«L’époque des syndics qui restent 20 ans est révolue»

InterviewPhilippe Gex a annoncé lundi sa démission de son poste de syndic, après quatorze ans. Il s'explique.

Chaise longue et farniente? Très peu pour Philippe Gex qui annonce une «retraite» très active, après 21?ans à la Municipalité, dont 14 dans le fauteuil de syndic.

Chaise longue et farniente? Très peu pour Philippe Gex qui annonce une «retraite» très active, après 21?ans à la Municipalité, dont 14 dans le fauteuil de syndic.

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Philippe Gex se décrit comme un «délinquant». Amateur de cigares et de bons vins, «à une époque où on condamne les fumeurs et où l’alcool a mauvaise presse», le syndic d’Yvorne fait volontiers l’éloge du plaisir: «Le rire, c’est tonique. Je hais les quérulents, les esprits chagrins!» Cette notion de plaisir l’a accompagné dans sa carrière politique. Il abandonnera sa charge de syndic le 30 juin prochain, avant que l’envie n’y soit plus. Une élection complémentaire aura lieu ces prochains mois.

Vous évoquez une usure et des pépins de santé pour justifier votre départ…

Ce n’est rien de grave: ça grince, mais la caisse est solide! L’époque des syndics qui restent en poste vingt ans est révolue. Il faut savoir partir quand il n’y a plus le même plaisir. Et admettre que, si cette usure te pèse, les autres en ressentent autant à ton égard. Cela dit, je l’ai confessé au Conseil communal: j’adore être syndic! J’ai passé quatorze années de plaisir à ce poste. Et j’aime passionnément Yvorne.

Y a-t-il une réussite qui résume l’ère Philippe Gex?

Avec mes activités de viticulteur et ma fonction de gouverneur du Guillon, qui m’a assuré un réseau exceptionnel, j’ai porté loin le nom d’Yvorne et contribué à donner du lustre à notre vignoble. J’en retire une certaine fierté. Mes deux prédécesseurs, Robert Isoz et Jacques Deladoey, étaient aussi viticulteurs. Grâce à notre travail, notre commune garde sa vocation principale.

Qu’est-ce qui a changé en quatorze ans?

J’ai été municipal de 1986 à 1992. Ça ne fait pas 2000 ans! J’ai l’impression que les choses se réglaient plus facilement à l’époque. Aujour­d’hui, on fait face à beaucoup plus de procédures, on a affaire à des avocats, à des bureaux d’études. Je me sens parfois en décalage. Et dès que tu commences à te dire: «C’était mieux dans le temps», le moment est venu de te retirer.

Le projet municipal de parking a fait face à une vive opposition l’an dernier. Cela a-t-il pesé dans votre choix?

Non. J’aime qu’on ne soit pas d’accord avec moi, j’aime le débat. Ce n’est pas un échec personnel: simplement une divergence de vues entre la Municipalité et la moitié de la population. Il y a eu des mots prononcés à mon encontre qui m’ont touché. Mais j’ai eu du plaisir à porter ce dossier. Je suis satisfait du travail de la Municipalité et j’accepte le résultat.

Quel est votre principal tort?

J’en ai de nombreux, mais il y en a un en particulier: j’aime que les choses aillent vite. Je suis à moitié Italien. Cela me pousse à me dire qu’on peut décider quelque chose et y réfléchir après. Le tempérament vaudois est inverse. On peut me reprocher mon côté autoritaire, mais je préfère un chef qui décide à un chef qui «pétouille». Aujourd’hui, on ne fait que discuter, consulter. C’est bien, mais, a contrario, ça bloque les dossiers.

Et votre plus grande qualité?

Pour être syndic, il faut de l’enthousiasme et de la ténacité. Je me suis «battu» treize ans avec le Canton pour qu’on sécurise le carrefour en contrebas du village (ndlr: attendu depuis un quart de siècle, un rond-point doit prochainement y être aménagé). C’est usant, mais une fois que tu as les dents dans le jambon, tu ne le lâches plus!

A quoi va ressembler votre retraite?

Elle n’est que partielle. J’ai une grosse affaire: on cultive 25 hectares de vigne. Et j’ai toutes sortes d’activités parallèles. Je redoute par-dessus tout l’ennui, et il me gagne vite lorsque je n’ai pas trop de choses à faire. Je peux vous dire que j’en ai été protégé ces trente dernières années. (Il rit.) (24 heures)

Créé: 12.05.2015, 18h02

En quelques dates

1958 Le 29 juillet, il naît
à Lausanne.

1977 Année «profitable mais douloureuse» en Allemagne.

1980 Nouveau voyage, aux Etats-Unis cette fois.

1982 Mariage avec Dominique.

1985 Naissance de leur fille, Coralie.

1986 Premier passage à la Municipalité d’Yvorne.
Il y reste jusqu’en 1992.

1987 Philippe Gex met en bouteilles son premier vin.

2001 Il accède en juillet à la syndicature, après le décès de son prédécesseur, Jacques Deladoey. Il devient gouverneur de la Confrérie du Guillon la même année.

2011 Il renonce à sa charge de gouverneur du Guillon.

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