L'équipe de la Fête des Vignerons 2019 est connue

FestivitésUne compositrice tessinoise épaulée par deux Vaudois, deux librettistes du terroir, un scénographe parisien et une costumière italienne accompagneront Daniele Finzi Pasca.

De g. à dr.: Jérôme Berney, Maria Bonzanigo, Valentin Villard (compositeurs), Giovanna Buzzi (costumière), Stéphane Blok (librettiste), Jean Rabasse (scénographe) et Blaise Hofmann (librettiste).

De g. à dr.: Jérôme Berney, Maria Bonzanigo, Valentin Villard (compositeurs), Giovanna Buzzi (costumière), Stéphane Blok (librettiste), Jean Rabasse (scénographe) et Blaise Hofmann (librettiste). Image: Christian Brun/Keystone

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Sept d’un coup, comme le petit tailleur! La Commission préparatoire de la Fête des Vignerons 2019 a révélé hier, dans la splendeur lémanique, les noms de ceux qui travailleront sous «la houlette bienveillante mais ferme», selon les mots de l’abbé-président François Margot, de Daniele Finzi Pasca.

Le maître d’œuvre tessinois avait dans sa manche trois des sept nouveaux visages de la Fête. Maria Bonzanigo, la compositrice – une première pour la Confrérie, qui vit désormais avec des femmes en son comité –, est née à Lausanne il y a 49 ans. Cette Tessinoise d’origine collabore depuis trente ans avec Daniele Finzi Pasca. A leurs débuts, ils ont créé des numéros de cirque et se sont frottés au théâtre expérimental avec le Polonais Jerzy Grotowski. Puis se sont retrouvés sur une trentaine de spectacles (parmi lesquels Donka, La Verità, Bianco su Bianco). Si les notes n’ont pas de secrets pour elle, elle est aussi chorégraphe et metteur en scène. Elle se passionne également pour la musique de chambre.

Deux Vaudois lui prêteront main-forte pour composer les musiques de la Fête. Jérôme Berney est né en 1971 à Vancouver, mais il a étudié le piano et la batterie à Lausanne et est connu pour jeter des ponts entre le jazz et la musique classique. On a pu entendre sa musique au Montreux Jazz Festival, au Cully Jazz ou à l’église Saint-François de Lausanne. Il se réjouit de «réinventer notre patrimoine». Quant à Valentin Villard, né à Lausanne – le benjamin de la bande du haut de ses 30 ans –, il possède déjà une belle expérience. On lui doit notamment quatre des treize pièces de Valais*13, qui marquait, cette année, le bicentenaire de l’entrée du Valais dans la Confédération. En 1999, il était dans le chœur d’enfants du Messager Boiteux. «Lorsqu’on nous a demandé de remplir un questionnaire à l’issue de la Fête, à la question: que souhaiterez-vous faire pour la prochaine célébration, j’ai répondu écrire la musique.» Voici ce jeune fervent de musique chorale et de chant sacré plus que comblé.

Blok et Hofmann à la plume

Et le livret, demanderez-vous, qui en sera l’auteur? Deux plumes régionales, Stéphane Blok (né à Lausanne en 1971) et Blaise Hofmann (né à Morges en 1978) inventeront une écriture à quatre mains. Car comme l’a si bien dit Ramuz dans son récit Une main, il en faut deux pour écrire. Inutile de présenter le premier, poète et musicien, que les Vaudois connaissent depuis le siècle passé. «Un homme pour qui le passage du texte à la musique est d’une facilité déconcertante», s’enthousiasme François Margot. Le second fait l’actualité avec son dernier roman Capucine (Zoé). «Il écrit en s’immergeant dans ses sujets», résume l’abbé-président.

Restent le scénographe et la costumière, le Parisien et la Milanaise. Les deux, précieux et talentueux collaborateurs de Daniele Finzi Pasca, appartiennent à l’Olympe des créateurs du théâtre, de l’opéra, du cinéma et des grandes cérémonies populaires. Jean Rabasse (54 ans) a œuvré avec Philippe Découflé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Albertville. Chef décorateur décoré plusieurs fois pour ses trouvailles dans le monde du septième art, il a été de Delicatessen (Jeunet et Caro), Moi et toi (Bertolucci) ou La Vénus à la fourrure (Polanski). La sexagénaire Giovanna Buzzi a travaillé pour les plus grandes scènes lyriques, à la Scala de Milan comme à la Fenice de Venise. Elle a dessiné les costumes de la cérémonie de clôture des JO de Sotchi, l’an dernier. Hier, elle a soufflé: «Cette Fête des Vignerons sera le plus beau travail de ma vie, car les vêtements seront portés pendant trois semaines et ensuite conservés chez eux par tous les participants.»

L’abbé-président a tenu à rappeler que cette aventure se voulait horizontale et que le talent humain comptait au moins autant que les qualités des personnes chargées «d’offrir au public un événement au cœur de son temps». Le mot de la fin à Daniele Finzi Pasca: «Nous allons renouveler la Fête, sans changer les bases de la tradition. Nous nous essaierons tout spécialement à raconter la vie des gens qui vivent l’expérience de la terre. Une évidence moins connue qu’il y a cent ans.» (24 heures)

Créé: 30.10.2015, 18h05

Jean Rabasse

scénographe

«Je vais dessiner le théâtre, les accessoires et des morceaux de décors. Je ne connaissais pas la Fête des Vignerons, qui est davantage qu’une fête. C’est un moment important, un moment de rassemblement. On souhaite que les gens, que les spectateurs fassent vraiment partie du spectacle. Il ne faut pas qu’ils viennent le voir, mais qu’ils y participent, qu’ils le vivent.»

Stéphane Blok

librettiste

«Cela représente pas mal de responsabilités, mais ce n’est pas effrayant vu qu’on est tous engagés pour quelque chose que l’on sait faire. Nous n’avons pas encore déterminé comment on allait écrire à deux. Nous nous laissons toute liberté: tous les schémas sont possibles. En sortant de la Fête en 1999, je me suis dit: j’aimerais écrire le livret de la suivante.»

Maria Bonzanigo

compositrice

«J’ai des souvenirs d’enfance ici: couleurs, odeurs, façons de parler. Je vais donc aller y puiser et essayer de traduire cela en musique en faire une résonance. Pour moi, le «Ranz des vaches» est le centre de tout. Il est tellement beau ce thème qu’il ne faut pas l’abîmer. J’aime beaucoup la version de 1977, qui est très authentique. En plus, je l’ai entendu, enfant.»

Blaise Hofmann

librettiste

«Nous travaillerons de manière complémentaire. La difficulté sera de trouver un ton unique qui tienne tout le livret. Je suis accroché au réel: archives et rencontres. Stéphane a le lien avec la musique. L’idée est de ne pas livrer un texte définitif, mais un texte qui évolue jusqu’à six mois avant la Fête. Je connais ce que les Fêtes suscitent en passion et en identification.»

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