soumis le projet de convention avec les opposants à Isenau, aujourd’hui contesté par un référendum. Il réagit vivement aux propos de Philippe Grobéty: «Notre Conseil travaille intelligemment. Son rôle est de poser des questions. J’ai au contraire l’impression que le syndic n’a pas toujours envie de les entendre.» Philippe Grobéty nuance: «La contradiction fait partie de la politique, je l’accepte volontiers. Mais on peut la formuler sans agressivité et de manière constructive.»

La critique paraît d’ailleurs paradoxale: alors qu’on lui reproche son entêtement, d’aucuns regrettent son indécision. Comme d’autres, son prédécesseur Philippe Nicollier estime que «son tort est peut-être de ne vouloir faire que des heureux». Ancien édile et membre du Conseil communal, Philippe Pichard abonde: «J’ai l’impression qu’il n’a jamais voulu gérer les conflits. Lorsque j’ai démissionné de la Municipalité, je lui avais demandé de se comporter en chef. Nous n’avons pas forcément les mêmes idées, mais j’aurais aimé qu’il prenne plus souvent position.» «J’ai le caractère que j’ai, répond Philippe Grobéty. J’ai été élu à trois reprises au poste de syndic. Il faut croire qu’on m’accorde de la confiance.» (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 10h20

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