L’extension du Gymnase de Burier préoccupe tout son personnel

RivieraL’établissement de 1600 élèves doit en accueillir 450 de plus, dans des infrastructures sous-dimensionnées. Situation transitoire, dit le Canton.

Le gymnase de Burier compte près de 1600 jeunes, alors qu’il était prévu pour 800 à 1000. Six salles de classe ont été rajoutées dans des containers provisoires, toujours en place.

Le gymnase de Burier compte près de 1600 jeunes, alors qu’il était prévu pour 800 à 1000. Six salles de classe ont été rajoutées dans des containers provisoires, toujours en place. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Nous sommes conscients de l’intérêt public prépondérant d’ouvrir des classes supplémentaires. Nous ne sommes pas dans une logique corporatiste de bloquer pour bloquer, mais ce qui est proposé est inadéquat, précipité, et va péjorer les conditions d’enseignement.» À l’image de cette réaction d’un professeur de Burier, l’ambiance est à l’inquiétude du côté du gymnase de l’Est vaudois. Raison: l’extension de l’établissement, mise à l’enquête jusqu’à mi-avril, officiellement pour 17 classes supplémentaires – et 2 spécialisées d’informatique et de sciences – pour l’équivalent de 450 élèves supplémentaires.

Le provisoire qui dure

En mars déjà, les enseignants de Burier ont écrit au Canton. Selon eux, leur gymnase est saturé: il compte près de 1600 jeunes, alors qu’il était prévu pour 800 à 1000. Six salles de classe ont été rajoutées en 2006 dans des containers provisoires, qui sont toujours en place. Les professeurs s’inquiètent donc de voir Burier dépasser la barre des 2000 élèves, et ce, sans que les infrastructures (aula, bibliothèque, cafétérias, etc.) ne suivent. «C’est déjà le plus gros établissement de ce type de Suisse romande. Comme chef du Service de la promotion économique du canton, Lionel Éperon a été très efficace à amener de nouvelles personnes sur le territoire. J’espère qu’il sera aussi bon dans la gestion de ce problème», pique un syndicaliste. C’est en effet le nouveau chef de la Direction de l’enseignement postobligatoire, Lionel Éperon, qui s’est déplacé mercredi à Burier pour calmer les esprits.

Sur ce dossier, les professeurs font front commun avec tous les salariés de Burier. Outre des problèmes de mobilité, ils déplorent que des éléments, comme les salles de sport, n’ont pas été pris en considération pour l’arrivée de ces 450 nouveaux élèves, prévue pour la rentrée d’août 2020. Des soucis aussi mis en avant dans l’une des oppositions à cette extension. «Déjà actuellement, une partie des gymnasiens mangent dans les couloirs, constate un professeur. Quant aux salles de gym, nous sommes déjà dans l’illégalité car tous les élèves ne disposent pas des heures de sport prévues. On nous répond qu’en certains endroits à Lausanne, c’est pire, ce n’est pas un argument», s’agace un enseignant.

Le Canton ne cache pas que la situation n’est pas idéale: «En dépit d’aménagements qui amélioreront les équipements, la solution ne sera pas optimale, concède François Modoux, porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC). Mais il n’y a pas d’alternative à cette extension devenue urgente pour remplir des obligations légales: préserver un enseignement de qualité, garanti par un maximum de 24 élèves par classe; et surtout garantir une place à chaque gymnasien dans son ère de recrutement, au nom de l’équité entre régions.» Pour l’heure au contraire, 200 élèves de l’Est vaudois se déplacent jusqu’à Lausanne.

Aigle n’ouvrira qu’en 2026

Selon le DFJC, la situation de saturation de certains équipements à Burier ne devrait être que transitoire: «L’ouverture du futur hôpital de Rennaz a pris de retard, ce qui reporte la libération du site de l’hôpital d’Aigle où devra s’installer le futur gymnase, en principe en 2025-2026. Une fois ce gymnase aiglon ouvert, l’effectif de Burier devrait retomber proche de la jauge standard d’un gymnase vaudois.» Soit entre 1000 et 1200 élèves.

Entre 2020 et 2026, hormis les quelques «aménagements» prévus, rien de définitif: le Canton veut d’abord réfléchir à ce qu’il souhaite développer sur le reste de cette immense parcelle de La Tour-de-Peilz (dont environ 14'000 m2 seront encore disponibles).

Dernier sujet d’agacement des enseignants: avant l’arrivée de la ministre Cesla Amarelle, il leur avait été promis sous l’ère Anne-Catherine Lyon non pas une extension mais deux établissements distincts. Le DFJC estime que ce serait «dysfonctionnel»: «Dans un premier temps, nous avons besoin à Burier d’une gouvernance unique et cohérente.» «Et comment tiendrons-nous des conférences des maîtres à 200 enseignants? Il y aura moins de temps pour discuter des cas et des soucis des élèves», anticipent des enseignants. Affaire à suivre. (24 heures)

Créé: 07.06.2018, 22h06

Articles en relation

Un gymnase poussera au milieu des champs

Echallens Le législatif d’Echallens a accepté mercredi de vendre une parcelle au Canton. L’ouverture du premier gymnase campagnard est espérée pour août 2021. Plus...

Au Gymnase de Burier, 20'000 jeunes se sont ouverts au monde

Anniversaire En quatre décennies, l’école a passé de 300 à 1600 élèves. Tous y sont conviés samedi. Afin de renouer avec un tournant de leur vie. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...