La force des rivières conte le passé des Ormonts
HistoireLes moulins ont fleuri au cours des siècles dans la vallée. Une nouvelle exposition met en scène cette histoire.
Si la Suisse est décrite comme le château d’eau de l’Europe, les Ormonts pourraient mériter le surnom de château d’eau du Pays de Vaud. La vallée est riche en or bleu; cette ressource a naturellement forgé l’histoire de la région.
La nouvelle exposition du Musée des Ormonts raconte comment les moulins y ont fleuri, siècle après siècle. Pour retracer cette histoire, l’institution s’est plongée dans d’anciens plans cadastraux, dans les textes officiels délivrant des concessions aux exploitants ainsi que dans les petits vallons ormonans: «Un certain nombre de ruines attestent encore de la présence de moulins aujourd’hui presque oubliés», a pu constater Mary-Claude Busset, conservatrice du musée.
Les plus anciennes mentions explorées par l’expo remontent au XVIe siècle, «lorsque les Bernois reprennent et confirment les concessions auparavant attribuées par les seigneurs savoyards. Mais il est certain que l’énergie hydraulique était utilisée de longue date», estime Mary-Claude Busset. La force de la Grande Eau, des ruisseaux du Sépey et de La Forclaz ou de la Raverette entraîne moulins, forges, foulons et battoirs.
La route change tout
Un événement chamboule la vie de la vallée: en 1840, la route d’Aigle atteint Le Sépey puis désenclave la jeune station des Diablerets, vingt-huit ans plus tard. «Son ouverture a permis d’acheminer plus facilement des céréales dans la vallée, alors qu’elles étaient cultivées sur place à grand-peine», raconte Mary-Claude Busset. À l’inverse, le bois, auparavant flotté sur la Grande Eau pour alimenter les foyers des salines de Bex, peut désormais être «exporté» plus aisément. Les moulins se raréfient; les scieries hydrauliques les remplacent. Celles-ci connaissent leur âge d’or à la fin du XIXe siècle, approvisionnant la prestigieuse parqueterie d’Aigle. Remise en service en 2017, la Scie des Planches est l’un des derniers témoins «vivants» de cette ère. D’autres entreprises de l’époque subsistent, mais ont depuis été électrifiées.
Cette industrie va à son tour céder le pas à une autre: les centrales au fil de l’eau, construites au tournant du siècle. La toute première ouvre à Vuargny en 1896. Aux Diablerets, on «fabrique de la lumière», selon l’expression alors en vigueur, dès 1904. Un privé aménage une centrale sur le torrent d’Ayerne. «L’installation a servi en premier lieu à éclairer le Grand Hôtel des Diablerets (ndlr: construit en 1856). Mais l’usage de l’électricité aux Ormonts s’est développé à partir de là», note Mary-Claude Busset.
L’Hongrin
La région vivra encore deux chantiers majeurs au cours du XXe siècle, largement documentés par les photographes. Pour réguler à l’année le débit de la Grande Eau, on creuse dès 1912 une galerie pour la relier au lac d’Arnon, sur le versant bernois d’Isenau. Suivra entre 1966 et 1971 la construction du barrage de l’Hongrin, qui alimente aujourd’hui 300'000 ménages. Les profondeurs du lac de retenue dissimulent les ruines d’anciens moulins.
Créé: 17.07.2019, 07h29
«Force de l’eau»
Musée des Ormonts à Vers-l’Église
jusqu’au 18 avril 2021
Du me au di, 13h30-17h30
www.museeormonts.ch
Galerie photo
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