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L’entrepreneur gourmet cultive qualité et simplicité

A la tête de sociétés ou aux fourneaux, cet enfant de la Riviera a de l’or au bout des doigts. Et dans le cœur.

«C’est de la curiosité. Dès que je vois quelque chose qu’on peut développer, j’essaye» Olivier Fahrni, entrepreneur et bon vivant
«C’est de la curiosité. Dès que je vois quelque chose qu’on peut développer, j’essaye» Olivier Fahrni, entrepreneur et bon vivant
Patrick Martin

«Simple, performant, intuitif.» Olivier Fahrni choisit ces mots pour faire l’éloge d’un logiciel qu’il administre. Mais il pourrait aussi bien se les appliquer à lui-même, s’il n’était également humble, discret et déconcertant de naturel quand il s’agit d’évoquer son parcours fulgurant dans le monde des affaires de la Riviera vaudoise. Son CV, qui aligne les responsabilités dans la banque, l’assurance, l’hôtellerie de luxe ou l’immobilier, serait d’une redoutable froideur sans cette personnalité bonhomme, tout en rondeur et en délicatesse, qui vous reçoit avec un café dans un appartement où tipi, cuisinière miniature et coccinelle à roulettes, soigneusement parqués, ne détonnent pas dans la déco élégante.

Speedmaster au poignet, chemise sobre, l’allure est soignée mais rien de bling-bling ne s’affiche chez cet homme spontané. Le style golden-boy «avec Porsche et lunettes de soleil», très peu pour lui. Sa réussite, il la mesure à la chaleur de son foyer, à la gaîté de ses amis, à ces moments privilégiés où il s’extrait de la couette aux aurores le samedi matin pour gagner le marché de Vevey. Il y tutoie les grands chefs, tout en quêtant le filet de féra ou les chanterelles qu’il cuisinera le midi pour sa femme et sa fille.

S’il y a un fil conducteur au parcours de ce curieux de tout, c’est peut-être une constante quête de qualité dans les produits (qu’il vend ou qu’il apprête) et dans les relations. Une exigence que l’on peut lire dans ce choix de tout plaquer à l’aube de ses 30 ans, pour s’accorder un tour du monde. «J’avais un bel appart, une belle voiture. Je me suis dit: «Est-ce que tu veux continuer trente ans comme ça? Ça ne va pas, il faut te bouger un peu, sortir de ta zone de confort.» On est en 2006 et le natif de la Riviera est déjà assis sur une solide réputation professionnelle. Notamment en trustant année après année le podium du très select classement des meilleurs vendeurs du pays à La Vaudoise Assurances. Pourtant, il lâche tout et part avec un carnet, un stylo, un appareil photo et un budget de 20 francs par jour.

Un périple initiatique

«Je voulais prendre le Transsibérien, marcher sur la muraille de Chine et être à Ushuaia pour mon anniversaire.» Avec ses rêves pour seul itinéraire, il improvise un périple passant par l’Asie, l’Australie et l’Amérique du Sud, où il séjourne deux mois dans une famille pour apprendre l’espagnol. Son regard s’allume à l’évocation des rencontres improbables et des amitiés tissées au cours de ce cheminement initiatique, dans les dortoirs des auberges de jeunesse et les transports en commun. «Quand on part seul, on n’est jamais seul! On passe une heure, une semaine avec quelqu’un. On doit s’ouvrir aux autres.»

Il atterrit en Suisse juste à temps pour enfiler son tablier de tenancier des chalets Tatanka, au Marché de Noël de Montreux. Ce défi relevé avec deux potes sur une boutade en 2004 (et qui se poursuit depuis quatorze ans), le voit servir des fondues de chasse, des planchettes apéro et de bons crus dans le lieu boisé qui affiche complet d’année en année. Derrière la féerie de la Nativité se cache un business qui ne laisse aucune place à la bricole, vu la précarité des infrastructures. Pas de quoi effrayer notre organisateur confirmé, qui a payé ses galons comme fourrier à Savatan, où il mettait un point d’honneur à améliorer l’ordinaire de la troupe grâce à une cagnotte née à son initiative. Épaté, son quartier-maître le propulse responsable du ravitaillement sur la partie haute de la Patrouille des Glaciers. Il y œuvre durant deux décennies.

À l’image de ces engagements intenses, l’homme d’affaires ajoute nombre de marottes parallèles à son job officiel. Participation au jeu télévisé Les Toqués du Terroir en 2012 (qu’il remporte), licence de distribution pour une marque d’appareils photo, société de location de housses de chaises… «C’est de la curiosité. Dès que je vois quelque chose qu’on peut développer, j’essaye.»

Du talent pour évaluer les situations

«Ce gars réussit dans tout ce qu’il entreprend, admire son ami Christian Perrette, rencontré sur les bancs du Conseil communal de La Tour-de-Peilz. Je crois qu’il doit sa réussite à sa capacité d’évaluer tout de suite une situation. Il a le sens de repérer ce qu’il faut faire pour progresser. Mais comme toutes les personnes bonnes dans leur domaine, il peut devenir un peu susceptible si on l’embête», glisse avec tendresse le «tonton de cœur», dont les toiles ornent les murs des Fahrni. Peu avant la quarantaine, alors que le ventre de son épouse Pauline s’arrondit, Olivier Fahrni décide de «se poser.» Pour lui, cela signifie investir sur la durée et travailler en famille. Sa compagne dirige une société de gérance et l’opportunité d’acquérir une agence immobilière pour devenir complémentaire au sein du couple se mue en évidence: «Comme quand on rencontre sa future femme ou son futur mari!»

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